Cdm 98 Chili 1-1 Cameroun : des Camerounais morts de faim

MBOMA TAPIA

Sur le papier, Chili-Cameroun n’est pas LA grosse affiche de la compétition et pourtant. Et pourtant rien du tout parce que tout simplement, ce ne fut pas un gros match, ni une grosse affiche. Juste un match plaisant par moment.

Les deux entraîneurs avaient pourtant opté pour des compositions assez offensives, en 3-5-2. Et à ce petit jeu, ce sont les Chiliens qui s’en sortirent le mieux. En début de match en tout cas. La première occasion est à mettre à l’actif de Clarence Acuña mais sa tête passa largement à côté. Le match était définitivement lancé d’autant plus que M’Boma répondra à cette occasion trois minutes plus tard par une frappe de 20 mètres qui frôla le poteau de Nelson Tapia. Mais ce soubresaut camerounais ne dura pas très longtemps. Au fur et à mesure du match, le Chili s’installa peu à peu. Les occasions franches, ce sont eux qui se les procurèrent. En attestent la tête de Reyes et la reprise de Zamorano de la 11ème minute qui furent repoussées respectivement par Jacques Songo’o et par Rigobert Song. Le Chili poussait et face à tant de pression, les Camerounais ne pouvait que répondre violemment. Les tacles étaient spectaculaires, les chutes gagesques et les coups de sifflet de l’arbitre Vagner pleuvaient. Et c’est tout naturellement que le Chili ouvrit le score sur un coup-franc direct. Après un croche-pied de Rigobert Song près de la surface, José Luis Sierra, le joueur de Colo-Colo se fit un plaisir d’enrouler sa frappe et de tromper Jacques Songo’o. Cette ouverture du score chilienne n’était qu’alors amplement méritée. Mais tout n’allait pas durer. Après une longue et nette domination du Chili, les Lions Indomptables allaient reprendre du poil de la bête. Comme un symbole. Patrick M’Boma allait, lui, en profiter. Auteur de 29 buts en 34 matchs au Gamba Osaka, le joueur offensif se procura deux grosses occasions. Tout d’abord sa tête à la 25ème minute fut trop croisée puis son enchaînement contrôle poitrine dos au but et retournée acrobatique passa à côté treize minutes plus tard. Entre-temps, François Omam-Biyick s’était lui aussi montré à son aise en se procurant deux grosses occases. Mais l’arbitre en décida autrement en annulant l’un de ses buts pour un hors-jeu vérifié.

C’est ainsi que se termina la première mi-temps.

Et la deuxième allait continuer dans ce sens : des Camerounais qui donnent le tout pour le tout pour se qualifier face à des Chiliens heureux de mener au score et qui tentent de ne pas se faire rejoindre. Pourtant un élément allait jouer en faveur des Sud-Américains. Enfin c’est ce que l’on croyait. En effet, à la 52ème minute, l’arbitre hongrois décida d’expulser Rigobert Song pour un coup de coude pas évident. Abusé par une exagération de Marcelo Salas, Mr Vagner sortit le carton rouge direct pour le grand défenseur central. Un carton rouge qui viendra punir Rigobert Song pour l’ensemble de son oeuvre depuis le début du match. Les Africains allaient donc devoir lutter à 10 contre 11 pour pouvoir revenir au score. Chose qu’ils feront très rapidement par l’intermédiaire de Patrick M’Boma. Nous jouons alors la 57ème minute, Omam-Biyick réalise un centre parfait et M’Boma reprend d’une tête magistrale. Reyes et Tapia, les deux Chiliens directement impliqués ne peuvent que s’incliner. Mais les Camerounais ne s’arrêtent pas là et ne se contentent pas du point du match nul. Pour se qualifier pour les huitièmes de finale, ils devaient gagner. C’est pour cela que quelques secondes après l’égalisation tout un pays fut en joie lorsque François Omam-Biyick doubla la mise. Malheureusement, la joie fit vite place à la déception lorsque l’arbitre siffla une position de hors-jeu. 1-1 encore donc. Claude Le Roy pouvait être fier de ses hommes. L’abnégation et la volonté dont ils faisaient l’étalage étaient de toute beauté. Mais le temps s’écoulait et toujours pas de deuxième but. Les inquiétudes se faisaient de plus en plus ressentir d’autant plus que la fatigue était présente. Du coup, les vingt dernières minutes se résumèrent à quelques petites occasions pour les joueurs Africains. Rien d’exceptionnel dans la finition mais encore et toujours beaucoup d’envie. Comme si le ballon était pour eux un morceau de viande. Finalement la frustration l’emporta et Lauren, qui venait de rentrer se fit exclure. Là encore la décision de l’arbitre fut discutable. Ok il y avait faute mais le rouge n’était-il pas Exagéré ? Certainement que si. A neuf contre et à quelques secondes de la fin du match, le Cameroun ne pouvait plus rien espérait. Même pas Omam-Biyick qui se créa la dernière occasion.

Grâce à ce match nul, le Chili devance d’un petit point ses concurrents et termine deuxième de son groupe devant l’Autriche et le Cameroun, avec deux points chacun. Le score est cruel pour le Cameroun tant ils ont montré de belles choses. Malheureusement, comme on le dit souvent, l’envie ne suffit pas. Il manquait sans doute un peu de talents aux joueurs africains…

Les tops :

François Omam-Biyick et Patrick M’Boma ont mis la défense chilienne à feu et à sang se procurant chacun énormément d’occasions. De leur côté, les attaquants du Chili, la fameuse doublette Zamorano/Salas ont fait parler leur bonne entente. Les milieux de terrain ont aussi été à la fête. Surtout José Luis Sierra, auteur d’un coup-franc magnifique dans la lucarne et Salomon Olembé, jeune camerounais qui a éclaboussé le début de rencontre par sa facilité technique. Le futur footballistique de son pays est entre ses pieds.

Les Flops :

Si flop rime presque avec Job ce n’est pas sans raison. Le joueur de l’Olympique Lyonnais n’a rien montré. En fait, on se demande s’il était vraiment sur le terrain.

Feuille du match :

Stade de la Beaujoire, Nantes, 35 500 spectateurs.

Arbitre : Laszlo Vagner (Hongrie) assisté de Muhammad Wickeramatunge (Sri Lanka) et de Hamid Halim Abdul (Malaisie)

Buts : J. Sierra 21′, P. M’Boma 56′

Chili : Tapia – Villaroel (puis Cornejo 70′), Reyes, Fuentes, Margas, Rojas (puis Ramirez 77′) – Acuna, Sierra (puis Estay 70′), Parraguez – Zamorano, Salas.

Cameroun : Songo’o – N’Do (puis Lauren 83′), Njanka, Bilong, Song, Womé – Olembé (puis Angibeaud 69′), Mahouvé, M’Boma – Omam-Biyick, Job (puis Tchami 72′).

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