Cdm 98 France 0-0 Italie (4-3 tab) : C’eravamo tanto amati (Nous nous sommes tant aimés)

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En 1974, Ettore Scola sortait ce chef d’œuvre du cinéma italien nommé C’eravamo tanto amati. Dans ce classique du cinéma italien, trois amis de jeunesse interprétés par les grandioses Stefania Sandrelli, Nino Manfredi et Vittorio Gassman se retrouvent quelques années après s’être perdus de vue. Ils se découvrent des trajectoires différentes et des attentes par rapport au monde parfois opposées mais reste cette amitié qu’il y avait et qui a survécu.

Sur la pelouse de Saint-Denis cet après-midi, nombre de joueurs se connaissaient au coup d’envoi. Desailly, Costacurta et Maldini se côtoient au Milan AC, Cannavaro, Baggio et Thuram à Parme, Moriero, Pagliuca, Bergomi et Djorkaeff à l’Inter et bien entendu Zidane, Deschamps, Pessotto et Del Piero à la Juve. Mais il était clair dès le début que ce match marquerait le début d’une trajectoire différente pour la moitié d’entre eux : celle qui gagnerait.

Les premières minutes donnaient le ton de la partie. Les Italiens étaient venus pour défendre et bien défendre. Les seuls Vieri, Del Piero et Moriero (à moitié) avaient des libertés offensives ; pour le reste, c’était avant tout du travail défensif. Devant cette forteresse azzurra, les Français ont malgré tout joué 45 premières minutes de très belle facture. Agressifs, vifs, techniquement justes, les joueurs d’Aimé Jacquet ont fourni une première période de très haut niveau à laquelle il n’aura manqué qu’un but. Celui-ci aurait pu venir de Zidane, Petit ou plus certainement de Djorkaeff, qui se retrouva seul à 16m à la 45è minute mais croisa trop sa frappe.

Cette première mi-temps ne donna pas fondamentalement envie à Cesare Maldini de changer quoi que ce soit à sa tactique. Cependant, autour de l’heure de jeu, les entrées de Roberto Baggio et Demetrio Albertini à la place de Del Piero et Dino Baggio changèrent singulièrement la donne. Les Italiens se montrèrent légèrement plus entreprenants mais surtout beaucoup moins perméables. Les Français commençaient à montrer des signes de fatigue alors que Roberto Baggio se montrait dangereux sur chaque ballon touché.

Les entrées des deux jeunes Monégasques Henry et Trezeguet n’allaient pas y changer grand-chose. Cette deuxième mi-temps était très pauvre en occasions et le match se réduisait à une démonstration de forces des défenses face à des attaques constamment en infériorité numérique. Et c’est assez logiquement qu’on se dirigeait vers une nouvelle prolongation pour les Bleus.

Lors de ces 30 minutes additionnelles, la peur de prendre le fameux but en or et la fatigue engendrée par le match contre le Paraguay semblaient paralyser des Bleus très prudents. Les Italiens en profitaient pour prendre le commandement des opérations et la plus belle occasion fut à mettre au crédit de Roberto Baggio, qui d’une volée un peu trop croisée fit passer un frisson aux 80 000 spectateurs du Stade de France.

La séance de tirs aux buts devait décréter le nom du premier demi-finaliste de ce Mondial français. Le premier échec fut signé Lizarazu, auteur d’une frappe de poussin. Heureusement Barthez prit aussitôt le dessus sur Albertini, afin de ne pas laisser les tireurs français dans le doute. Alors que la France menait 4-3 avec des réussites de Zidane, Henry, Trezeguet et Blanc, c’était finalement Di Biagio qui se présentait face à Barthez et trouvait la barre. Comme en 1986, la France se qualifiait pour les ½ après avoir gagné aux pénos.

