Cdm98 France 2-1 Croatie: Thuram, le prophète.

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« Le jour de gloire est arrivé ». La France se qualifie pour la première finale de coupe du monde, de sa coupe du monde au terme d’un scénario étouffant face à cette redoutable équipe de Croatie. Il aura fallu deux buts improbables de Lilian Thuram pour se sortir d’un piège rondement mené par l’adversaire du soir. OUF.

Le pays entier attendait une revanche à domicile contre l’Allemagne mais ce sont les croates qui se présentent face à nos bleus. Et c’est peut être ce qui pouvait nous arriver de pire. Après avoir étrillé la Mannschaft (3-0), la bande à Suker arrive dans le dernier carré totalement décomplexée. Elle sait qu’elle ne part pas favorite,  ce n’est pas pour autant qu’elle vient la fleur au fusil. Avec des techniciens du calibre de Boban, Asanovic, Vlaovic ou Suker, elle a des armes suffisantes pour emmerder l’équipe de France.

Mais nos français aussi sont en passe d’écrire leur histoire. Et le rouleur compresseur physique se met en ordre de marche d’entrée de jeu. Avec un milieu Karembeu-Petit-Deschamps, la France n’est pas là pour faire dans la dentelle. Sauf avec nos deux artistes Zidane et Djorkaeff, les deux plus en vue en ce début de rencontre. Zizou est dans tous les bons coups, très présent dans la surface et a déjà frappé trois fois au but avant le quart d’heure. La Croatie est acculée mais ne rompt pas, se reposant sur sa défense de guerrier avec Soldo et Bilic en gardiens du temple. Les joueurs de Blasevic savent que leur meilleur atout est l’horloge. Plus le temps passera et plus ils installeront le doute dans la tête des bleus. Et plus ils auront d’opportunités comme sur cette occasion d’Asanovic, le meilleur croate durant le premier acte, qui passe juste à côté du poteau de gauche de Barthez. La technique de l’ancien messin et de ses partenaires leur permettent de se recentrer dans le match et de revenir à armes égales jusqu’à la pause. Ce n’est ni du grand football technique, ni du grand football tactique mais la tension est, elle, bien présente.

45 minutes en round d’observation, c’est suffisant pour nos amis croates. Trente secondes à peine après la reprise, Asanovic donne un merveilleux ballon dans la profondeur à Suker qui ne se fait pas prier pour crucifier Barthez en face à face. L’action est magnifique, de l’appel du madrilène à la passe en passant par le but. Le meilleur buteur de la compétition jusqu’à présent peut remercier le placement très aléatoire de Thuram sur le coup. Stupeur au Stade de France.
De courte durée puisque notre bon vieux Lilian va se rattraper sur l’engagement en égalisant sur un une-deux avec Djorkaeff. Oui, Thuram buteur. Aussi fou que ce début de seconde mi-temps. On bascule dans l’irréel, le match n’appartient plus seulement au football. La France a eu la bonne idée de ne pas tergiverser, et se remet dans le bon sens. Et c’est ce qu’il pouvait nous arriver de mieux. Malgré quelques minutes de répit après un tel scénario, les bleus repartent de l’avant, revigorés par ce but.

Et là, l’impensable se produit. Thuram récupère un ballon haut, encore une fois, et tente une frappe décroisée du gauche dans la foulée. Un truc qu’il n’aurait absolument jamais fait en temps normal. Et ça fait mouche. Le latéral parmesan est dans une autre dimension, il est possédé par l’enjeu comme le montre sa célébration. Un doublé en demie-finale de coupe du monde pour celui qui n’avait encore jamais marqué sous le maillot tricolore. L’histoire est belle, trop belle même pour ne pas être ternie.. Sur un coup franc bien placé pour la France, Blanc se chamaille avec Bilic et lui assène une tarte dans le menton. Evidemment, le libéro croate en rajoute mais le rouge est mérité. Le Stade est choqué et les pires scénarii nous traversent l’esprit. Va-t-on revivre le cauchemar de 82 ?

Tout le monde y pense, les joueurs les premiers et toute l’équipe recule inconsciemment de 30 mètres. Le dernier quart d’heure est une attaque-défense pour la Croatie où l’incroyable Suker va nous donner des sueurs froides. Mais c’est sans compter sur la force défensive de Desailly, Thuram et même de Leboeuf parfaitement entré dans son match pour remplacer Le Président. Ce qui n’empêche pas de connaitre une dernière frayeur sur une frappe contrée d’Asanovic qui filait sous la barre sans l’intervention de notre divin chauve.

Mais il ne pouvait rien arriver à cette équipe de France ce soir, protégée par quelque chose d’impalpable. Elle retrouvera le Brésil pour une finale de rêve dès dimanche et on ne voit pas ce qui peut l’arrêter désormais.

FEUILLE DE MATCH
2-1: Thuram (47′;69′) – Suker (46′)
Stade de France, St Denis
80.000 spectateurs
Arbitre: Monsieur Aranda (Espagne)

FRANCE
.Barthez (6):
Du bon Fabien ce soir entre sorties aériennes autoritaires, arrêts décisifs et folie dans la relance.

.Thuram (10): Comment faire autrement ? Le gars était sous protection divine ce soir et on ne veut froisser personne en haut. Même pas pour l’alignement moisi sur le but de Suker…

.Blanc (5.5): Du bon Blanc. Qui a vu rouge. Et on aime pas le rosé.

