France 3-0 Brésil : les Bleus au firmament

Retro France 1998 - Mondial -Coupe du Monde

Comme le dit si bien La Marseillaise «  le jour de gloire est arrivé ». Deux jours avant la fête nationale, l’équipe de France pouvait avancer la fête de 48h. Pour cela, battre le Brésil en finale de Coupe du Monde était obligatoire. Dans un Stade de France plein à craquer et tout de bleu vêtu, les Tricolores avaient fort à faire face à des Brésiliens quadruples champions du monde. Finalement, le spectacle a donné rendez-vous à l’histoire pour voir gagner les Bleus sur un score sans appel de 3-0. Zinédine Zidane par deux fois et Emmanuel Petit permettent à l’équipe de France de rentrer au firmament du football mondial.

D’un côté la France, pays organisateur au parcours d’abord facile puis plus chaotique dès les huitièmes de finale, de l’autre le Brésil, favori qui a peiné à plusieurs reprises avant de se retrouver logiquement en finale. Le duel s’annonçait équilibré, la ferveur du public faisant toutefois pencher l’aiguille de la victoire côté français. Les compositions, elles, étaient sans surprises. Aimé Jacquet devait faire sans Laurent Blanc, expulsé face à la Croatie et remplacé poste pour poste par Franck Leboeuf. Le reste de l’équipe était le même que contre les Croates. Autant dire l’équipe-type avec Barthez dans les buts, Thuram et Lizarazu respectivement latéral droit et gauche accompagnés de Desailly et Leboeuf dans l’axe. Devant eux, un milieu défensif à trois composé de Deschamps, Petit et Karembeu. Les deux derniers étant légèrement excentrés. Offensivement, la France pouvait compter sur ses maîtres à jouer Zidane et Djorkaeff ainsi que sur le mystère de cette Coupe du Monde Stéphane Guivarc’h. De son côté, Zagallo récupérait Cafu. Le Romain côtoie ainsi Taffarel, Baiano, Aldair, Roberto Carlos, César Sampaio, Dunga, Leonardo, Rivaldo, Bebeto et Ronaldo.

Sous les yeux de millions de téléspectateurs, de 80 000 spectateurs dont Jacques Chirac, Michel Platini et Joao Havelange, le coup d’envoi pouvait être donné. Après les hymnes nationaux chantés à pleins poumons.

Et dès le début de la rencontre, on allait en avoir pour notre argent. Emmené par un Deschamps omniprésent, les Français exerçaient un pressing incessant, à tel point que les Brésiliens étaient rapidement étouffés. La première occasion, elle, n’allait pas tarder à faire son apparition. C’est Stéphane Guivarc’h qui en eut l’honneur à la 4ème minute mais le Breton, en bout de course, ne trompait pas Taffarel avec sa frappe trop molle. Les efforts français ne faisaient alors que commencer et trois minutes plus tard Youri Djorkaeff aurait lui aussi pu ouvrir le score s’il n’avait pas pris le ballon de l’épaule. Le jeu était alors bien léché, les attaques parfaitement construites. Les deux équipes se livraient même à des successions de passes que l’on aime voir en finale d’une grande compétition.

Après une domination tricolore, ce fut au tour des Brésiliens de garder la balle et de se procurer des occasions. Cependant ni Roberto Carlos, ni Ronaldo, ni César Sampaio ne trompèrent un Fabien Barthez des grands soirs. Le Brésil a laissé passer sa chance. Ce que ne fera pas l’équipe de France. Car à la 27ème minute, Zinédine Zidane mettait son premier coup de casque imparable. La genèse du but ? Un corner concédé par Roberto Carlos et magnifiquement bien tiré par Emmanuel Petit côté droit. Défait du marquage de Leonardo, Zizou pouvait ouvrir le score d’une tête décroisée. Un frisson parcourt le stade et c’est l’explosion. La France est en position de gagner en Coupe du Monde. Dans SA Coupe du Monde. Mais le plus dur restait à faire, ne pas reculer, ne pas subir. Trois minutes après le but, on assistait à l’image de cette compétition, le téléscopage entre Fabien Barthez et Ronaldo, le premier sortant à l’encontre du second et lui passant au dessus. Une petite occasion brésilienne donc avant une frappe trop molle de Bebeto à la 39ème minute. C’était à peu près tout pour ce qui est du Brésil. L’équipe de France, de son côté, était encore la plus dangereuse. Youri Djorkaeff suite à une série de dribbles et d’accélérations et Emmanuel Petit après un contrôle poitrine et une volée n’inquiétaient pas Taffarel. La tête dans le guidon, le Brésil attendait alors impatiemment la fin de la première période.

