Cdm 98 Argentine 2-2 Angleterre (4-3 tab) : au bout du suspense

argentine angleterre

« Plein les yeux » n’est pas seulement une émission présentée par Carole Rousseau et Jacques Legros sur TF1; plein les yeux, c’est ce que se sont mis les spectateurs et les téléspectateurs qui ont assisté à cet Argentine-Angleterre. Entre le programme télé et ce match, on a pu remarquer un point commun : des histoires spectaculaires et époustouflantes.

Et ce spectacle a commencé dès les premières minutes. Au coup d’envoi déjà, on sentait les deux équipes portées vers l’offensive. Cela allait se concrétiser par deux buts dans les dix premières minutes. Les deux sur pénalty. La preuve que les deux équipes n’ont pas pris le match à la légère. Le premier est l’oeuvre de Batistuta après une faute de David Seaman sur Diego Simeone. L’Argentin a cependant bien joué le coup, forçant son plongeon. 1-0 à la 6ème minute donc pour l’Albiceleste mais pas pour très longtemps. Quatre minutes plus tard, le buteur anglais number one Allan Shearer trompait Roa sur pénalty. Un pénalty sifflé pour une faute d’Ayala sur Michael Owen qui avait fait la différence. Vous l’aurez compris, tout allait déjà à 1000 à l’heure. Et ce n’était que le début. Alors que les deux équipes se rendaient coups pour coups, Michael Owen trouvait la faille après un numéro de soliste incroyable : contrôle en aile de pigeon dans le rond central, accélération, Chamot et Ayala dans le vent, accélération et tir du droit en pleine lucarne. L’un des plus beaux buts de la compétition. 2-1 au bout de 16 minutes en huitième de finale de Coupe du Monde, c’est quand même incroyable. Mais le match allait se calmer, devenir moins fou. Pourtant les occasions continuaient de s’enchaîner, notamment du côté anglais où Paul Ince puis Paul Scholes passèrent tout proche d’inscrire le but du 3-1. Malheureusement pour eux, ce sont bien les Argentins qui revinrent dans le match dans le temps additionnel de la première période grâce à une magnifique combinaison Veron/Zanetti sur coup-franc. Le joueur de l’Inter sortait du mur, contrôlait le ballon dans la surface et ouvrait son pied gauche pour tromper Seaman et pour ainsi mettre fin à cette première mi-temps historique.

La deuxième période allait être du même acabit. Pas pour les mêmes raisons. Dès le retour du vestiaire, David Beckham se faisait expulser pour un croche-pied sur Diego Simeone qui ne se faisait pas prier pour en rajouter un petit, comme à son habitude. Un carton rouge stupide qui n’allait cependant pas changer la donne dans ce match. A dix contre onze, les Anglais ne se laissaient pas abattre et continuaient d’attaquer et surtout de bien défendre. Plus fermé, le match s’engluait quelque peu. Mais Batistuta, Shearer ou encore Owen se créaient tout de même des occasions. Seul au point de pénalty l’Argentine ne cadrait pas sa tête alors que Roa boxait le coup-franc de Shearer et que Michael Owen voyait sa frappe passer au dessus au terme d’une action semblable à son but. A ce moment de la rencontre, on sentait la prolongation et le tir au but arriver à grand pas. Et c’est ce qui arriva malgré les différents changements effectués par Passarrella et par Hoddle. Les entrées de Gallardo et de Crespo en lieu et place de Batistuta et de Claudio Lopez apportaient un nouveau souffle à une attaque sud-américaine en baisse mais pas assez pour trouver le chemin des filets. Au bout de 93 minutes, Kim Morton Nielsen sifflait donc la fin du match. Fatiguées, les deux équipes vécurent ces prolongations comme un calvaire de 30 minutes. Le spectateur aussi. Même si la tension était à son comble, le jeu n’était plus aussi agréable à voir, les occasions, elles, étaient extrêmement rares. C’est avec soulagement et excitation que tout le monde se dirigeait ainsi vers la séance de tirs aux buts. Vers la loterie comme on a l’habitude de l’appeler. Et à cette loterie, ce sont les Argentins qui s’en sont le mieux sortis grâce à un Roa stoppant deux tirs aux buts alors que dans le même temps, Seaman n’en arrêtait qu’un. Les maudits anglais se nomment Paul Ince et David Batty. Du côté argentin, le pestiféré a pour nom Hernan Crespo. Mais peu importe, l’Argentine était qualifiée pour la suite de la compétition et pouvait tranquillement aller affronter les Pas-Bas en quart de finale. Crevés mais qualifiés. L’Angleterre rentre chez elle, la tête basse. Les Français peuvent sourire, leurs meilleurs ennemis quittent la compétition prématurément. Rien de tel pour nous redonner la pêche.