.Desailly (7): Ce type est une bête, le meilleur défenseur central au monde et il l’a encore prouvé ce soir en dégageant une puissance incroyable dans les duels.

.Lizarazu (6): Solide Liza, comme souvent. Avec de l’envie, de la passion et de la vitesse, il donne l’impression de pouvoir déplacer des montagnes.

.Deschamps (6): Il a fait le sale boulot, encore et toujours. Et personne ne le fait mieux que lui.

.Petit (5.5): Il a eu du mal à tenir Asanovic au milieu, ou alors en faisant des fautes. Reste sa faculté à se projeter vers l’avant qui est un vrai plus pour l’équipe.

.Karembeu (5.5): Sans faire de bruit Christian s’est fait une place dans l’équipe et a sorti 20 bonnes minutes avant de se blesser. Remplacé par Henry (5.5) qui n’a plus sa fraicheur et l’effet de surprise du début de compétition mais qui demeure un formidable joueur de côté.

.Zidane (6): On ne voyait que lui en début de partie. Il a fait parler toute sa technique durant le match, prenant enfin le rythme de son équipe. Une montée en puissance intéressante avant la finale.

.Djorkaeff (5.5): Le snake porte bien son nom. On ne le voit pas beaucoup mais il sort toujours de son trou au bon moment pour attaquer. Trop peu souvent tout de même. Remplacé par Leboeuf (5.5) après l’expulsion de Laurent Blanc, et mis de suite sous pression. Sans craquer.

.Guivarc’h (3): Le mec est encore titulaire ce soir sans qu’on sache vraiment pourquoi. Il n’apporte rien dans le jeu et ne se crée pas d’occasions. Problématique quand on est l’attaquant numéro 1. Remplacé par Trézéguet (4.5) un peu trop tendre encore pour ce genre de rencontre de roublards.

CROATIE 
.Ladic (5.5):
Il ne dégage pas une confiance extraordinaire (avec pas mal de ballons relâchés) mais il fait son travail.

.Stimac (5): Il n’avait pas grand chose à faire et a préféré se contenter du minimum syndical au lieu de se transcender.

.Bilic (5.5): On sent toute la fils de puterie en lui. Mais il est bon au mastic le salaud.

.Soldo (6): Pareil que son collègue. En encore plus solide.

.Jarni (6): Il a fini la rencontre avec un filet sur la gueule, en sang. Preuve de son état d’esprit à toute épreuve et son sens du sacrifice ce soir.

.Simic (4): Il a de la chance que son jaune n’intervienne qu’en fin de match parce que vu son nombre de fautes, il aurait pu vite être sorti…

.Boban (3.5): On a pas vu le stratège de l’équipe, trop juste physiquement pour répondre au bloc français. Remplacé par Maric peu après l’heure de jeu, qu’on a pas plus vu.

.Stanic (5): Ca aurait été 6 pour son rôle de catin au milieu mais la décoloration blonde, c’est -1 d’office.

.Asanovic (7.5): Le petit sucre du match. Il a survolé la rencontre techniquement avec son joli pied gauche, envoyant des galettes et transperçant la défense française quand il le voulait. Sa merveille de passe décisive vient résumer tout ça.

.Vlaovic (4): Mangé tout cru par Desailly et Blanc.

.Suker (7): Quel coquin celui-ci. Décrochage, frappe de balle, jeu de tête, renard des surfaces, c’est le 9 complet par excellence. Le mec chiant quoi.

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Cdm98 Brésil 3-2 Danemark: Ronaldor et Rivaldor évitent la catastrophe

Brian-Laudrup

Deux équipes qui ont passé quatre buts en huitième, ça laissait envisager du spectacle à la Beaujoire. Et on peut le dire, il y en a eu, notamment avec une première heure de folie. Sans ses deux génies Ronaldo et Rivaldo, le Brésil aurait pu connaître une drôle de désillusion face à un Danemark rempli de sang froid et qui n’a jamais abdiqué.

Au vu des matches accomplis par chacun au tour précédent, difficile d’imaginer des changements dans les compositions d’équipe. On repart avec les mêmes et surtout sur les mêmes bases pour les danois. Deux minutes de jeu à peine et les voilà qui mènent déjà au score, comme face au Nigéria. Le Danemark aime beaucoup les similitudes puisque le but de Jorgensen vient d’un coup franc rapidement joué, chose déjà aperçue contre nos français sur le pénalty concédé par Candela.
La Seleçao ne s’attendait pas à être cueilli à froid et Zagallo est déjà debout. On ne retrouve pas le jeu chatoyant des brésiliens et la technique est même à mettre à l’actif des scandinaves sur ce début de rencontre avec un double une-deux entre Brian Laudrup et Moller qui émerveille le public.

