France 3-0 Brésil : les Bleus au firmament

Retro France 1998 - Mondial -Coupe du Monde

Comme le dit si bien La Marseillaise «  le jour de gloire est arrivé ». Deux jours avant la fête nationale, l’équipe de France pouvait avancer la fête de 48h. Pour cela, battre le Brésil en finale de Coupe du Monde était obligatoire. Dans un Stade de France plein à craquer et tout de bleu vêtu, les Tricolores avaient fort à faire face à des Brésiliens quadruples champions du monde. Finalement, le spectacle a donné rendez-vous à l’histoire pour voir gagner les Bleus sur un score sans appel de 3-0. Zinédine Zidane par deux fois et Emmanuel Petit permettent à l’équipe de France de rentrer au firmament du football mondial.

D’un côté la France, pays organisateur au parcours d’abord facile puis plus chaotique dès les huitièmes de finale, de l’autre le Brésil, favori qui a peiné à plusieurs reprises avant de se retrouver logiquement en finale. Le duel s’annonçait équilibré, la ferveur du public faisant toutefois pencher l’aiguille de la victoire côté français. Les compositions, elles, étaient sans surprises. Aimé Jacquet devait faire sans Laurent Blanc, expulsé face à la Croatie et remplacé poste pour poste par Franck Leboeuf. Le reste de l’équipe était le même que contre les Croates. Autant dire l’équipe-type avec Barthez dans les buts, Thuram et Lizarazu respectivement latéral droit et gauche accompagnés de Desailly et Leboeuf dans l’axe. Devant eux, un milieu défensif à trois composé de Deschamps, Petit et Karembeu. Les deux derniers étant légèrement excentrés. Offensivement, la France pouvait compter sur ses maîtres à jouer Zidane et Djorkaeff ainsi que sur le mystère de cette Coupe du Monde Stéphane Guivarc’h. De son côté, Zagallo récupérait Cafu. Le Romain côtoie ainsi Taffarel, Baiano, Aldair, Roberto Carlos, César Sampaio, Dunga, Leonardo, Rivaldo, Bebeto et Ronaldo.

Sous les yeux de millions de téléspectateurs, de 80 000 spectateurs dont Jacques Chirac, Michel Platini et Joao Havelange, le coup d’envoi pouvait être donné. Après les hymnes nationaux chantés à pleins poumons.

Et dès le début de la rencontre, on allait en avoir pour notre argent. Emmené par un Deschamps omniprésent, les Français exerçaient un pressing incessant, à tel point que les Brésiliens étaient rapidement étouffés. La première occasion, elle, n’allait pas tarder à faire son apparition. C’est Stéphane Guivarc’h qui en eut l’honneur à la 4ème minute mais le Breton, en bout de course, ne trompait pas Taffarel avec sa frappe trop molle. Les efforts français ne faisaient alors que commencer et trois minutes plus tard Youri Djorkaeff aurait lui aussi pu ouvrir le score s’il n’avait pas pris le ballon de l’épaule. Le jeu était alors bien léché, les attaques parfaitement construites. Les deux équipes se livraient même à des successions de passes que l’on aime voir en finale d’une grande compétition.

Après une domination tricolore, ce fut au tour des Brésiliens de garder la balle et de se procurer des occasions. Cependant ni Roberto Carlos, ni Ronaldo, ni César Sampaio ne trompèrent un Fabien Barthez des grands soirs. Le Brésil a laissé passer sa chance. Ce que ne fera pas l’équipe de France. Car à la 27ème minute, Zinédine Zidane mettait son premier coup de casque imparable. La genèse du but ? Un corner concédé par Roberto Carlos et magnifiquement bien tiré par Emmanuel Petit côté droit. Défait du marquage de Leonardo, Zizou pouvait ouvrir le score d’une tête décroisée. Un frisson parcourt le stade et c’est l’explosion. La France est en position de gagner en Coupe du Monde. Dans SA Coupe du Monde. Mais le plus dur restait à faire, ne pas reculer, ne pas subir. Trois minutes après le but, on assistait à l’image de cette compétition, le téléscopage entre Fabien Barthez et Ronaldo, le premier sortant à l’encontre du second et lui passant au dessus. Une petite occasion brésilienne donc avant une frappe trop molle de Bebeto à la 39ème minute. C’était à peu près tout pour ce qui est du Brésil. L’équipe de France, de son côté, était encore la plus dangereuse. Youri Djorkaeff suite à une série de dribbles et d’accélérations et Emmanuel Petit après un contrôle poitrine et une volée n’inquiétaient pas Taffarel. La tête dans le guidon, le Brésil attendait alors impatiemment la fin de la première période.

C’était sans compter sur l’entêtement français. Et la 45ème minute allait être synonyme de consécration. Après une succession de corner, un coup de pied de coin tiré de la gauche par Djorkaeff finit par être décisif. Si le passeur a changé, le buteur, lui, porte toujours le même nom. Zinédine Zidane. Définitivement le héros de la soirée. Cette fois-ci, son coup de tête rageur viendra périr dans les filets après être passé entre les jambes de Roberto Carlos. L’équipe de France était sur la voie royale. La Coupe leur tendait les bras.

Said Belqola, l’arbitre marocain, sifflait la deuxième mi-temps à 22 heures pétantes. Juste après avoir noté le changement de Zagallo. Un changement offensif puisque le feu-follet Denilson remplaçait Leonardo. Cela semblait porter ses fruits. Effectivement, le Brésil entrait mieux dans cette seconde période. Une chose qui ne plaisait pas à Marcel Desailly qui n’aura attendu que deux minutes avant de prendre un carton jaune pour contestation. Plus con, tu meurs. Mais on lui pardonne d’autant plus qu’il a su tenir sa défense face aux assauts répétés de Ronaldo et de Bebeto bien suppléé par son gardien Fabien Barthez qui empêchait le premier nommé de marquer en stoppant une belle frappe sans angle. Les Bleus étaient alors dans le dur et les encouragements répétés ne changeaient rien. Car en face, les Brésiliens monopolisaient le ballon, un ballon que les Français n’arrivaient pas à garder lorsqu’il était en leur possession. Fort heureusement, les coéquipiers de Dunga ne parvenaient pas à véritablement être dangereux offensivement. C’est même Guivarc’h qui se procura une action dangereuse mais sa reprise atterrit au dessus, alors qu’il était seul face à Taffarel… Le Brésil restait ainsi à porter de main. Le suspense était encore entier.