C’était sans compter sur l’entêtement français. Et la 45ème minute allait être synonyme de consécration. Après une succession de corner, un coup de pied de coin tiré de la gauche par Djorkaeff finit par être décisif. Si le passeur a changé, le buteur, lui, porte toujours le même nom. Zinédine Zidane. Définitivement le héros de la soirée. Cette fois-ci, son coup de tête rageur viendra périr dans les filets après être passé entre les jambes de Roberto Carlos. L’équipe de France était sur la voie royale. La Coupe leur tendait les bras.

Said Belqola, l’arbitre marocain, sifflait la deuxième mi-temps à 22 heures pétantes. Juste après avoir noté le changement de Zagallo. Un changement offensif puisque le feu-follet Denilson remplaçait Leonardo. Cela semblait porter ses fruits. Effectivement, le Brésil entrait mieux dans cette seconde période. Une chose qui ne plaisait pas à Marcel Desailly qui n’aura attendu que deux minutes avant de prendre un carton jaune pour contestation. Plus con, tu meurs. Mais on lui pardonne d’autant plus qu’il a su tenir sa défense face aux assauts répétés de Ronaldo et de Bebeto bien suppléé par son gardien Fabien Barthez qui empêchait le premier nommé de marquer en stoppant une belle frappe sans angle. Les Bleus étaient alors dans le dur et les encouragements répétés ne changeaient rien. Car en face, les Brésiliens monopolisaient le ballon, un ballon que les Français n’arrivaient pas à garder lorsqu’il était en leur possession. Fort heureusement, les coéquipiers de Dunga ne parvenaient pas à véritablement être dangereux offensivement. C’est même Guivarc’h qui se procura une action dangereuse mais sa reprise atterrit au dessus, alors qu’il était seul face à Taffarel… Le Brésil restait ainsi à porter de main. Le suspense était encore entier.

Et celui-ci se renforça après l’expulsion de Marcel Desailly pour un tacle non-maîtrisé sur Cafu dans le camp brésilien. Le défenseur laissait ses partenaires à 10 contre 11 et continuait la malédiction des défenseurs centraux français. Après Laurent Blanc en demie-finale, Marcel Desailly en finale. Comme contre la Croatie, cette expulsion n’allait rien changeait à la physionomie du match. Solidaires, bien regroupés et survoltés par l’environnement et l’événement, les joueurs de l’équipe de France ne lâchaient rien. D’autant plus que les Auriverde laissaient désormais un peu plus couler entraînant ainsi un long temps mort d’environ quinze minutes entre la 69 et la 82ème minute. La 82ème minute aurait pu être celle du 3-0, celle de la victoire assurée mais la maladresse de Christophe Dugarry, remplaçant de Guivarc’h, en décidait autrement. De l’autre côté, la maladresse était aussi au rendez-vous, ou plutôt la malchance. Comme quand Denilson vit sa frappe croisée sans angle être détournée par la transversale d’un Barthez complètement battu. Il restait alors deux minutes de temps additionnel et tout un pays retenait son souffle. C’est le moment choisi par Rivaldo pour tirer de loin. Le moment choisi par Barthez de la détourner en corner. Le moment choisi par Denilson pour louper son coup de pied de coin. Le moment choisi par Dugarry et Vieira pour remonter parfaitement le ballon. Et enfin le moment choisi par Emmanuel Petit pour clore la marque d’une frappe croisée pleine de sang-froid. 60 millions de Français pouvaient exulter, pleurer, se prendre dans les bras et chanter ET 1 ET 2 ET 3 ZEROS ! Après avoir vécu ça, on peut mourir tranquille, comme l’a si bien dit le penseur Thierry Roland. La France Black-blanc-beur a triomphé de la machine de guerre que représentait le Brésil. Wallah c’est trop kiffant reunoi !

FRANCE

Barthez 7/10 : la spectacularité au profit de l’efficacité. S’il n’a pas eu énormément d’arrêts à réaliser, Barthez a effrayé les Brésiliens en sortant très loin de sa ligne de but et en faisant parler ses réflexes.