Il faut attendre le premier ballon potable de Ronaldo pour retrouver de la lumière. Le phénomène a le droit à un marquage individuel serré, ce qui laisse des espaces à ses coéquipiers. Et R9 n’est pas qu’un buteur ou un dribbleur, il sent aussi parfaitement le foot, et sur son premier ballon donc, il trouve Bebeto en diagonale dans la profondeur qui n’a plus qu’à ajuster Schmeichel pour égaliser. Onze minutes et un but de chaque côté. C’est bien parti.
Le Brésil retrouve un peu d’allure et prend le match à son compte. On voit de plus en plus les fameuses montées de Cafu et de Roberto Carlos, particulièrement échaudé depuis le début de la rencontre entre un carton jaune, des errements défensifs et du joga bonita en attaque.
Le ballon est donc brésilien mais ça ne donne pas plus d’occasions pour autant. C’est une fois de plus des pieds de Ronaldo que la différence va se faire. Et de ce d’Helveg et Rivaldo également. Le premier va foirer sa relance, redonnant la balle face au jeu à Ronaldo qui peut délivrer un nouveau caviar pour le second qui va bonifier tout ça d’une magnifique frappe piquée par dessus Schmeichel dans un angle pas facile. Sans l’air d’y toucher, le Brésil est repassé devant sur deux actions fulgurantes. C’est aussi ça la force des champions.

Que faire pour le Danemark ? Ne pas baisser les bras et tenter d’aller de l’avant. Avec les frères Laudrup et le déménageur Moller, il y aura forcément des possibilités face à une défense brésilienne parfois distraite. Ca aurait pu être le cas pour Moller s’il n’avait pas raté son contrôle seul dans la surface sur un service du maitre Michael. Patience, patience..
Car d’entrée de seconde période, l’égalisation va être servie sur un plateau par un geste totalement incompréhensible de ce taré de Roberto Carlos. Au lieu d’assurer son dégagement, le latéral madrilène tente un retourné dans sa propre surface. Qu’il rate lamentablement, laissant à Brian Laudrup tout le loisir de fusiller le pauvre Taffarel. Tout est à refaire pour le Brésil, une nouvelle fois surpris en début de mi-temps.

Il faudra un quart d’heure aux sudaméricains pour se remettre dans le sens de la marche. Et encore grâce à un coup de génie. Rivaldo profite du marquage à la culotte sommaire sur son compère Ronaldo pour avancer de 20 mètres avec le ballon pour décrocher une frappe puissante à ras de terre à l’entrée de la surface. Schmeichel n’y peut toujours rien et ne peut que constater les dégâts. L’affaire se complique sérieusement pour les danois qui imaginaient avoir fait le plus dur en revenant au score. Helveg, Laudrup Brian auront bien quelques miettes d’opportunités mais pas assez pour inquiéter les solides Baiano et Aldair qui ont décidé de fermer boutique. La dernière frayeur viendra d’une tête de Rieper sur corner qui échoue sur la barre dans les derniers instants.

Ce vaillant Danemark n’a jamais abdiqué et a joué avec ses armes mais n’a pas pu empêché les brésiliens de se hisser dans le dernier carré du Mondial, une fois n’est pas coutume. Le champion en titre est bel et bien là, qu’on se le dise.

FEUILLE DE MATCH
3-2: Bebeto (11′) Rivaldo (25′; 60′) – Jorgensen (2′) B.Laudrup (47′)
Stade de la Beaujoire, Nantes
49.500 spectateurs
Arbitre: Monsieur Gamal Al Ghandour (Egypte)


BRESIL
.Taffarel (5):
Il est délaissé par sa défense sur les deux buts. Pour le reste, du classique pour lui.

.Cafu (5.5): Des montées de folie, comme d’habitude et pas trop d’emmerdes sur son côté. Reste ce carton jaune débile pour avoir gagner du temps qui le prive de demie-finale.

.Aldair-Junior Baiano (5): Ils ont du s’y mettre à deux pour stopper ce buffle de Moller. Avec plus ou moins de succès.

.Roberto Carlos (1): Dans un bon soir, il est le meilleur latéral gauche du monde. Dans un mauvais, il peut coûter un match. Il aurait pu se faire expulser à la dixième pour un tacle par derrière débile, a tenté deux coups de 40m impossible et puis, ce retourné, aussi incompréhensible que raté, dans sa propre surface qui vaut une égalisation du Danemark. Un bêtisier à lui tout seul ce soir.

.Dunga (5.5): Le précieux capitaine a ratissé du ballon mais a surtout remis les siens dans le sens de la marche avec quelques gueulantes bien senties.

.César Sampaio (6): Le sécateur du milieu a fait son taf avec réussite, n’hésitant jamais à mettre le pied là où il faut. Et si c’est sur un mollet adverse, c’est encore mieux.

.Leonardo (4): Invisible, il n’a rien apporter techniquement. Remplacé par Emerson pour renforcer le milieu de terrain.

.Rivaldo (7): Un premier but tout en finesse, un second un peu plus fort. Et surtout ce toucher de balle élégant qui fait la différence entre les lignes. Un bonheur.

.Bebeto (5.5): On le voit quasi jamais dans le jeu mais il termine encore avec un but, grâce à un super appel…

.Ronaldo (7): … et à un super service d’il phenomeno. R9 a montré aujourd’hui qu’il était un joueur offensif complet. Pas d’occasions à se mettre sous ses grandes dents, mais un rôle de 9 et demi qu’il a effectué à la perfection avec deux passes décisives vraiment décisives. On paie pour ce genre de joueur.

DANEMARK
.Schmeichel (4.5):
On peut difficilement chopper la moyenne quand on prend trois pions, même si sa responsabilité n’est pas directement engagé. Mais il ne fait aucune différence sur les deux faces à faces.

.Colding (5): Un match solide. Un Mondial solide. Le mec que tu emmènes à la guerre en toutes circonstances.