Et celui-ci se renforça après l’expulsion de Marcel Desailly pour un tacle non-maîtrisé sur Cafu dans le camp brésilien. Le défenseur laissait ses partenaires à 10 contre 11 et continuait la malédiction des défenseurs centraux français. Après Laurent Blanc en demie-finale, Marcel Desailly en finale. Comme contre la Croatie, cette expulsion n’allait rien changeait à la physionomie du match. Solidaires, bien regroupés et survoltés par l’environnement et l’événement, les joueurs de l’équipe de France ne lâchaient rien. D’autant plus que les Auriverde laissaient désormais un peu plus couler entraînant ainsi un long temps mort d’environ quinze minutes entre la 69 et la 82ème minute. La 82ème minute aurait pu être celle du 3-0, celle de la victoire assurée mais la maladresse de Christophe Dugarry, remplaçant de Guivarc’h, en décidait autrement. De l’autre côté, la maladresse était aussi au rendez-vous, ou plutôt la malchance. Comme quand Denilson vit sa frappe croisée sans angle être détournée par la transversale d’un Barthez complètement battu. Il restait alors deux minutes de temps additionnel et tout un pays retenait son souffle. C’est le moment choisi par Rivaldo pour tirer de loin. Le moment choisi par Barthez de la détourner en corner. Le moment choisi par Denilson pour louper son coup de pied de coin. Le moment choisi par Dugarry et Vieira pour remonter parfaitement le ballon. Et enfin le moment choisi par Emmanuel Petit pour clore la marque d’une frappe croisée pleine de sang-froid. 60 millions de Français pouvaient exulter, pleurer, se prendre dans les bras et chanter ET 1 ET 2 ET 3 ZEROS ! Après avoir vécu ça, on peut mourir tranquille, comme l’a si bien dit le penseur Thierry Roland. La France Black-blanc-beur a triomphé de la machine de guerre que représentait le Brésil. Wallah c’est trop kiffant reunoi !

FRANCE

Barthez 7/10 : la spectacularité au profit de l’efficacité. S’il n’a pas eu énormément d’arrêts à réaliser, Barthez a effrayé les Brésiliens en sortant très loin de sa ligne de but et en faisant parler ses réflexes.

Lizarazu 6/10 : de son côté, le danger venait de Cafu. Après match, le bilan est favorable au Français qui ne s’est pas trop fait déborder par le Brésilien. Quelques extérieurs du pied imprécis mais sa combativité fait pencher la balance en sa faveur.

Desailly 8.5/10 : c’est le pilier du pont de l’Alma : ceux qui viennent le percuter périssent. Solide, il a coupé court à toutes les tentatives d’attaques auriverde. Malheureusement une contestation et un tacle maladroit en position d’attaquant viennent ternir sa magnifique prestation. Fort heureusement, ce carton rouge ne le pénalisera pas et l’histoire retiendra que Marcel Desailly fut le meilleur défenseur de cette coupe du monde.

Leboeuf 6/10 : le complément parfait de Desailly. Des tacles qui font du bien et un travail consistant à ramasser les miettes laissées par son coéquipier. Par ailleurs, il a bien tenu la baraque quand la France jouait à 10 contre 11.

Thuram 6.5/10 : jamais dépassé, le héros de la demie-finale a mis du cœur à l’ouvrage. Sans buts cette fois-ci mais avec une assise défensive extraordinaire.

Deschamps 7.5/10 : un début de rencontre extraordinaire où il a plus ratissé que le jardinier du Château de Versailles. DD a régné au milieu de terrain, si quelqu’un veut monter sur le trône des récupérateurs, il devra s’asseoir sur ses genoux. Plus discret mais tout aussi efficace en deuxième période, sans doute son carton jaune qui l’a calmé.

Karembeu 4/10 : les Calédoniens sont, de nature, plus faibles que les Français pures couches alors en finale de Coupe du Monde c’est encore pire. Sans doute traumatisé par la pression qu’il n’avait plus connu depuis sa tournée dans les cirques d’Europe en tant que cannibale au début du siècle, Karembeu a fait trop de mauvais choix et de mauvaises passes. Le joueur le plus faible de cette équipe de France. Logiquement remplacé à la 57ème minute par Alain Boghossian, qui comme tout bon Arménien, se voit en haut de l’affiche.

Petit 7/10 : il a trimballé sa crinière au milieu de terrain mais aussi et surtout devant. Auteur de la première passe décisive pour Zidane, il conclut la marque et permet ainsi à toute la France de chanter en choeur « Et 1 et 2 et 3 zéros ».

Zidane 10/10 : l’homme du match. L’homme que toute la France va désormais aduler. L’homme qui verra les maillots à son nom se multiplier indéfiniment. L’homme qui a marqué deux buts de la tête en finale de Coupe de France. L’homme qui a torturé les Brésiliens par ses prises de balles et ses dribbles. L’homme de cette Coupe du Monde.

Djorkaeff 7.5/10 : quelle classe ! Quelle vista ! Bien pris au marquage et serré dans l’étau du milieu brésilien, Djorkaeff s’en est sorti la plupart du temps. Les éliminations et les passes dans un petit périmètre ont constitué son pêché mignon. Et nous, bien sûr, on fond. Passeur décisif pour Zidane, le fils de Jean vient encore un peu plus inscrire le nom des Djorkaeff dans l’histoire du foot français. Remplacé à la 76ème minute par Patrick Vieira qui pourra dire qu’il était sur le terrain ce 12 juillet. Surtout qu’il a délivré l’ultime passe décisive à Petit.

Guivarc’h 10/10 : sans doute la seule fois dans sa carrière qu’il aura un 10/10, d’autant plus qu’il ne le mérite pas mais putain on s’en fout on est champion du monde ! On ne retiendra donc pas ses trois occasions en or lamentablement foirées ni l’obtention du corner qui amène le deuxième but de Zidane. Remplacé par Christophe Dugarry à la 66ème minute qui a joué en dilettante, comme s’il s’en branlait. En témoigne son occasion toute faite totalement loupée.

