Cdm 98 Colombie 1-0 Tunisie: Le foot comme on l’aime

MONDRAGON TRABELSI SOUAYAH

Le football est un sport merveilleux parce qu’il n’a pas forcément besoin de grands joueurs pour transmettre des émotions. Sur le papier, ce Colombie-Tunisie n’a à priori pas grand chose pour plaire mais sur le terrain, les deux équipes ont offert un spectacle de toute beauté, sans calcul, sans véritable tactique, avec la simple envie de marquer des buts. Et si les deux gardiens n’avaient pas sorti un récital, on aurait sans doute eu le droit à un score fleuve.

Il faut dire qu’Henryk Kasperczak, le sélectionneur tunisien, a mit la gomme pour aller de l’avant avec un 3-4-3 plus qu’offensif. Pas de quoi impressionner les colombiens et leur 4-4-2 en losange avec deux latéraux très joueurs. Sur le terrain, ça donne lieu à des attaques d’un camp à l’autre, mais c’est la Colombie qui se montre la plus dangereuse avec le buffle Valencia qui tente dans n’importe quel position et le feu follet de Avila, partout sur le front de l’attaque et notamment sur le côté gauche.
La Tunisie a quelques situations également mais se montre un peu trop maladroite dans la dernière passe ou face au but comme ces deux frappes de Souayah, trop hâtives alors qu’il y avait mieux à faire.

Il faut attendre une bonne vingtaine de minutes pour voir les occasions se faire plus précises et débuter le festival des gardiens. C’est d’abord El-Ouaer qui sort la claquette parfaite sur un coup de canon de la tête du latéral Cabrera. Ce dernier qu’on retrouvera encore dans la surface quelques minutes plus tard pour une autre tête mal placée cette fois-ci alors que le but était grand ouvert.
C’est au tour de Mondragon de faire parler son talent en repoussant du bout des doigts sur la base de son poteau une tête bien placée de Ben Slimane sur un service en or de Baya.
Quelques instants après, Valencia est à quelques centimètres d’inscrire le but du Mondial en tentant la demie-volée pleine course à 25 bon mètres qui finit juste au-dessus. C’est football champagne sous la chaleur de Montpellier en cet fin d’après-midi.
Pas chanceuse, la Tunisie va de nouveau toucher les montants juste avant la mi-temps sur une reprise involontaire de la nuque de Bouazizi qui termine sa course sur la transversale. La Colombie semble mieux contrôler le ballon, se procure plus de situations mais ce sont finalement les tunisiens qui auront eu les opportunités les plus chaudes avec ces deux poteaux et la maladresse de Sellimi qui se troue sur une reprise pourtant facile à même pas 6 mètres.
On rentre aux vestiaires avec un score vierge mais le coeur y est pleinement et ce 0-0 est bien plus plaisant que certains matches avec des buts.

Si certains auraient pu penser que les tunisiens reviendraient quelque peu abattus par sa malchance, ils font fausse route. Visiblement échaudés, ils reviennent avec les meilleures intentions et contrôlent la reprise du match. Ben Slimane est encore tout proche d’ouvrir le score mais sa frappe ne trompe pas Mondragon qui sort la petite parade du tibia. Le coach colombien tente de relancer les siens en effectuant ses trois changements avant l’heure de jeu mais ça dérègle encore plus l’équipe qu’autre chose.
Paradoxalement, c’est dos au mur que les colombiens multiplient les grosses occasions. Preciado, entré en jeu, frôle le cadre avec une belle frappe croisée avant qu’Aristizabal, autre entré, vienne voir sa tête piquée sortie incroyablement dans la lucarne par El-Ouaer.
Plus le temps passe et plus ça sent le K.O, les équipes sont coupées en deux et le milieu de terrain n’existe plus. Les joueurs sont rincés et ça devient n’importe quoi, entre remise dans l’axe débile, passe ratée à deux mètres ou slalom au milieu de 5 joueurs pour le grand Lozano. Symbole de cette fin de partie chaotique, le capitaine emblématique Carlos Valderrama traine sa carcasse sur le terrain comme une âme en peine. Il ne courre pas, rate tout ce qu’il entreprend et commence à se faire siffler dans un stade qu’il connait bien pour y avoir évoluer trois ans. Mais le génie des pieds dépasse l’aspect physique et sur un éclair de lucidité, la coupe afro la plus connue du football envoie un ballon parfait dans les pieds de Preciado qui ne se fait pas prier pour délivrer les siens à cinq minutes du terme.
C’est dur pour les tunisiens mais on ne les voyait plus sur le terrain depuis le dernier quart d’heure. Ils n’ont pas su tuer le match quand ils ont eu les opportunités pour le faire et ont fini la partie carpette.

Victoire heureuse des colombiens qui auront finalement su porter le coup de grâce quand il le fallait et peuvent croire encore en leur chance de qualification. Ce n’est quasiment plus le cas des malheureux tunisiens, courageux dans l’effort mais pas assez appliqués devant le but pour faire la différence. En tout cas bravo aux deux équipes pour le spectacle d’aujourd’hui avec une des meilleures rencontres du Mondial jusque là.

Feuille de match
1-0: Preciado (84′)
Stade de la Mosson, Montpellier
35.500 spectateurs
Arbitre: Monsieur Bernd Heynemann (Allemagne)


COLOMBIE

Débutons par un petit mot sur le vieux capitaine et meneur de jeu Carlos Valderrama. Très sincèrement le mec n’a plus vraiment le niveau et se repose sur son talent technique. Suffisant aujourd’hui pour offrir la passe dec’ qu’il faut avec ce régal de ballon dans la profondeur mais que ce fût dire pour le moustachu…
Grosse performance de Mondragon dans les cages qui a sauvé les siens de l’ouverture du score à plusieurs reprises, dégoutant à lui seul les attaquants tunisiens. On parle beaucoup de Chilavert mais le portier colombien a son mot à dire pour le titre de gardien amsud.
Gros match également du latéral droit Cabrera et son physique de videur. Le mec s’est retrouvé plusieurs fois dans la surface adverse pour apporter du soutien, sans oublier de défendre pour autant.
Le duo d’attaque Valencia-de Avila a été intéressant aussi dans sa complémentarité et sa faculté à se créer des occasions quand il n’y a pas forcément d’aides des milieux

TUNISIE
L’homme du match, c’est lui, El-Ouaer. Comme son homologue direct, il a longtemps dégouté quiconque se présentait face à lui, repoussant toutes les tentatives, avec la manière qui plus est. Une prestation XXL, peut être la meilleure pour un gardien dans cette compétition.
Enorme travail du capitaine Trabelsi au milieu, colmatant toutes les brèches en y mettant l’impact physique qu’il fallait. Tellement solide que plus personne n’osait venir dans sa zone en fin de partie.
Le trio fantasque devant a fait du mal aussi, notamment Ben Slimane qui aura juste manqué de chance dans le dernier geste.
On finira par signaler le match très moyen des milieux relayeurs Bouazizi et Chihi qui ont fini par complètement disparaitre de la partie, relançant la Colombie au plus mauvais moment…

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