.Rieper – Hogh (3): On avait loué leur solidité au match précédent. Ce soir, ils ont montré leurs limites tactiques. Se focalisant uniquement sur Ronaldo, ils ont laissé des boulevards énormes dans l’axe, profitant ainsi à Bebeto et Rivaldo sur chaque but. Le manque d’expérience du haut niveau.

.Heintze (5): Il a passé un bon moment face au peureux Leonardo. Moins facile face aux déboulés de Cafu.

.Helveg (4.5): Une relance dans l’axe toute moisie qui donne le deuxième but aux brésiliens. Dommage parce que pour le reste, il a plutôt été bon dans son rôle de libéro du milieu.

.Nielsen (5.5): La touche technique du milieu danois. Sorti on ne sait trop pourquoi à la mi-temps, remplacé par Tofting (5.5) qui a fait ce qu’on attendait de lui: du ménage.

.Jorgensen (6.5): Un excellent match pour le minot, dans un rôle de relayeur offensif. Petit gabarit, il compense par une belle technique et quatre poumons. Son but rapide l’a sûrement mis en confiance pour le reste de la rencontre.

.Michael Laudrup (5.5): Sans courir, il a distribué quelques galettes. Mais a bien été chahuté par ces cancres de Dunga et Sampaio.

.Brian Laudrup (6): Toujours pareil. De l’activité, des ailes de pigeon et ce qu’il faut d’opportunisme pour marquer sur une cagade adverse. On ne demande pas plus.

.Moller (5.5): C’est simple, il est là pour faire du mal physiquement à la défense. Ce qui ne lui laisse que peu de temps pour s’exprimer avec ses pieds, preuve en est avec ce contrôle manqué dans la surface, tout seul. Précieux tout de même. Remplacé par son sosie Ebbe Sand.

Cdm 98 Pays-Bas 2-1 Yougoslavie: Davids, ce héros.

Holland+At+Past+World+Cups+csHyyPjjpunl

Voilà bien un huitième de finale qui promettait, sur le papier, entre deux équipes que l’on connaissait joueuses et techniques. Les Pays-Bas s’avançaient en léger favoris de cette rencontre, la jeune garde néerlandaise pouvant mettre à mal bon nombre d’équipe, mais il fallait pour les Oranje se méfier de l’expérience de joueurs tels que Stojkovic ou Mijatovic.

La rencontre partait tout de suite sur un rythme enlevé et le match s’annonçait plaisant. Et ce sont les Pays-Bas qui prenaient ce huitième par le bon bout. Bergkamp se battait sur la gauche, arrachait un ballon, et centrait au second poteau, vers De Boer, lequel remisait de la tête vers Cocu, mais il ne manquait que quelques centimètres à ce-dernier pour propulser la gonfle au fond des filets.

Si les joueurs Néerlandais semblaient dominer les débats de la tête et des épaules, les occasions sérieuses n’étaient pas légion, et si techniquement, c’était un vrai plaisir de voir jouer les Oranje, ceux-ci pêchaient dans la finition, à l’image de cette nouvelle tête de Cocu sur corner qui passait au-dessus, ou de cette frappe de Numan trop écrasée.

La pression s’accentuait néanmoins sur le but de Kralj, lequel détournait difficilement une frappe des vingt mètres de Bergkamp aux alentours de la demi-heure de jeu. Overmars parvenait enfin à effectuer une vraie différence sur le côté gauche, mais son centre était détourné in extremis. Seedorf avait lui aussi l’occasion de se mettre en position de frappe, mais Kralj était une nouvelle fois vigilant.

La délivrance néerlandaise arrivait à la trente-huitième minute. Sur un coup-franc lointain, Bergkamp s’imposait physiquement dans la surface, et pouvait tromper Kralj d’un tir placé sur la droite du gardien yougoslave.

La seule, timide réaction yougoslave venait d’un coup-franc de plus de trente mètres frappé par Mihajlovic, mais qui n’inquiétait pas un Van der Sar bien placé.

A la mi-temps, les Pays-Bas menaient donc par un but à zéro, c’était clairement mérité, et on imaginait mal comment la Yougoslavie pouvait revenir dans le match.

C’était bien mal connaître les hommes de Santrac, lesquels revenaient avec de bien meilleures intentions. Et très, vite, suite à un coup-franc bêtement concédé par Reiziger sur le côté gauche de la surface, Stojkovic déposait un ballon au deuxième poteau, sur la tête de Komljenovic, lequel trompait un Van der Sar impuissant.

Un partout, le match était relancé, les Pays-Bas se mettaient à déjouer, et la Yougoslavie en profitait.
Elle obtenait même un penalty pour une obstruction de Jaap Stam sur Stojkovic.
Et c’est sûrement là ce que l’on nomme le « tournant du match ». Pedrag Mijatovic s’élançait, frappait en force, mais la balle atterrissait sur la barre transversale ! Les Pays-Bas ont frôlé le K.O.

Et, peu à peu, les Oranje allaient s’extirper de la pression adverse et refaire surface, comme sur ce très bon coup-franc obtenu par Bergkamp, face au but, légèrement sur la gauche à dix-huit mètres. Seedorf s’en chargeait mais sa frappe s’envolait.

Overmars se signalait ensuite par deux fois, la première en se montrant remuant sur le côté droit pour une frappe à côté. La seconde en reprenant de la tête un centre au deuxième poteau adressé par De Boer, mais ce n’était toujours pas cadré.