BRESIL

Taffarel 5/10 : la note est sévère sachant qu’il n’a eu aucun arrêt à faire mais au final il se prend trois buts. Le dure loi d’être gardien de but.

Roberto Carlos 5.5/10 : toujours très offensif, Roberto Carlos n’a pas été couronné de succès. Ses centres ou ses coups-francs n’ont pas trouvé preneurs alors que défensivement il n’a pas été dans son meilleur jour.

Aldair et Baiano 5/10 : on les a senti patauds bien qu’ils aient fait le nécessaire face à Guivarc’h. Pour faire simple, on va dire qu’ils se sont mis au niveau de l’attaquant français.

Cafu 6/10 : de la vitesse, des courses et un gros moteur. Cafu n’est pas un Dragster mais presque. De retour après son absence en demie-finale, le latéral de l’AS Rome a apporté un peu de fraîcheur et de disponibilité à son équipe. Le camp français fut son terrain de prédilection. En vain.

Dunga 5.5/10 : du boulot à la récupération surtout face à Zidane et Djorkaeff. Et il s’en est plutôt bien sorti.

Sampaio 5/10 : une finale passée dans l’ombre. Remplacé par Edmundo à la 74ème minute qui a juste eu le temps de pousser une gueulante.

Leonardo 4/10 : démissionne de son poste après une première période calamiteuse qui l’a vu ne pas être au marquage sur Zidane sur le premier but et ne pas être actif offensivement. Remplacé à la 46ème minute par Denilson 6/10 qui a tout de suite apporté sa folie avec ses dribbles. Avec deux occasions, il fut le Brésilien le plus dangereux de la seconde période.

Rivaldo 6.5/10 : on le connaissait dans le registre des dribbles personnels mais en ce 12 juillet, il a privilégié les transversales et les changements d’ailes. Ce qui n’a pas empêché le Brésilien de faire tourner la tête aux défenseurs tricolores.

Bebeto 4/10 : comme en demie-finale, Bebeto n’a rien branlé. Enfin il n’a rien réussi plutôt.

Ronaldo 4/10 : un fantôme. Le mystère est complet après ce match terne du meilleur joueur de ce Mondial. Pas sur la feuille de match à une heure du coup d’envoi, Ronaldo est réintégré à l’équipe trente minutes plus tard. La faute à une hospitalisation d’urgence la veille suite à une dystonie neurovégétative. Finalement, sa présence n’aura pas changé grand chose tant il n’aura pas pesé sur Desailly et compagnie. Un match à oublier pour ce joueur qui aura marqué quatre buts et fini meilleur passeur du tournoi.

Maintenant, rendez-vous dans deux ans pour l’Euro en Belgique et aux Pays-Bas.

Merci de nous avoir suivi.

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Cdm98 France 2-1 Croatie: Thuram, le prophète.

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« Le jour de gloire est arrivé ». La France se qualifie pour la première finale de coupe du monde, de sa coupe du monde au terme d’un scénario étouffant face à cette redoutable équipe de Croatie. Il aura fallu deux buts improbables de Lilian Thuram pour se sortir d’un piège rondement mené par l’adversaire du soir. OUF.

Le pays entier attendait une revanche à domicile contre l’Allemagne mais ce sont les croates qui se présentent face à nos bleus. Et c’est peut être ce qui pouvait nous arriver de pire. Après avoir étrillé la Mannschaft (3-0), la bande à Suker arrive dans le dernier carré totalement décomplexée. Elle sait qu’elle ne part pas favorite,  ce n’est pas pour autant qu’elle vient la fleur au fusil. Avec des techniciens du calibre de Boban, Asanovic, Vlaovic ou Suker, elle a des armes suffisantes pour emmerder l’équipe de France.

Mais nos français aussi sont en passe d’écrire leur histoire. Et le rouleur compresseur physique se met en ordre de marche d’entrée de jeu. Avec un milieu Karembeu-Petit-Deschamps, la France n’est pas là pour faire dans la dentelle. Sauf avec nos deux artistes Zidane et Djorkaeff, les deux plus en vue en ce début de rencontre. Zizou est dans tous les bons coups, très présent dans la surface et a déjà frappé trois fois au but avant le quart d’heure. La Croatie est acculée mais ne rompt pas, se reposant sur sa défense de guerrier avec Soldo et Bilic en gardiens du temple. Les joueurs de Blasevic savent que leur meilleur atout est l’horloge. Plus le temps passera et plus ils installeront le doute dans la tête des bleus. Et plus ils auront d’opportunités comme sur cette occasion d’Asanovic, le meilleur croate durant le premier acte, qui passe juste à côté du poteau de gauche de Barthez. La technique de l’ancien messin et de ses partenaires leur permettent de se recentrer dans le match et de revenir à armes égales jusqu’à la pause. Ce n’est ni du grand football technique, ni du grand football tactique mais la tension est, elle, bien présente.

45 minutes en round d’observation, c’est suffisant pour nos amis croates. Trente secondes à peine après la reprise, Asanovic donne un merveilleux ballon dans la profondeur à Suker qui ne se fait pas prier pour crucifier Barthez en face à face. L’action est magnifique, de l’appel du madrilène à la passe en passant par le but. Le meilleur buteur de la compétition jusqu’à présent peut remercier le placement très aléatoire de Thuram sur le coup. Stupeur au Stade de France.
De courte durée puisque notre bon vieux Lilian va se rattraper sur l’engagement en égalisant sur un une-deux avec Djorkaeff. Oui, Thuram buteur. Aussi fou que ce début de seconde mi-temps. On bascule dans l’irréel, le match n’appartient plus seulement au football. La France a eu la bonne idée de ne pas tergiverser, et se remet dans le bon sens. Et c’est ce qu’il pouvait nous arriver de mieux. Malgré quelques minutes de répit après un tel scénario, les bleus repartent de l’avant, revigorés par ce but.

