France 1-0 Paraguay : Un but qui valait de l’or.

wc98_003

Après avoir passé des rencontres de poules plutôt tranquilles, la France passait son premier vrai test, face à une équipe du Paraguay qui s’était extirpée d’un groupe relevé, et qui pouvait faire figure d’épouvantail, de par sa capacité apparente à pouvoir faire déjouer n’importe quel adversaire.
Bien sûr, en termes de talent pur, la France était au-dessus. Mais il ne fallait pas négliger des facteurs tels que la pression de jouer un huitième de finale de Coupe du Monde à domicile, ou l’absence de son joueur majeur pour un match à enjeu, au hasard.

A première vue, les Français semblaient cependant faire fi de ces considérations, en montrant de l’engagement et une volonté d’aller de l’avant, à l’image d’un Thuram bien présent en début de match. Mais les imprécisions techniques étaient légion, illustrées par ce contrôle trop lâche de Trezeguet sur une passe de Thuram, et les difficultés pour les milieux de terrain à trouver leurs attaquants semblaient difficilement insurmontables, comme le montraient ce centre trop profond de Djorkaeff, remplaçant désigné de Zidane dans l’organisation d’Aimé Jacquet,  toujours à destination de Trezeguet.

En face, on ne quittait pas une stratégie qui avait mené une « petite » équipe jusqu’en huitièmes de finale, recette composée d’une concentration de tous les instants, de légers gestes d’antijeu (avec Chilavert en maître d’oeuvre pour ce qui était de gagner du temps), et une exploitation des contres, le tout saupoudré d’opportunisme, comme sur cette tentative d’Acuña de lober Barthez.

Mais, le temps aidant, les Français devenaient un peu plus maîtres de leur jeu. Ce n’était pas une maîtrise écrasante, non, mais cela suffisait à se créer  leur première véritable occasion à la 15ème minute lorsque Trezeguet adressait une bonne frappe enroulée qui frôlait le poteau des buts de Chilavert. Dans la foulée,  Diomède, servipar Djorkaeff, envoyait un tir du gauche qui obligeait le gardien paraguayen à effectuer une belle parade.

Diomède, encore lui, se retrouvait une nouvelle fois en position d’armer une frappe, après un beau mouvement entre Petit et Djorkaeff, le premier centrant en retrait pour l’Auxerrois. Mais la frappe du joueur de Guy Roux, trop écrasée, passait à côté du but Paraguayen.

Ce fut ensuite au tour de Djorkaeff, à la conclusion d’une action Deschamps-Petit, d’échouer de peu, son tir de 20 mètres manquant le cadre pour quelques centimètres.

En face, comme décrit plus haut, on essaie de profiter de toutes les opportunités, et Cardozo, lequel avait bien pris la profondeur voyait sa frappe bien captée par Barthez.

A la trente-neuvième minutes arriva ce qui pouvait sonner comme un tournant, aux yeux des (télé)spectateurs : Thierry Henry, plutôt discret jusqu’ici, profitait d’un contre favorable au milieu du terrain pour placer une accélération fulgurante et déposer ses adversaires. Il se présentait seul face à Chilavert, sorti promptement, et piquait son ballon… Pour mieux voir sa tentative être détournée par le poteau.
Plus rien de notable n’allait se passer et les deux équipes regagnaient les vestiaires avec des sentiments bien différents dans les têtes.

En seconde période, les Français reprennaient leur domination, matérialisée par une tentative de la tête de Desailly, bien captée par  Chilavert. Les Paraguayens mènaient quelques contre-attaques et  une tête plongeante de Gamarra frôlait le poteau de Barthez, rappelant à tout le monde que les Sud-Américains étaient toujours présents dans cette rencontre.

Histoire de rendre les choses un peu plus compliquées et d’apporter un peu plus de légende à ce match, Thierry Henry, blessé, se voyait contraint de laisser sa place à Pires.

La fin de match approchait, et il était temps de concrétiser la domination française, chose que, Djorkaeff tentait de faire. Suite à un bon rush de Lizarazu, il plaçait une bonne frappe tendue à 30 m. Mais c’était une nouvelle fois contré et mis en corner.
Trezeguet se procurait ensuite une énorme occasion, lequel s’était débarrassé de son défenseur, dans la surface, pour placer un plat du pied gauche qui passait de très peu à droite de Chilavert, et des buts.

Malgré une pression accentuée, les Bleus ne parvinrent pas à marquer, et l’arbitre sifflait la fin du temps réglementaire, forçant les deux équipes à en passer par les prolongations.

Lors de la première période de celle-ci, et à la surprise générale, ce furent les Paraguayens qui se montraient les premiers dangereux, par Rojas, dont la tentative n’était pas cadrée, pour pas grand chose.

Un coup-franc dévié de Djorkaeff et repoussé en corner par Chilavert, une frappe de Trezeguet, et un tir de Guivarc’h plus tard, les spectateurs du stade Felix Bollaert se demandaient bien comment les Bleus pouvaient faire pencher la balance en leur faveur.

C’est alors que sur un long ballon adressé par Pires dans la surface, Trezeguet remisait de la tête sur…Laurent Blanc, resté aux avants-postes, et qui fusillait Chilavert de près.