La rencontre perdait ensuite en intensité, malgré ces tentatives de Jugovic pour la Serbie ou de Seedorf pour les Pays-Bas.

Alors que deux minutes de temps additionnel étaient annoncées, les joueurs de Guus Hiddink décidaient d’enflammer la fin de rencontre. D’abord sur une frappe de De Boer en pivot, laquelle donnait un corner, puis sur une frappe de Overmars détournée par Kralj.

Enfin, et dans la dernière minute, Davids récupérait le ballon suite à un corner. N’étant pas attaqué, il avait tout son temps pour armer une frappe du gauche à mi-hauteur. La gonfle passait devant une forêt de jambes, Kralj mettait la main, mais ce n’était pas suffisant. Le cuir finissait sa course au fond des filets et Davids propulsait les Pays-Bas en quarts de finale !

Feuille de match

Pays-Bas 2-1 Paraguay (Bergkamp 38ème, Davids 90ème+2 pour les Pays-Bas, Komljenovic 48ème pour la Yougoslavie)

Stadium Municipal Toulouse (33 000 spectacteurs)

Pays-Bas : Van der Sar – Reiziger, R. De Boer, Stam, Numan – Davids, Seedorf- F. De Boer, Cocu, Overmars, Bergkamp.

Yougoslavie : Kralj – Mirkovic, Djorovic, Mihajlovic, Komljenovic – Jokanovic, Brnovic, Jugovic, Stojkovic, Petrovic – Mijatovic.

Les notes

PAYS BAS

Van der Sar (7/10) : Difficile de lui reprocher quoi que ce soit sur le but. Pour le reste, il a effectué un bon match, avec de bonnes interventions lorsqu’il a été sollicité.

Reiziger (4/10) : Qu’il a dû se sentir mal après avoir concédé cette faute stupide qui a amené le but ! Sans compter que son match fut loin d’être exceptionnel.

R.De Boer (6/10) : Match sérieux et appliqué pour l’un des jumeaux. Pas beaucoup de travail à faire, ceci dit.

Stam (5/10) : Méritait la même note que son compère de l’axe défensif. Mais le penalty sifflé contre lui a forcément joué en sa défaveur.

Numan (6/10) : Plus offensif que Reiziger, il a tenté d’apporter le surnombre à gauche. Peu de travail défensif à signaler.

Seedorf (7/10) : Son duo avec Davids est redoutable, ils ont été les maîtres du milieu de terrain pendant toute la première période, et leur réveil en seconde aura coïncidé avec le retour des Néerlandais en seconde.

Davids (8/10) : Voir le commentaire de Seedorf et y ajouter un but. Grand match.

F. De Boer (7/10) : Il aura donné pas mal de tours de reins à ses adversaires, à droite ou à gauche. Ses centres auraient mérité un meilleur sort.

Cocu (6/10) : Un rouage essentiel dans le collectif Oranje.

Overmars (6/10) : Aura beaucoup tenté, mais aura été moins efficace qu’à son habitude.

Bergkamp (7/10) : Ce joueur est au-dessus de considérations telles que les notes, mais les rédacteurs ont des consignes, vous comprenez ?

YOUGOSLAVIE

Kralj (7/10) : Le portier yougoslave aura vraiment tout tenté pour préserver ses buts. Mais il fut obligé de s’incliner deux fois. C’est triste pour lui.

Mirkovic (5/10) : Plutôt en difficulté face à Overmars, il l’aura tout de même empêché d’être trop dangereux.

Djorovic (4/10) : Bergkamp lui aura fait très très mal.

Mihajlovic (5/10) : Aura moins souffert que son partenaire, et aura tenté de trouver la faille sur coup-franc, sans succès. Sorti sur blessure et remplacé par Saveljic , que l’on n’aura que peu vu.

Komlejnovic (6/10) : Si De Boer l’aura fait tourner en bourrique plus d’une fois, sa présence offensive sur coup-franc aurait dû amorcer la révolte yougoslave.

Jokanovic (3/10) : C’est un peu embêtant lorsqu’on ne sait pas trop quoi dire de la performance d’un joueur.

Brnovic (4/10) : De l’activité mais pas mal d’imprécisions.

Jugovic (5/10) : Bien trop discret quand on connaît son talent.

Stojkovic (7/10) : Une passe décisive et un penalty provoqué dans un match difficile, c’est pas mal non ? Remplacé par Savicevic toujours intéressant à voir évoluer.

Petrovic (4/10) : C’est un peu la même chose que pour Brnovic. Faut dire que les ailiers néerlandais, c’est quelque chose, à surveiller…

Mijatovic (3/10) : La grosse déception du match. Il n’aura pas su se signaler et ses coéquipiers ont eu un mal fou à le trouver. Le penalty manqué pèse lourd dans la balance de sa note.

Cdm 98 Allemagne 2-1 Mexique: Une Qualification Sans Eclat

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La victoire allemande de cet après-midi à la Mosson résume parfaitement le Mondial de la Mannschaft jusque là. Un jeu collectif proche du zéro, une qualité technique pauvre, une équipe au bord du précipice mais qui s’en sort grâce au talent de ses deux attaquants. Menée 1-0 à un quart d’heure de la fin, l’Allemagne l’emporte finalement 2-1 et sera de la partie en quart.