Et là, l’impensable se produit. Thuram récupère un ballon haut, encore une fois, et tente une frappe décroisée du gauche dans la foulée. Un truc qu’il n’aurait absolument jamais fait en temps normal. Et ça fait mouche. Le latéral parmesan est dans une autre dimension, il est possédé par l’enjeu comme le montre sa célébration. Un doublé en demie-finale de coupe du monde pour celui qui n’avait encore jamais marqué sous le maillot tricolore. L’histoire est belle, trop belle même pour ne pas être ternie.. Sur un coup franc bien placé pour la France, Blanc se chamaille avec Bilic et lui assène une tarte dans le menton. Evidemment, le libéro croate en rajoute mais le rouge est mérité. Le Stade est choqué et les pires scénarii nous traversent l’esprit. Va-t-on revivre le cauchemar de 82 ?

Tout le monde y pense, les joueurs les premiers et toute l’équipe recule inconsciemment de 30 mètres. Le dernier quart d’heure est une attaque-défense pour la Croatie où l’incroyable Suker va nous donner des sueurs froides. Mais c’est sans compter sur la force défensive de Desailly, Thuram et même de Leboeuf parfaitement entré dans son match pour remplacer Le Président. Ce qui n’empêche pas de connaitre une dernière frayeur sur une frappe contrée d’Asanovic qui filait sous la barre sans l’intervention de notre divin chauve.

Mais il ne pouvait rien arriver à cette équipe de France ce soir, protégée par quelque chose d’impalpable. Elle retrouvera le Brésil pour une finale de rêve dès dimanche et on ne voit pas ce qui peut l’arrêter désormais.

FEUILLE DE MATCH
2-1: Thuram (47′;69′) – Suker (46′)
Stade de France, St Denis
80.000 spectateurs
Arbitre: Monsieur Aranda (Espagne)

FRANCE
.Barthez (6):
Du bon Fabien ce soir entre sorties aériennes autoritaires, arrêts décisifs et folie dans la relance.

.Thuram (10): Comment faire autrement ? Le gars était sous protection divine ce soir et on ne veut froisser personne en haut. Même pas pour l’alignement moisi sur le but de Suker…

.Blanc (5.5): Du bon Blanc. Qui a vu rouge. Et on aime pas le rosé.

.Desailly (7): Ce type est une bête, le meilleur défenseur central au monde et il l’a encore prouvé ce soir en dégageant une puissance incroyable dans les duels.

.Lizarazu (6): Solide Liza, comme souvent. Avec de l’envie, de la passion et de la vitesse, il donne l’impression de pouvoir déplacer des montagnes.

.Deschamps (6): Il a fait le sale boulot, encore et toujours. Et personne ne le fait mieux que lui.

.Petit (5.5): Il a eu du mal à tenir Asanovic au milieu, ou alors en faisant des fautes. Reste sa faculté à se projeter vers l’avant qui est un vrai plus pour l’équipe.

.Karembeu (5.5): Sans faire de bruit Christian s’est fait une place dans l’équipe et a sorti 20 bonnes minutes avant de se blesser. Remplacé par Henry (5.5) qui n’a plus sa fraicheur et l’effet de surprise du début de compétition mais qui demeure un formidable joueur de côté.

.Zidane (6): On ne voyait que lui en début de partie. Il a fait parler toute sa technique durant le match, prenant enfin le rythme de son équipe. Une montée en puissance intéressante avant la finale.

.Djorkaeff (5.5): Le snake porte bien son nom. On ne le voit pas beaucoup mais il sort toujours de son trou au bon moment pour attaquer. Trop peu souvent tout de même. Remplacé par Leboeuf (5.5) après l’expulsion de Laurent Blanc, et mis de suite sous pression. Sans craquer.

.Guivarc’h (3): Le mec est encore titulaire ce soir sans qu’on sache vraiment pourquoi. Il n’apporte rien dans le jeu et ne se crée pas d’occasions. Problématique quand on est l’attaquant numéro 1. Remplacé par Trézéguet (4.5) un peu trop tendre encore pour ce genre de rencontre de roublards.

CROATIE 
.Ladic (5.5):
Il ne dégage pas une confiance extraordinaire (avec pas mal de ballons relâchés) mais il fait son travail.

.Stimac (5): Il n’avait pas grand chose à faire et a préféré se contenter du minimum syndical au lieu de se transcender.

.Bilic (5.5): On sent toute la fils de puterie en lui. Mais il est bon au mastic le salaud.

.Soldo (6): Pareil que son collègue. En encore plus solide.

.Jarni (6): Il a fini la rencontre avec un filet sur la gueule, en sang. Preuve de son état d’esprit à toute épreuve et son sens du sacrifice ce soir.

.Simic (4): Il a de la chance que son jaune n’intervienne qu’en fin de match parce que vu son nombre de fautes, il aurait pu vite être sorti…

.Boban (3.5): On a pas vu le stratège de l’équipe, trop juste physiquement pour répondre au bloc français. Remplacé par Maric peu après l’heure de jeu, qu’on a pas plus vu.

.Stanic (5): Ca aurait été 6 pour son rôle de catin au milieu mais la décoloration blonde, c’est -1 d’office.

.Asanovic (7.5): Le petit sucre du match. Il a survolé la rencontre techniquement avec son joli pied gauche, envoyant des galettes et transperçant la défense française quand il le voulait. Sa merveille de passe décisive vient résumer tout ça.

.Vlaovic (4): Mangé tout cru par Desailly et Blanc.

.Suker (7): Quel coquin celui-ci. Décrochage, frappe de balle, jeu de tête, renard des surfaces, c’est le 9 complet par excellence. Le mec chiant quoi.

Brésil 1-1 Pays-Bas (4-2 tab) : un goût d’amer

Brésil PB

Des rires et des larmes. On savait bien avant le coup d’envoi que les émotions post-match seraient celles-ci. Après 120 minutes et une séance de tirs au but intenses, on sait enfin à qui les relier. Aux Brésiliens les rires, aux Hollandais les larmes. Le Brésil est qualifié pour la finale de la Coupe du Monde, sa deuxième consécutive après 1994.