ARGENTINE

C. Roa 7/10 : héros de la séance des tirs aux buts où il a stoppé deux tirs, Roa s’était auparavant montré serein. Surtout qu’il ne pouvait pas faire grand chose sur les deux buts anglais.

R. Ayala, N. Vivas, JA Chamot 5/10 : (trop) souvent dépassés par la fougue du jeune Michael Owen, les défenseurs centraux n’ont pas fait le meilleur match de leur vie. L’apothéose de leur non-match sera la faute d’Ayala sur Owen qui coutera le pénalty.

M. Almeyda 5.5/10 : si Lucky Luke tire plus vite que son ombre, Almeyda, lui, joue dans l’ombre. Mais à la fin c’est toujours lui qui gagne.

JS Veron 6/10 : l’élégance transpire de ses pieds. La filouterie aussi. Inspiré, c’est lui qui sert Zanetti pour l’égalisation. Mais ce ne sera pas sa seule pierre à l’édifice. Tout au long du match, il aura oeuvré pour son équipe en jouant juste et vers l’avant.

D. Simeone 6/10 : si en 1998, le Fils de puterie game avait existé, Diego Simeone aurait été tout en haut de l’affiche. Un genre de prestation à faire pâlir Busquets. Remplacé par Berti au tout début de la prolongation et qui attendra la séance de tirs aux buts pour s’illustrer.

J. Zanetti 6.5/10 : une activité digne des plus grands et un joli but. Ce jeune homme a tout pour réussir dans la vie.

A. Ortega 6.5/10 : instigateur de toutes les offensives argentines, El Burrito est sans doute l’un des meilleurs joueurs de la compétition. Pourquoi ? Seulement parce qu’il réussit tout ce qu’il entreprend. Et que tout ce qu’il entreprend te fait bander.

G. Batistuta 7/10 : heureusement que l’Argentine l’a celui-là. Sans lui, pas d’occasions. Sans lui, pas de buts donc sans lui pas de victoires. Remplacé par H. Crespo 4/10 qui aura tout loupé : une occasion en or et son tir au but.

C. Lopez 5.5/10 : encore une fois il souffre de la comparaison avec ses autres coéquipiers d’attaque. On l’a vu faire trois ou quatre accélérations mais c’est bien trop peu. Remplacé à la 68ème minute par Marcelo Gallardo 6/10 : tout de suite plus en vue que son prédécesseur, Gallardo a beaucoup tenté, quitte à avoir du déchet.

ANGLETERRE

D. Seaman 5.5/10 : coupable d’une légère faute sur Lopez, il concède le pénalty et l’encaisse avant d’en arrêter un aux tirs aux buts. Le reste du temps il aura sauvé son équipe d’une défaite dans le temps réglementaire.

G. Le Saux 5/10 : ultra offensif encore une fois ce qui lui permet d’être pratiquement inexistant derrière. Bien joué. Remplacé à la 71ème minute par G. Southgate (5/10) qui n’a pas semblé plus en réussite.

T. Adams 6/10 : des retours salvateurs et une expérience qui fait indéniablement du bien.

S. Campbell 6/10 : pareil que pour l’alcoolique au dessus de lui. L’expérience en moins, le force en plus.

G. Neville 5/10 : putain mais qui sont ces défenseurs bons à rien qui feront rien de leur vie ?

P. Ince 6/10 : il fait autant de bien à son équipe qu’il ne fait de mal à ses adversaires. Un carton jaune pour contestation et une belle reprise lointaine sont à mettre à son actif.

D. Anderton 4.5/10 : décisif en phase de poule, le joueur de Tottenham n’a pas réitéré ses exploits passés. Dommage. Remplacé à la 97ème minute par David Batty qui, pour marquer le coup, a décidé de louper son tir au but décisif.

D. Beckham 0/10 : l’homme du match c’est lui. Ou plutôt le fautif du match. En tout cas, tous les Britanniques lui en veulent. La cause ? Son expulsion débile au retour des vestiaires pour un croc-en-jambe sur Simeone qui n’en demandait pas tant. Laissant ses partenaires se battre à 10 contre 11, Beckham est désormais considéré comme un traître à la nation.

P. Scholes 5/10 : merde il est roux. Et les roux en 1998, c’est déjà has-been. Remplacé à la 78ème minute par Paul Merson 5/10 qui est moins talentueux au foot que Paul Personne. Même s’il a marqué son tir au but.

A. Shearer 6.5/10 : le chef de file de l’attaque anglaise. A Owen la fougue, à Shearer la sagesse. Point d’orgue de sa soirée : son pénalty et son tir au but réussi.

M. Owen 7.5/10 : un futur Ballon d’Or en puissance, c’est certain. Sur ce match en tout cas, il a montré toutes les qualités dont il faut disposer pour un jour décrocher ce Graal : vitesse, technique, finition, aisance, culot. De la première à la dernière minute, il a été le danger numéro 1.

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