On retrouve sur le terrain les deux équipes dans leur schéma tactique habituel. Un 4-4-2 à plat pour les mexicains et un 5-3-2 qui se transforme en 3-5-2 sur phases offensives chez les allemands. Dans les compositions, on doit faire sans Kohler côté allemand, remplacé par Babbel, et sans Ramirez le poumon de l’entrejeu du Mexique suspendu et supplée par Palencia.
Pas de surprise donc tactiquement et pas plus dans le scénario du match. On retrouve nos mexicains avec leur grinta, leur coeur et leur folie qui peut permettre à l’arrière gauche Bernal de tenter une volée de 35mètres que Kopke aura du mal à intercepter. L’Allemagne, elle, est toujours aussi ennuyeuse. Il n’y a ni création ni éclair de génie qui pourrait permettre de se créer des occasions. L’équipe s’en remet aux deux de devant, la paire Bierhoff-Klinsmann et attend patiemment qu’ils parviennent à faire la différence tout seuls. Trop compliqués face à des mexicains bien décidés à la jouer vietcong qui ne laissent rien passer.

Le jeu n’est pas fermé mais la pauvreté technique des deux camps empêche de développer des actions qui pourraient mettre à mal les défenses. Il faut attendre les cinq dernières minutes de la première période pour voir la partie se débrider. C’est l’inoxydable jeu de tête de Bierhoff qui déclenche tout avec un coup de canon sur la barre suivi d’une frappe tendue de Tarnat sur laquelle Campos doit s’étendre. Le Mexique répond avec un face à face raté par Palencia qui n’a pas assez cru en sa frappe, trop dans les pieds de Kopke. 40 minutes d’ennui, 5 de folie. On espère repartir sur ses bases à la reprise.

Et nos prières sont exaucées puisque Hernandez ouvre le score moins de 120 secondes après le coup d’envoi. Sur une belle action individuelle dans la surface, le goleador mexicain signe son 4e but du Mondial et permet à son équipe de créer la sensation. C’est celui qui a mis le plus de couilles sur le terrain qui est récompensé jusqu’à présent et il n’y a pas scandale.
On attend une réaction allemande avec l’entrée de Moller dans le rôle de deuxième meneur au côté d’Hassler, trop dans la percussion et pas assez dans la vision. Mais on va surtout avoir le droit au tournant du match avec une incroyable double occasion ratée des mexicains.
Sur un contre bien mené, Arellano décroche une frappe croisée que Kopke repousse difficilement sur son poteau. Blanco a suivi et sert parfaitement Hernandez seul à 3m. Le buteur blondinet rate sa reprise et met le ballon directement dans les bras du gardien marseillais. Le Mexique ne le sait pas encore mais il vient de laisser passer sa chance de qualification.

Sans avoir repris véritablement le contrôle du jeu, l’Allemagne va réussir à égaliser sur la seule erreur défensive mexicaine. Lara rate son interception sur un centre de Kirsten, entré quelques secondes auparavant, et Klinsmann ne se fait pas prier pour marquer. Les allemands ont fait le plus difficile en réagissant dos au mur et vont dominer la fin de partie. Les mexicains ont pris un coup sur la tête et attendent désormais la prolongation pour se relancer. Mais elle ne viendra jamais. A cinq minutes de la fin, nouveau centre et c’est cette fois Bierhoff qui est à la reprise, de la tête bien évidemment, envoyant son coup de casque foudroyant dans la lucarne de Campos.

Comme face à la Yougoslavie, l’Allemagne est une miraculée mais l’Allemagne est qualifiée. Sans avoir briller, une fois de plus. Et le pire, c’est qu’en affrontant soit la Roumanie soit la Croatie, et sans sous-estimer ces deux équipes, nos amis allemands ont une réelle opportunité d’entrer dans le dernier carré de la compétition. Et vu leur niveau, ça serait vraiment vilain.

FEUILLE DE MATCH
2-1: Klinsmann (74′) Bierhoff (85′) – Hernandez (47′)
Stade de la Mosson, Montpellier
35.500 spectateurs
Arbitre: Monsieur Vitor Melo Pereira (Portugal)


ALLEMAGNE
.Kopke (5): Il a fait peur à tout le monde en relâchant la reprise de Bernal puis s’est bien repris sur le face à face avant la mi-temps. Pour le reste, solide, sans plus.

.Heinrich (4): Un symbole de son match: sur une possibilité de centrer, il s’arrête en pleine action, ayant perdu sa chaussure. Il a tout fait à l’envers. Remplacé par Moller (5.5) qui a remis de l’ordre au milieu avec sa touche technique.

.Worns-Babbel (5): Un match correct où ils auront tenu la paire adverse, usant parfois d’interventions durs sur l’homme. C’est de bonne guerre.

.Matthaus (5.5): Libéro puis milieu, le roi Lothar règne sur cette équipe sans jamais se mettre dans la lumière. Un peu trop facile quand même.

.Tarnat (5.5): Sa frappe de balle est une arme de tous les instants. Et il sait très bien s’en servir pour centrer en plus. Derrière rien à signaler, il a fait son travail.

.Helmer (4.5): Sorti sur blessure avant la mi-temps il ne paraissait pas dans un bon jour de toute façon. Remplacé par Ziege (5) qui a fait son petit match dans son coin, tranquillou.

.Hamann (5.5): Une heure pour se mettre en jambe avant d’arrêter les conneries et d’être la rampe de lancement de l’équipe. C’est lui le véritable baromètre.