Pour se qualifier, le Brésil a du s’employer. Organisé en 4-4-2, comme à son habitude, le Brésil pouvait compter sur son équipe-type pour contrer des Oranje emmenés par les frères De Boer. Et dès le début du match, on a pu voir deux équipes sans complexes. Le fameux round d’observation si présent dans certains grands matchs n’avaient, cette fois-ci, pas lieu. Brésiliens et Hollandais exerçaient un pressing haut et sans relâche. Du coup, les joueurs perdaient vite le ballon, ce qui allait forcément nuire au rendement offensif. En effet, les occasions se faisaient rares et seuls les hommes de Guus Hiddink se montraient un tant soit peu dangereux. Philip Cocu lançait ainsi la première banderille avec une tête au dessus. Le Brésil était prévenu. Leur réveil ne se fit pas attendre. Tout d’abord, c’est Ronaldo qui se montra inquiétant mais Jaap Stam étalait son corps de tout son long pour contrer la frappe du Brésilien. Un réveil un peu trop timide qui n’impressionnait pas les Hollandais. Ainsi Zenden et Kluivert se chargeaient des attaques néerlandaise. Le premier centrait, le deuxième coupait de la tête. Une action récurrente qui représentait le danger principal pour la défense brésilienne pas si sereine que cela. La dernière frayeur de la première mi-temps venait d’ailleurs d’un centre sur lequel Kluivert posa sa tête. Juste au dessus de la transversale.

Taffarel pouvait souffler, ses coéquipiers aussi. Malmenés par des Hollandais entreprenants et au dessus collectivement, les Brésiliens allaient enfin pouvoir se reposer. Et force est de constater que la mi-temps leur fut des plus bénéfique. Car seulement 22 secondes après le coup d’envoi de la seconde période, Ronaldo trompait Van Der Sar. Magnifiquement bien servi par Rivaldo, l’attaquant de l’Inter Milan contrôlait parfaitement, résistait au retour de Cocu et pouvait ouvrir le score. Pas forcément mérité. La réaction d’orgueil des Oranje n’allait pas se faire attendre. Dès la 52ème minute, Taffarel sauvait les siens après une reprise à bout portant d’un Hollandais qui faisait suite à une succession de corners. Ce bon début de deuxième période allait pourtant vite laisser place à un gros temps mort pendant lequel les deux équipes se montraient incapables de se procurer des occasions. Pour sortir de la torpeur, on pouvait seulement compter sur les frappes lointaines des attaquants des Pays-Bas. Kluivert, Cocu ou Zenden s’y essayait en vain. Il faut dire qu’il était impossible pour eux de s’approcher plus près. La faute à une défense du Brésil bien regroupée qui voulait à tout prix garder ce score de 1-0. Dans cette domination hollandaise, seul Rivaldo tirait son épingle du jeu avec une double occasion à bout portant. Malheureusement pour lui, Van Der Sar brillait par ses réflexes et sa main ferme. On se dirigeait donc vers une victoire du Brésil lorsque Kluivert de décida de cadrer. Et mieux, de marquer. Sur un centre de Ronald de Boer, Kluivert plaçait une tête parfaite pour tromper un Taffarel battu. 1-1 à la 85ème minute. La prolongation devenait maintenant évidente. Et celle-ci allait répondre à nos attentes avec de l’intensité et des occasions. Ce qui manquait en deuxième période. Ronaldo, Van Hooijdonk, Zé Roberto et Kluivert étaient dangereux les uns après les autres mais à chaque fois les gardiens, les défenseurs ou la maladresse empêchaient le ballon de rentrer dans les filets. C’était flagrant : les deux équipes voulaient éviter la séance de tirs aux buts. Pourtant la fatigue allait les rattraper et la deuxième période des prolongations se transformait vite en calvaire pour des joueurs déjà exténués de tous les efforts donnés. Le stade Vélodrome de Marseille allait donc assister à une séance de tirs au but. Plus expérimentés et la tête froide, les Brésiliens survolèrent cette séance grâce à des réalisations de Ronaldo, Rivaldo, Emerson et Dunga alors que de leur côté seuls Franck De Boer et Dennis Bergkamp réussissaient leur tir au but. Cocu et Ronaldd De Boer, eux, échouaient. Le Brésil se qualifiait donc dans la joie 4-2 aux tirs au but. Cruel pour les Pays-Bas qui méritaient un meilleur sort. Les Auriverde affronteront en finale la France ou la Croatie le 12 juillet. Une rencontre qui on le sait, sera inédite à ce stade de la compétition.

BRESIL

Taffarel 7/10 : des arrêts réflexes de grande classe et deux tirs au but stoppés. Ce que tout un peuple lui demandait, il l’a réalisé.

Zé Robert 3/10 : le Brésilien le plus en difficulté ce soir. Dépassé par la vitesse de Zenden, il n’a jamais pu l’empêcher de centrer. A part en faisant des fautes. Par ailleurs, il fut tout aussi maladroit offensivement.

Junior Baiano, Aldair et César Sampaio 6/10 : tout d’abord maladroits -ils se sont partagés quelques bourdes- les deux défenseurs se sont ensuite repris pour nous montrer le meilleur d’eux-mêmes.

Dunga 6/10 : on l’a beaucoup moins vu que son homologue Cocu mais force est de constater que c’est bien le Brésilien qui a remporté son duel à distance. Il a même réussi son tir au but.

Leonardo 5/10 : l’action de lui que l’on a préféré c’est lorsqu’il souffrait, allongé par terre ou dans la civière qui l’a accompagné hors du terrain. Le reste du temps, il a su trouver les espaces que personne d’autre ne trouvait. Remplacé par Emerson à la 85ème minute. Son fait de match : son tir au but marqué.

Rivaldo 6.5/10 : on attend de lui qu’il fasse des différences personnelles. Il les a faite mais on a du attendre plusieurs minutes avant d’assister à ses fameux passements de jambes. Une fois lancé par contre, plus personne n’a pu l’arrêter et ces accélérations ont laissé des plaies béantes dans la défense néerlandaise. A noter sa magnifique passe décisive pour Ronaldo et son tir au but bien tiré.