Le match aurait clairement pu tourner de n’importe quel côté, les deux équipes étant très proches et se connaissant parfaitement. Mais il fallait un vainqueur et ce fut les Bleus, portés par leur bonne étoile. Gageons que cela ne changera rien au respect et à l’amitié entre les joueurs des deux équipes mais il fallait bien que leurs trajectoires soient opposées à l’issue de ce match. Un des personnages du film de Scola disait : « Nous voulions changer le monde, mais le monde nous a changé ». Je ne sais pas si les Français évoluant en Série A ont eu l’ambition de changer le football italien mais pour sûr le football italien les a transformé, peut-être en champions.

LES FRANCAIS:

Barthez (3/5) : Sûr dans les airs, il n’a pas trop été mis à contribution. Heureusement il stoppe le péno d’Albertini après l’échec de Lizarazu.

Thuram (3/5) : Sans adversaire direct sur son côté, il a tenté d’amener un plus offensif sans commettre d’impair défensif.

Desailly (4/5) : Impressionnant physiquement, il a bougé Vieri tout le match. Excellent match défensif.

Blanc (4/5) : A l’image de son compère de défense centrale avec quelques sorties balle au pied en plus.

Lizarazu (1/5) : Match à oublier pour Lizarazu. Meilleur offensivement que défensivement, les Italiens n’attaquaient plus que de son côté en deuxième mi-temps. Et ce péno…

Karembeu (3/5) : Efficace à la récupération, on aurait aimé qu’il amène un plus offensif.

puis Henry (2/5) : Alors qu’il était entré pour faire exploser la défense italienne à coups d’accélération, il a multiplié les mauvais choix.

Deschamps (4/5) : C’était un match pour lui, tout en tactique et en science du placement. Il a gagné la bataille du milieu avec son fidèle bras droit Petit.

Petit (4/5) : On en parle pas beaucoup mais Petit fait une sacrée Coupe du Monde. Excellent au pressing, il est souvent le premier relanceur de l’équipe aussi.

Zidane (3/5) : Il a touché beaucoup de ballons mais le marquage individuel de Pessotto lui a posé pas mal de problèmes. Il monte en puissance cependant.

Djorkaeff (3/5) : Le Snake aurait dû être le héros de ce match. A deux reprises, il s’est retrouvé face à Pagliuca et a manqué la mire. Mais il a été très actif face au monstrueux Cannavaro.

Guivarc’h (2/5) : Pas beaucoup de ballons à grailler, il est vite devenu nerveux à cause des fautes des défenseurs italiens.

puis Trezeguet (3/5) : Guère plus de ballons que Guivarc’h. Il est rentré quand les Français reculaient.

LES ITALIENS:

Pagliuca (3/5) : Comme Barthez, il a fait le taf surtout en début de match sans trop souffrir.

Cannavaro (5/5) : Monstrueux à ce poste d’arrière droit. Impassable avec ce qu’il faut de vice. 24 ans putain.

Bergomi (3/5) : On avait l’impression qu’il jouait en marchant mais le vieux Bergomi a été rarement mis en danger.

Costacurta (4/5) : Un sacré défenseur. Du duel, du tacle, de la relance : tout ce qu’il aime.

Maldini (3/5) : Le beau Paulo a souffert un peu en première mi-temps surtout quand Thuram montait et puis après il s’est repris et a dominé.

Pessotto (4/5) : 90 minutes à courir après Zidane. Du marquage individuel à l’ancienne mais relativement propre, à signaler.

D. Baggio (1/5) : Dino n’a rien fait de bon.  

puis Albertini (3/5) : Entré au milieu, il a coïncidé avec la bonne période italienne.

Di Biagio (3/5) : Sacré guerrier au milieu. Il a comblé pas mal d’espaces.

Moriero (3/5) : Il a marché sur Lizarazu tout le match mais putain quelle salope.

Del Piero (2/5) :  Le Juventini était absent des débats.

puis R. Baggio (4/5) : Entré à l’heure de jeu, Baggio a été le poison de l’équipe italienne. Disponible et alerte, il nous a fait souffrir pendant 60 minutes.

Vieri (3/5) : Pas de bon ballon pour le meilleur buteur de Liga. Il a souffert contre Desailly.

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