.Hassler (4.5): Trop occupé à courir, il oublie de prendre le rythme du match à son compte. Ce qui dérègle complètement son équipe, forcément. Remplacé par Kirsten décisif sur son premier centre.

.Klinsmann (5.5): Il loupe tout dans le jeu mais dans la surface, il est injouable. Encore un but pour lui, le 11e de sa carrière en Coupe du Monde. Balaise.

.Bierhoff (6): Son meilleur pied, c’est sa tête. Cette phrase est conne mais terriblement vrai. Ses deux occasions, il se les crée à la force de son front et son but part à la vitesse d’une reprise de volée. C’est juste incroyable.

MEXIQUE
.Campos (5.5): Des envolées, des belles anticipations et une sortie à la pêche sur le second but. Du classique et du bon chez Jorge.

.Pardo (4.5): Il n’a pas réussi à tenir Tarnat qui venait pourtant de loin.

.Davino-Suarez (5.5): Des mecs qui n’hésitent pas à se sacrifier et à aller au mastic. Ils ont malheureusement craqué au pire des moments.

.Bernal (5): Il y a cette reprise insensée de 35 mètres puis cette envie de jouer de l’avant. Tout ce qu’on aime chez les sudaméricains. Mais les deux centres viennent de son aile

.Villa-Lara (6): La première lame défensive qui a tout coupé sur son passage. Si les deux buts allemands viennent des côtés, c’est parce que ça ne passait jamais dans l’axe avec ce duo d’artistes découpeurs.

.Garcia Aspe (5): Le capitaine a fait son match, ni plus ni moins. On attendait un peu plus quand même de lui devant.

.Palencia (4): Une dégaine d’acteur porno et un jeu footballistique assez pauvre. Le mec parfait si vous aimez vous foutre de la gueule des footballeurs. Remplacé par Arellano (5.5) bien plus percutant en moins de temps.

.Blanco (5): Son premier geste, ça a été son fameux coup du crapaud. Pour le reste, beaucoup de jérémiades, des coups, des provocations mais ce qu’il faut de lucidité pour se créer des occasions et en donner. Comme ce caviar non converti par Hernandez..

.Hernandez (5.5): Il y a son jeu dos au but, sa présence athlétique dans la surface et son but. Parfait. Mais il y a surtout cette deuxième occasion ratée, peut être la chose qu’on retiendra le plus de son Mondial malheureusement.

Cdm 98 Nigéria 1-4 Danemark: Les Danois Cueillent A Froid

danemark

Sensation de la phase de poule, le Nigéria avait rendez-vous avec son histoire pour disposer de bien palots danois jusqu’ici. Mais la vérité de l’élimination directe n’est pas la même.
En menant de deux buts dès la dixième minute, le Danemark s’est grandement facilité la tâche et obtient la première qualification en quart d’un Mondial de son histoire.

Car oui, il ne fallait pas arriver en retard au Stade de France ce soir. Alors qu’on attendait un départ tonitruant des favoris nigérians, Moller décoche une frappe limpide à l’entrée de la surface sur une remise en retrait parfaite de Michael Laudrup. Une frappe, un but et le Nigéria est cueilli à froid. Tant et si bien que les dix premières minutes sont tout à l’avantage des scandinaves. On ne reconnait pas l’insouciance des Okocha, Lawal et Finidi, trop paralysés par l’enjeu. Le Danemark n’en demandait pas tant et ne se fait pas prier pour doubler rapidement la mise. Sur un coup franc tendu de ce bourrin de Moller, Ruffai repousse très mal et permet à Brian Laudrup de reprendre facilement. Le K.O avant le quart d’heure, qui aurait pu l’imaginer, surtout dans ce sens ?

La suite est logique, les danois se contentent d’attendre sagement, procédant en contre et laissent le jeu aux nigériens. Ce qui leur permet de sortir la tête de l’eau et d’enfin se mettre au niveau. Surtout un homme, Augustine « JayJay » Okocha, joueur frisson par excellence qui, sur chaque prise de balle, est capable de créer un geste, une situation, une frappe dont lui seul a le secret. Tout seul, le meneur de Fenerbahce va mettre un peu de folie dans la défense viking, bien en place cependant. Quand Kanu se présente seul face à Schmeichel, le portier mancunien a la main solide pour ne pas se faire prendre sur le crochet. Le reste du temps, il y a toujours un défenseur pour intervenir, que ce soit dans les airs ou au sol.
Alors oui le Nigéria est de nouveau dans la partie mais est bien incapable de marquer jusqu’ici. La statistique est cruelle mais frappante. A la mi-temps, les champions olympiques d’Atlanta ont frappé 11 fois et attrapé le cadre à une seule reprise. En face c’est 5 tirs, 4 cadrés et 2 buts. A ce niveau là, ça ne pardonne pas.