Bebeto 4/10 : pas de célébration de but en balançant les bras pour le Brésilien. Et pour cause, Bebeto ne s’est même pas procuré une occasion. Bien trop discret pour peser sur la défense adverse. Vite remplacé par Denilson (5.5/10) qui a lui aussi brillé par ses passements de jambe.

Ronaldo 8/10 : l’homme du match. S’il est tout d’abord redescendu très bas pour récupérer le ballon, Ronaldo a ensuite pris la profondeur pour le plus grand malheur de De Boer et cie. Toujours à la limite du hors jeu, toujours prêt à bondir, il a fait parler sa vitesse, sa technique et sa robustesse. Son but et son tir au but réussis viennent récompenser son énorme prestation.

PAYS-BAS :

Van Der Sar 6.5/10 : jeu au pied + arrêts réflexes : tel fut son boulot pendant 120 minutes. Mais il n’a rien pu faire lors de la séance fatidique face à des brésiliens exceptionnels de facilité.

Reiziger 4/10 : un match loupé, tout simplement. Son remplaçant Aaron Winter n’a pas trouvé la foi pour faire mieux. 4/10 aussi.

J. Stam 5.5/10 : sa grande taille a été intéressante sur les coups de pieds arrêtés mais elle a surtout été un frein face à la vitesse de Ronaldo.

F. De Boer 7/10 : sans lui, pas de prolongations mais une défaite sèche. En effet, il a réalisé d’énormes retours in extremis salvateurs. Il a même sauvé sur sa ligne une occasion brésilienne. En plus, il marque son tir au but.

W. Jonk 4/10 : les latéraux n’ont décidément pas été à la fête. Le maillon faible, c’est lui. Remplacé à la 111ème minute par Clarence Seedorf. Un changement offensif qui n’a rien apporté.

R. De Boer 4.5/10 : le contraire de son frère. Si Franck s’est montré indispensable, Ronald n’était pas dans un bon jour. A part sa passe décisive pour Kluivert, De Boer n’a pas été extraordinaire, loin de là. Comble de son match raté, il loupe le tir au but qui aurait permis  à son pays de ne pas être éliminé.

E. Davids 5/10 : on pouvait s’attendre à plus et à mieux du milieu de terrain.

P. Cocu 6/10 : devant, derrière, au milieu, on l’a vu partout. Mais partout, la réussite l’a fuit. Même lors de la séance de tir au but.

B. Zenden 7/10 : une activité digne des plus grands sur son côté gauche. Zé Roberto a souffert le martyr face à la vitesse de Zenden. Ses centres ont aussi été la source des principales actions hollandaises. Remplacé à la 75ème minute par Pierre Van Hooijdonk qui se sera crée quelques petites occasions. 5/10.

D. Bergkamp 5/10 : dans l’ombre de Patrick Kluivert. C’est quand même incroyable de dire ça.

P. Kluivert 7.5/10 : à la réception de TOUS les centres. Son jeu de tête a fait des merveilles et lui a même permit d’égaliser. Par contre, son jeu au sol ne fait pas d’envieux.

Pays-Bas 2 – 1 Argentine : Et Bergkamp se fit Roa.

Bergkamp-2

Qui pour affronter le Brésil ? C’est la question que tout le monde se posait alors que se présentaient sur le terrain les équipes néerlandaise et argentine.

Les spectateurs du stade Vélodrome s’attendaient très certainement à une rencontre enlevée et d’un très haut niveau,  avec deux formations comportant des joueurs de grand talent, et c’est ce qui allait se produire… Pendant une mi-temps.

Si les Argentins prenaient la rencontre par le bon bout, sans toutefois se créer d’occasion franche, les Oranje allumaient la première mèche, par l’intermédiaire de Jonk, lequel profitait d’une frappe contrée, dans la surface, pour reprendre le ballon, mais le poteau venait contrarier l’ancien interiste.

Le match s’avérait plutôt plaisant, et, au sortir d’une attaque argentine avortée, Ronald De Boer partait au milieu, faisait ce qu’il voulait de la défense  adverse et centrait à destination du deuxième poteau et de Bergkamp. Le Gunner remisait parfaitement pour Kluivert, lequel n’avait plus qu’à finir le travail du pied droit.  Un à zéro pour les Pays-Bas, la rencontre était lancée, et les Oranje pouvaient dérouler.

Mais c’était mal connaître les Argentins. Veron, d’abord initiait une combinaison avec ses attaquants, et il ne lui manquait que quelques centimètres pour pousser le cuir au fond des filets.
Et dans la foulée, ce même Veron lançait parfaitement Claudio Lopez, dans la profondeur. L’alignement de la défense néerlandaise était loin d’être parfait et l’attaquant de Valence feintait Van der Sar avant de pousser la balle dans le but.

Tout était donc relancé et l’Argentine tentait d’appuyer là où ça fait mal, par l’intermédiaire  de Claudio Lopez, encore, lequel se jouait de Stam, avant de s’excentrer sur la gauche et de  centrer. La gonfle passait sous le bras de Van der Sar, et la défense oranje dégageait en catastrophe.

Les Pays-Bas relevaient la tête par l’intermédiaire de Davids. Le milieu de terrain se frayait d’abord un chemin jusque dans la surface et plaçait une frappe qui passait de peu à côté. Davids tentait peu après la frappe à vingt mètres que Roa sortait de manière…peu académique.

Le rythme du match commençait déjà à baisser à la demi-heure de jeu, en dépit de cette frappe de Jonk, servi par De Boer, ou cette tentative d’Ortega, de plus de vingt-huit mètres qui arrivait directement sur le poteau d’un gardien néerlandais peu attentif.

La dernière occasion de cette période venait de Simeone, alerté par Batistuta qui avait bien travaillait dos au but, mais la tentative du joueur de l’Inter passait de peu à côté.
Les deux équipes regagnaient donc les vestiaires sur un score de partité.

Malheureusement, si l’on pouvait parler d’une baisse de rythme en fin de première mi-temps, on peut carrément parler de perte d’efficacité durant la seconde. Les mouvements sont  là mais aucune des deux équipes n’arrive à concrétiser ses actions.

