Cdm 98 Espagne 2-3 Nigéria: Le Nigeria a du pétrôle et des idées

Spain Nigeria

Putain quel pied ! Après avoir vu un match comme celui-ci on peut mourir tranquille. Enfin le plus tard possible. Genre vers le 16 juin 2012 par exemple. Nigérians et Espagnols ont livré une partition plus qu’honnête mais ce sont bien les Africains qui s’en sortent vainqueurs.

Tout était pourtant bien parti pour l’Espagne avec une occasion dès la 7ème seconde puis une autre pas longtemps après qui finira sur la barre. Et si l’Espagne avait laissé passer sa chance à ces moments-là ? Pourtant ils ne baissèrent pas les bras et continuèrent de jouer décomplexés. Les passes se succédaient, les accélérations de jeu étaient fréquentes mais de l’autre côté le Nigéria ne se laissaient pas faire. Les individualités nigériannes contraient ainsi le collectif espagnol bien huilé. C’est tout naturellement que les hommes de Milutinovic égalisèrent vite après l’ouverture du score sur coup-franc de Hierro. Pour qualifier cette rencontre on pourrait utiliser une expression : du tac-au-tac. Si les Ibériques n’attaquaient pas, c’étaient les Nigérians qui le faisait. Le match était vivant, un vrai régal.

Et la deuxième mi-temps n’allait pas dépareiller. Dès les premières secondes, Raul trouvait le chemin des filets pour redonner l’avantage aux siens. C’était la dernière fois que les joueurs de Javier Clemente s’approchaient des cages de Rufai. Car dans la foulée, le Nigéria allait confisquer le ballon et faire valoir leurs atouts. Ikpeba, en pointe, était le principal problème pour des Espagnols qui commettaient pas mal de fautes. L’audace finit par payer et Lawal puis Oliseh permirent au Nigéria d’égaliser puis de passer devant des espingouins complétement dépassés. Tout cela après ce qui pourrait s’apparenter au tournant du match : la décision de Milutinovic de faire sortir Oparaku, un défenseur, pour  le remplacer par Yekini, un attaquant. Un changement qui changera totalement le cours du match. Cette victoire, c’est donc aussi la victoire du coach yougoslave.

Au final, le Nigéria crée la première sensation de ce Mondial et tout un pays se met désormais à rêver. Les verts sont premiers au classement du groupe D avec 3 points devant le Paraguay, la Bulgarie et l’Espagne.

Les buts :

F. Hierro 23ème

M. Adepoju 28ème

Raul 47ème

A. Zubizarreta 72ème csc

S. Oliseh 76ème

ESPAGNE

A. Zubizarreta 3/10 : son match était plus que correct jusqu’à cette 72ème minute fatale, qui restera dans les annales des Coupes du Monde. Un but gag contre son camp et voici sa carrière ruinée. Désormais, tout le monde lui parlera de cette erreur qui a fait basculé le match. Espérons qu’il s’en remette mentalement et qu’il aide son équipe à se qualifier pour la suite de la compétition. Les 70 premières minutes, Zubi avait bien bouché ses angles et n’avait pas hésité à sortir de sa défense.

A. Ferrer 4/10 : trop court pour sortir la tête d’Adepoju. Trop mauvais pour faire face aux assauts nigérians. Il fut remplacé par Amor dès la mi-temps. 4/10.

I. Campo 4.5/10 : cheveux dans le vent, il devrait se mettre à Lawal. Lawal, un joueur, qu’il n’a pas su arrêter sur l’égalisation à 2-2. Une erreur qui est venue s’ajouter à d’autres.

Sergi 5/10 : latéral de son état, il a fait de son mieux défensivement. Du côté offensif, il n’est pas monté souvent mais quand il l’a fait ça a failli payé. En fin de match son tir enroulé est passé tout prêt de la lucarne de Rufai.

R. Alkorta 4/10 : aussi présent que du mouton dans une paella aux fruits de mer.

F. Hierro 6/10 : le madrilène a été bien plus à l’aise offensivement que défensivement. Auteur d’un coup-franc majestueux tiré en finesse et passeur décisif magnifique pour Raul, son bilan vient être contre-balancé par sa mauvaise relance de la tête qui coûte le but d’Oliseh.