Et si le Danemark a laissé venir pendant la demie-heure avant la pause, il va repartir de l’avant à la reprise pour prendre définitivement son envol. De nouveau dominateur, il faudra tout de même attendre une action de génie à l’heure de jeu pour noyer le Nigéria jusqu’au bout. Michael Laudrup voit Ebbe Sand, tout juste entré en jeu partir dans la profondeur et le sert sur une louche géniale. Le grand attaquant contrôle de la tête pour effacer West et envoie sa demie-volée au ras du poteau. Et un, et deux, et trois. C’est limite trop facile.
La suite, c’est un contrôle total, des ailes de pigeon, des talonnades et un quatrième but sur une énième bévue de Ruffai. Le gardien remplaçant de La Corogne n’arrive décidément pas à bloquer un ballon et ça profite à Helveg, le neo milanais.
Pour l’honneur Babangida réduira le score dans la foulée mais le mal est fait. La douche est froide, très froide pour le Nigéria, sans doute un peu grisé par toutes les spéculations faites à son encontre avec certains spécialistes leur prédisant une possible place dans le dernier carré sans trop regarder leurs énormes failles défensives. C’est dommage, car on aimait ces Super Eagles et son football total. Trop total peut être.

Plus solide, plus collectif, plus tueur, le Danemark se qualifie donc pour les quarts de finale et affrontera le Brésil à Nantes la semaine prochaine. Avec de nouveau un statut d’outsider. Ce qui ne devrait pas les gêner, bien au contraire.

FEUILLE DE MATCH
4-1: Moller (2′) B.Laudrup (11′) Sand (60′) Helveg (76′) – Babangida (77′)
Stade de France, St Denis
80.000 spectateurs
Arbitre: Monsieur Urs Meier (Suisse)


NIGERIA

.Ruffai (1)
: Le point faible de cette équipe depuis le début de la compétition, tout le monde est d’accord. Et ce soir, deux des quatre buts sont pour lui où il relâche des ballons par forcément compliqués. A ce niveau, ce n’est juste pas possible.

.Adebpoju (4): Impérial en phase de groupe, il n’a pas été au niveau ce soir. Pas assez tranchant dans les duels, trop souvent effacé par Brian Laudrup et consorts, il a coulé avec ses copains de l’axe défensif.

.Uche (3): Lui non plus n’a pas été bon et a tout raté dans son rôle de stoppeur et leader derrière. Le premier a avoir coulé derrière.

.West (4.5):  Dans les duels, c’est un monstre et il a une technique au-dessus du lot. Reste ces sauts de concentrations et cette fantaisie rédhibitoires dans une telle compétition.

.Babayaro (5.5): Le seul à surnager derrière. Les danois ont vite compris qu’ils ne passeraient pas sur cette aile-ci et ont surtout du le contenir dans ses assauts offensifs. Une belle gueule de milieu quand même..

.Oliseh (4): Lui aussi est responsable de la faillite collective, n’ayant jamais régulé le jeu et les récupérations comme il l’avait si bien fait auparavant. A sa décharge, il n’a pas franchement été aidé.

.Finidi (5): Il a du ballon mais joue trop par intermittence, dommage.

.Lawal (5): Une bonne entente avec Babayaro sur le côté gauche, les principales attaques nigérianes viennent d’eux et donc de lui. Une technique frustre mais de l’envie et un gros physique. Remplacé par Babangida buteur pour l’honneur.

.Okocha (7.5): Ok il en fait trop mais c’est un régal pour les yeux. Il voit tout avant tout le monde et quand il n’a pas de solutions, en invente une improbable. Le seul capable de mettre le feu dans la défense danoise ce soir.

.Kanu (3): La grande tige a quasiment tout raté et notamment ce duel face à Schmeichel qui aurait pu relancer le match. Remplacé par Yekini.

.Ikpeba (3): On a pas plus vu le serial buteur de la sélection, excellemment pris par la patrouille adverse.

DANEMARK
.Schmeichel (6)
: Il a surtout eu du travail dans les airs, son domaine de prédilection où il n’a aucun concurrent. Et puis cette anticipation et cette main ferme face à Kanu. Impeccable.

.Colding (5): Pas un esthète, une sorte de Thuram à la sauce danoise. De l’envie donc et un combattant de tout les instants.

.Rieper (6): Très solide, il a tenu tête à Kanu dans le duel aérien et ce n’est pas une mince affaire.

.Hogh (6.5): Comme son acolyte, il a fait dans le solide. Impérial dans tous les domaines, il a éteint tout ce qui se présentait face à lui.

.Heintze (5.5): Comme Colding, mais avec un apport offensif un peu plus intéressant et consistant.

.Helveg (6.5): Libéro du milieu de terrain, le futur joueur du Milan AC a gratté du ballon et a été récompensé de son travail de fourmi par un but.

.Nielsen (5.5): Vu le travail abattu par Helveg, il a passé une soirée assez agréable. Pas fainéant pour autant, colmatant les brèches quand il le fallait.

.Jorgensen (5): Le jeune Jorgensen a fait un gros début de match, n’hésitant pas à prendre son côté droit, avant de disparaitre au fil de la partie.

.Michael Laudrup (8): La réponse du vieux capitaine. Deux passes décisives dont une deuxième de toute beauté et une vision du jeu hors-norme. Un grand match d’un grand joueur.

.Brian Laudrup (6.5): Il n’arrête jamais d’arpenter tout le front de l’attaque, un véritable poison. Et ce but de renard qui tue le match avant le quart d’heure de jeu.

.Moller (7): Un physique de bûcheron et la frappe qui va avec. Un premier but caractéristique du joueur avant d’être décisif sur le second où Ruffai a du mal à repousser. Il a pesé durant une heure, avant de laisser sa place à Sand (6.5) qui a pu en profiter immédiatement avec ce magnifique troisième but où son enchainement contrôle de la tête + frappe de demie volée est un modèle du genre.