Bon, je suis un peu mauvaise langue. On aura vu une belle frappe de Batistuta heurter le poteau de Van der Sar, et une belle tête de Kluivert sortie par Roa au-dessus de sa transversale.

Finalement, l’expulsion de Numan tombait presque à point nommé pour animer la fin de rencontre. Le latéral néerlandais recevait un second carton jaune pour une faute sur Simeone, au milieu de terrain.

Et alors que l’on imagineait l’Argentine reprendre le contrôle du match, on pensait sans mal que la fatigue avait pu rattraper l’Albiceleste, laquelle avait dû aller jusqu’aux tirs aux buts  face à l’Angleterre au tour précédent.  Les Argentins ne parvenaient pas à profiter de leur supériorité numérique, et semblaient même nerveux.

Et c’est presque logiquement que l’expulsion d’Ortega arrivait, alors que la fin de match approchait. Après un plongeon grossier dans la surface, le milieu argentin assène un coup de tête à Van der Sar, venu à sa rencontre. Expulsion en toute logique donc.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, à peine quelques instants plus tard, De Boer, depuis son camp, adressait un long ballon à destination de Bergkamp. Et là vint l’instant de grâce, de technique, de magie, de ce que vous voulez. Le genre d’instant qui sauve un match passable, vous voyez ? Contrôle en extension, crochet pour mettre Ayala dans le vent, extérieur du pied pour tromper Roa, c’est un but magnifique qu’inscrit Bergkamp, anéantissant par là-même les derniers espoirs argentins d’aller plus loin dans la compétition.

Feuille de match :

Pays-Bas 2-1 Argentine (Kluivert  12ème, Bergkamp 89ème pour les Pays-Bas, C.Lopez 17ème pour l’Argentine.)

Stade Vélodrome, Marseille (55 000 spectateurs)

Pays-Bas : Van der Sar – Reiziger, Stam, De Boer, Numan – Cocu, Jonk, Davids – De Boer, Kluivert – Bergkamp

Argentine : Roa – Sensini, Ayala, Chamot – Almeyda – Zanettin, Veron, Ortega, Simeone – Batistuta, C.Lopez

Les notes

Pays-Bas

Van der Sar (4/10) : Trop d’absences pour espérer la moyenne. Vraiment pas à son aise, le grand lézard.

Reiziger (6/10) : Plus offensif que lors de la dernière rencontre, il aura bien aidé ses attaquants.

Stam (5/10) : Parfois mis en difficulté par Lopez, le manque de vivacité du reste de l’attaque argentine lui aura permis de se ressaisir.

F.De Boer (7/10) : Batistuta ne l’aura inquiété qu’une fois. Le reste, c’était peanuts. Comme ce coup d’œil pour trouver Bergkamp.

Numan (0/10) : L’expulsion  aura gâché un plutôt bon match.

Jonk (5/10) : Utile. Sa faculté à passer des deux pieds est intéressante, et il était pas mal à la récupération. Reste que Veron a eu beaucoup d’espaces pour organiser le jeu.

Davids (7/10) : Brillant. Une nouvelle fois, il aura rayonné sur le milieu de terrain néerlandais. Dès qu’il accélère, c’est toute l’équipe qui avance.

R. De Boer (6/10) : Il aura beaucoup tenté sur la droite, mais n’aura pas été récompensé de ses efforts.

Cocu (5/10) : Bien trop discret pour espérer quoi que ce soit, mon bon monsieur.

Kluivert (6/10) : Beaucoup d’appels, peu de ballons exploitables, un but. Acceptable.

Bergkamp (8/10) : On ne l’aura pas beaucoup vu du match, mais à l’arrivée, ça fait un but et une passe décisive. Oh et ce but… Quel but !

Argentine

Roa (6/10) : Un bon petit paquet de parades, mine de rien.

Sensini (5/10) : A profité de carences dans l’organisation offensive adverse pour ne pas prendre l’eau.

Ayala (3/10) : Ne prononcez plus le mot « Bergkamp » devant lui.

Chamot (5/10) : Même chose que pour Sensini.

Almeyda (4/10) : Davids aura fait très très mal.

Zanetti (4/10) : Bien trop discret pour peser. S’il n’a pas eu des masses de boulot défensif, il n’est pas assez monté. Mais je ne m’en fais pas pour lui. Quand on respire la classe comme ça, on ne peut que rebondir.

Veron (7/10) : Lui, la classe émane carrément de lui. Meilleur joueur argentin, et de loin. Que d’intelligence de jeu et de qualité de passe… Un régal à voir jouer.

Ortega (0/10) : Une frappe sur le poteau et c’est un peu tout. Pas assez de mouvement, et une expulsion. Joli.

Simeone (4/10) : Il provoque l’expulsion de Numan, est à créditer d’une belle frappe mais a joué un peu trop bas pour inquiéter la défense adverse.

D.Lopez (5/10) : Un but, des débordements, mais un manque d’énergie vite arrivé.

Batistuta (3/10) : Clairement en dessous de ses standards habituels.

Cdm 98 Allemagne 0-3 Croatie : ils y croient, si.

Croatie Allemagne

Dernier quart de finale, Allemagne-Croatie a fait honneur à cette Coupe du Monde avec des buts, du spectacle, des tacles et des cartons. Une rencontre spectaculaire qui a débouché sur une surprise : la victoire de la Croatie.

Pourtant en début de match, ce sont bien les Allemands qui dominent. Les Blancs ont la possession de balle, pressent les Croates qui sont terrés dans leur camp mais n’obtiennent des occasions que sur coup de pied arrêté. Mais à plusieurs reprises, corners, ou encore coups-francs directs ou indirects finiront leur course loin du but d’un Ladic pas si inquiété que cela. Il faudra attendre la 21ème minute pour que les premières sueurs froides se fassent ressentir dans la surface croate mais la tête d’Hamann, suite à un coup-franc bien sûr, terminait peu au dessus du but. À ce moment-là, les joueurs de Blazevic ne semblaient rien pouvoir faire face à l’armada allemande. C’était sans compter sur la rébellion croate. Celle-ci se symbolisa par la première frappe des bleus et rouges par l’intermédiaire d’Asanovic à la 32ème minute mais le tir du Napolitain était trop molle et trop lointaine pour véritablement inquiéter Kopke. Six minute plus tard, rebelote. Asanovic, encore lui, voyait son coup-franc de 35 mètres terminait largement au dessus. Quelques instants plus tard, on assistait à un coup de théâtre, au tournant du match. Pour une semelle appuyée sur Davor Suker qui faisait suite à un coup de coude aérien plus tôt, Christian Worns était expulsé par Rune Pedersen. Un coup dur pour les Allemands et pour celui qui a récemment signé un contrat avec le Paris-Saint-Germain. Jusque là dominatrice, la Mannschaft voyait son avance fondre, si bien que la Croatie prenait le contrôle du match et allait même ouvrir le score grâce à une frappe croisée de Jarni en dehors de la surface. L’Allemagne était punie. La Croatie, récompensée.