MA. Nadal 4/10 : Nadal est-il dopé ? Nadal va t-il gagné un jour huit fois la même compétition ? Nadal aura t-il un Suisse ou un Serbe comme meilleur ennemi ? Alberto Celades le remplaça à la 76ème minute.

Alfonso 5.5/10 : le pendant de Raul a beaucoup bougé, beaucoup touché la balle, sans réussite. C’est lui qui obtient le coup-franc que Hierro marquera. Remplacé par le Basque Etxebarria qui n’a pas su apporter véritablement.

Luis Enrique 4/10 : une gueule de con et un match de connard.

Raul 6.5/10 : quasiment buteur dès la 7ème seconde, Raul aura surtout brillé à chaque début de mi-temps. Son but extraordinaire de confiance pour son jeune âge vient le prouver. Placé côté gauche, l’attaquant a eu pas mal d’occasions, mettant au fond la plus compliquée.

Kiko 4/10 : le moins en vue des attaquants espagnols.

NIGERIA

P. Rufai 6/10 : impuissant sur le coup-franc de Hierro, ou plutôt jugeant mal sa trajectoire, le gardien remplaçant de La Corogne (derrière Jacques Songo’o) n’a rien pu faire face à Raul. Par contre, le reste du temps les Espagnols n’ont jamais su trouver la (ru)faille.

C. Babayaro 4.5/10 : face à un Luis Enrique invisible ou presque, Babayaro n’a pas fait de vagues.

Ukechukwu Uche 5.5/10 : solide, il a effacé les petites erreurs de West quitte à faire plusieurs fautes.

T. West 5/10 : fougueux, voire trop fougueux, l’individu aux cheveux extraterrestres a commis plusieurs erreurs que l’on qualifiera de « jeunesse ». Par exemple, c’est lui qui couvre Raul sur son but. Des interventions ratées, des relances loupées mais aussi quelques dégagements bienvenus. Mais laissez moi dire un truc : Taribo West semble cacher quelque chose. Effectivement, il fait bien plus vieux que son âge.

M. Oparaku 5/10 : vaillant comme Michel alors qu’il s’appelle Mobi. Véloce, il n’a jamais rien lâché mais il commet la faute qui amène le but de Hierro et est trop court pour intervenir face à Raul. Remplacé par Yekini à la 68ème minute. Un remplacement important dans la physionomie du match, Yekini apportant un plus offensivement.

M. Adepoju 6/10 : buteur et serpeur. Dans son pays, il ne doit pas travailler dans le pétrole mais plutôt comme druide. Ou marabout.

S. Oliseh 10/10 : on ne retiendra de son match qu’une action : son but. Le plus beau de la compétition, le plus beau de tous les temps, la reprise de volée la plus pure et la plus limpide que la terre ait jamais porté.

JJ. Okocha 5.5/10 : une teinture blonde mais un jour noir pour les Espagnols qui ont du défendre contre lui.

G. Lawal 6.5/10 : l’homme de la seconde période. Mais aussi un peu de la première. Tout d’abord son corner s’avère décisif pour Adepoju puis son énorme travail et sa frappe pousseront Zubizarreta à marquer contre son camp. Godwin Okpara a pris sa place dans le temps additionnel.

Finidi George 5.5/10 : une grosse activité en première période ponctuée de plusieurs actions. Sa deuxième mi-temps fut plus quelconque.

V. Ikpeba 5.5/10 : l’attaquant monégasque qui reste sur une saison à 16 buts sur le Rocher n’a pas eu le bonheur de marquer mais il a énormément pesé sur la défense espagnole. Son jeu en profondeur et sa vitesse ont posé beaucoup de problèmes. Fatigué par ses efforts, il sortit pour Babangida qui a le nom de famille le plus cool du monde.

Pour suivre les LT en direct des matchs, il faut se rendre sur @LInstantClassic.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s