Blanc délivrait tout un stade, mettait fin à un après-midi crispant, et propulsait l’équipe de France en quarts de finale grâce au premier but en or de l’histoire de la Coupe du Monde.

FEUILLE DE MATCH :
France 1-0 Paraguay (L.Blanc 114e)
Stade Félix Bollaert, Lens. 42 000 spectateurs.

France : Fabien Barthez – Bixente Lizarazu, Marcel Desailly, Laurent Blanc, Lilian Thuram – Didier Deschamps (cap.), Emmanuel Petit (70′ Alain Boghossian), Thierry Henry (65′ Robert Pires), Youri Djorkaeff, Bernard Diomède (77′ Stéphane Guivarc’h) – David Trezeguet

Paraguay : José Luis Chilavert (cap.) – Francisco Arce , Carlos Gamarra, Celso Ayala – Roberto Acuña, Miguel Ángel Benítez , Julio César Enciso , Carlos Humberto Paredes (75′ Denis Caniza) – José Cardozo (91′ Aristides Rojas ), Jorge Luis Campos (56′ Juan Carlos Yegros)

LES NOTES : 

France

Barthez (6/10) : Plutôt difficile à noter puisqu’il n’a pas eu grand chose à faire, mais il s’est bien interposé sur les rares frappes adverses.

Thuram(5/10)S’il est l’auteur d’un bon début de match, en montrant pas mal d’envie et de belles montées, c’est allé en s’étiolant au fil des minutes. Dommage, alors qu’il avait de l’espace.

Blanc (7/10) : Dans un match où la principale difficulté consistait à ne pas perdre sa concentration, il aura tenu son rang. Et puis cette frappe qui met fin au suspens…

Desailly (6/10) : C’est un peu la même chose que pour Blanc, même s’il se sera parfois fait prendre dans la profondeur. Un bon match ce pendant.

Lizarazu (4/10) : La déception côté français. Il est moins souvent monté que son pendant à droite et l’on ne peut pas dire que ses tâches défensives l’accaparaient. Il peut faire mieux. Face à l’Italie, il devra être déterminant.

Henry (5/10) : Pas trouvé, hors du coup, invisible… Les termes pour décrire sa première demie-heure changeront selon l’appréciation que l’on a du joueur. Ceci dit, il a prouvé qu’en une prise de balle et une accélération, il pouvait délivrer une équipe. Remplacé par Pires, sur blessure. Ce qui aura permis de renforcer la conservation du ballon.

Deschamps (6/10) : Un harcèlement des adversaires, un jeu court et simple, une bonne vision du jeu… Un bon match.

Petit (5/10) : Un peu plus en retrait que son compère du milieu, et un peu plus de déchet dans ses passes. Mais sa faculté à se porter vers l’avant reste très intéréssante. Remplacé par Boghossian, qui n’aura pas pu apporter tout ce qu’il pouvait.

Diomède (4/10) : Match en dents de scie pour l’Auxerrois. Après un début difficile, il a été le Français le plus dangereux pendant vingt minutes, pour ensuite retomber dans ses travers. Remplacé par Guivarc’h, lequel aura proposé, distribué et apporté du poids devant. Une plutôt belle entrée.

Djorkaeff (5/10) : En l’absence de Zidane, il était attendu de lui qu’il distribue le jeu et les caviars pour Trezeguet. Mais ce n’est pas tout à fait le même style de joueur, et il s’est révélé meilleur pour conclure les actions que pour en créer.

Trezeguet (6/10) : Match compliqué pour l’attaquant monégasque. Dans un rôle ingrat, il n’aura jamais abdiqué, ce sera créé de belles occasions et aura finalement délivré cette passe décisive de la tête pour Blanc. Un bon match.

Paraguay :

Chilavert (8/10) : Monstrueux de charisme, de puissance, de roublardise et d’agilité. Il aura écœuré les Bleus pendant 114 minutes et n’a rien pu faire sur le but.

Arce (4/10) : C’était de toute façon compliqué de défendre tout un match. Alors quand on voit arriver Djorkaeff, Diomède, voire Petit, puis Pires dans sa zone, ça peut vite devenir très compliqué.

Gamarra (5/10) : Aura participé à l’étau défensif mis en place pour contrer l’attaque française. Sa reprise de la tête aurait mérité un meilleur sort.

Ayala (4/10) : Même chose que son compère en défense centrale, la participation offensive en moins.

Sarabia (3/10) : Pas vu, pas pris.

Encisco (3/10) : Ah, mais vous jouiez, vous ?

Benitez (4/10) : Jouer très bas pour aider sa défense, c’est bien. Mais ça limite le champ d’actions, tout de même.

Paredes (4/10) : Au Paraguay, on aime bien que les milieux de terrain entament le travail de sape défensif. Remplacé par Caniza, pour faire un peu la même chose.

Acuña (5/10) : Probablement le meilleur joueur de champ paraguayen, très utile de par sa qualité de passe.

Campos (5/10) : Meilleur attaquant paraguayen, il aurait pu ouvrir le score si Barthez n’avait pas été vigilant. Remplacé par Yegros, pour un impact bien moindre.

Cardozo (4/10) : Il souffre un peu de la comparaison avec Campos, et du jeu de son équipe. Remplacé par Rojas, alors que le Paraguay pliait sous la pression.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s