Lorsque Pedersen siffla la fin de la première période, les Croates gagnaient donc 1-0 grâce à un but à la 45+3. Mais cela ne leur suffisait pas. Dès le retour des vestiaires, la Croatie se remettait au charbon face une Allemagne à 10 et Zvonimir Boban en profitait pour tenter de marquer. La reprise du joueur du Milan AC passait de peu au-dessus. Piqués au vif, les Allemands ripostaient tant bien que mal. Oliver Bierhoff était même tout proche d’égaliser suite à une reprise de volée de l’intérieur du pied mais le gardien Ladic veillait au grain et sortait le grand jeu pour stopper cette frappe à bout portant. Cette occasion allemande fut la dernière du match. Car à partir de ce moment-là, la Croatie n’allait plus lâcher le ballon. Malheureusement ni Suker à la 56ème minute, ni Vlaovic à la 70ème ne trouvaient le chemin des filets. De son côté, la Mannschaft essayait, en vain, d’attaquer par les ailes. En vain, puisque ce sont bien les joueurs des Balkans qui doublèrent la mise à la 80ème minute grâce à Vlaovic. Le deuxième but croate était une copie conforme du premier, une frappe croisée hors de la surface, de l’autre côté cette fois-ci. Le coup de massue pour les Allemands et un nouveau coup de boost pour les Croates. En effet, cinq minutes plus tard, Suker coulait définitivement ses adversaires avec le troisième but de la soirée après un petit numéro personnel. Et 1, et 2 et 3-0 avons-nous envie de dire. Pour sa première participation à une Coupe du Monde, la Croatie créé donc la surprise en se qualifiant pour les demies-finales. Le prochain match sera contre la France, un match piège pour nos tricolores.

FEUILLE DE MATCH
0-3: Jarni (45′), Vlaovic (80′) Suker (85′)
Stade Gerland, Lyon
43.300 spectateurs
Arbitre: Monsieur Rune Pedersen (Danemark)

ALLEMAGNE

A. Kopke 5/10 : tranquille jusqu’à la 40ème minute, il a ensuite du s’employer…pour aller chercher les trois ballons dans ses filets.

C. Worns 0/10 : des fautes bêtes et méchantes qui l’ont conduit à l’expulsion. Si l’Allemagne a perdu, c’est en grande partie de sa faute.

J. Kohler 5.5/10 : si l’Allemagne n’avait pas pris trois buts, il aurait fait un gros match.

L. Matthaus 5.5/10 : une bien triste fin et un bien triste dernier match pour sa carrière internationale.

J. Heinrich 4/10 : si Worns est coupable de s’être fait expulsé, Heinrich, lui, est coupable sur les buts croates.

T. Haessler 5/10 : il n’a pas trouvé le point G, Haessler. Remplacé comme un symbole à la 69ème minute par un Kirsten qui n’a pas fait le poids.

J. Jeremies 6/10 : une activité digne d’un grand joueur. A gauche, à gauche, reculé ou avancé, on a vu le maillot Jeremies aux quatre coins du rectangle vert.

D. Hamann 5.5/10 : une grosse occasion, quelques coups de pieds arrêtés mais rien de transcendant.Remplacé à la 79ème minute par O. Marschall qui a donc assisté en place VIP aux deux buts croates.

M. Tarnat 6/10 : voyant bien que ses frappes lointaines ne fonctionnaient pas, il a tenté de passer sur les côtés. Sans réussite.

J. Klinsmann 5/10 : le capitaine n’a pas été à la fête aujourd’hui. Même s’il a beaucoup décroché, il n’a rien créé et encore moins conclu.

O. Bierhoff 6.5/10 : une vraie petite catin. Accrocheur, truqueur, simulateur, il a surtout failli se muer en buteur. Mais pour cela il aurait fallu des buts plus grands et un gardien moins talentueux. Son jeu de tête a encore et toujours fait des ravages sinon.

CROATIE

D. Ladic 7/10 : un arrêt décisif sur une reprise de Bierhoff qui empêche l’Allemagne d’égaliser.

I. Stimac 7/10 : sans doute l’un des meilleurs croates sur le terrain. D’une solidité extrême.

S. Bilic 6/10 : une coupe de cheveux de FDP, une boucle d’oreille de FDP et un jeu de FDP.

A. Asanovic 6.5/10 : le plus dangereux des Croates lorsque les Allemands dominaient. Plus son équipe prenait le dessus, plus il s’effaçait.

Z. Boban, Z. Soldo et D. Simic 6/10 : on a pas fait attention à eux mais on leur met une bonne note pour la victoire. Solides.

M. Stanic 6/10 : on a vu qu’une chose chez lui ce soir : sa teinture blonde.

R. Jarni 6.5/10 : un but en quart de finale de Coupe du Monde : apothéose de sa carrière.

D. Suker 7/10 : alors qu’il n’est pas titulaire indiscutable au Réal Madrid, Davor Suker est bien le chef de file de son pays. Contre l’Allemagne, il nous a gratifié de roulettes, de crochets, de feintes et surtout d’un but magnifique. Que ce soit à gauche ou à droite, il a fait énormément de mal à ses adversaires.

G. Vlaovic 6.5/10 : balle aux pieds, il a percé la défense allemande à plusieurs reprises. Et il aussi et surtout marqué le deuxième but de son équipe. Remplacé par S. Maric à la 83ème minute.