Lizarazu 6/10 : de son côté, le danger venait de Cafu. Après match, le bilan est favorable au Français qui ne s’est pas trop fait déborder par le Brésilien. Quelques extérieurs du pied imprécis mais sa combativité fait pencher la balance en sa faveur.

Desailly 8.5/10 : c’est le pilier du pont de l’Alma : ceux qui viennent le percuter périssent. Solide, il a coupé court à toutes les tentatives d’attaques auriverde. Malheureusement une contestation et un tacle maladroit en position d’attaquant viennent ternir sa magnifique prestation. Fort heureusement, ce carton rouge ne le pénalisera pas et l’histoire retiendra que Marcel Desailly fut le meilleur défenseur de cette coupe du monde.

Leboeuf 6/10 : le complément parfait de Desailly. Des tacles qui font du bien et un travail consistant à ramasser les miettes laissées par son coéquipier. Par ailleurs, il a bien tenu la baraque quand la France jouait à 10 contre 11.

Thuram 6.5/10 : jamais dépassé, le héros de la demie-finale a mis du cœur à l’ouvrage. Sans buts cette fois-ci mais avec une assise défensive extraordinaire.

Deschamps 7.5/10 : un début de rencontre extraordinaire où il a plus ratissé que le jardinier du Château de Versailles. DD a régné au milieu de terrain, si quelqu’un veut monter sur le trône des récupérateurs, il devra s’asseoir sur ses genoux. Plus discret mais tout aussi efficace en deuxième période, sans doute son carton jaune qui l’a calmé.

Karembeu 4/10 : les Calédoniens sont, de nature, plus faibles que les Français pures couches alors en finale de Coupe du Monde c’est encore pire. Sans doute traumatisé par la pression qu’il n’avait plus connu depuis sa tournée dans les cirques d’Europe en tant que cannibale au début du siècle, Karembeu a fait trop de mauvais choix et de mauvaises passes. Le joueur le plus faible de cette équipe de France. Logiquement remplacé à la 57ème minute par Alain Boghossian, qui comme tout bon Arménien, se voit en haut de l’affiche.

Petit 7/10 : il a trimballé sa crinière au milieu de terrain mais aussi et surtout devant. Auteur de la première passe décisive pour Zidane, il conclut la marque et permet ainsi à toute la France de chanter en choeur « Et 1 et 2 et 3 zéros ».

Zidane 10/10 : l’homme du match. L’homme que toute la France va désormais aduler. L’homme qui verra les maillots à son nom se multiplier indéfiniment. L’homme qui a marqué deux buts de la tête en finale de Coupe de France. L’homme qui a torturé les Brésiliens par ses prises de balles et ses dribbles. L’homme de cette Coupe du Monde.

Djorkaeff 7.5/10 : quelle classe ! Quelle vista ! Bien pris au marquage et serré dans l’étau du milieu brésilien, Djorkaeff s’en est sorti la plupart du temps. Les éliminations et les passes dans un petit périmètre ont constitué son pêché mignon. Et nous, bien sûr, on fond. Passeur décisif pour Zidane, le fils de Jean vient encore un peu plus inscrire le nom des Djorkaeff dans l’histoire du foot français. Remplacé à la 76ème minute par Patrick Vieira qui pourra dire qu’il était sur le terrain ce 12 juillet. Surtout qu’il a délivré l’ultime passe décisive à Petit.

Guivarc’h 10/10 : sans doute la seule fois dans sa carrière qu’il aura un 10/10, d’autant plus qu’il ne le mérite pas mais putain on s’en fout on est champion du monde ! On ne retiendra donc pas ses trois occasions en or lamentablement foirées ni l’obtention du corner qui amène le deuxième but de Zidane. Remplacé par Christophe Dugarry à la 66ème minute qui a joué en dilettante, comme s’il s’en branlait. En témoigne son occasion toute faite totalement loupée.

BRESIL

Taffarel 5/10 : la note est sévère sachant qu’il n’a eu aucun arrêt à faire mais au final il se prend trois buts. Le dure loi d’être gardien de but.

Roberto Carlos 5.5/10 : toujours très offensif, Roberto Carlos n’a pas été couronné de succès. Ses centres ou ses coups-francs n’ont pas trouvé preneurs alors que défensivement il n’a pas été dans son meilleur jour.

Aldair et Baiano 5/10 : on les a senti patauds bien qu’ils aient fait le nécessaire face à Guivarc’h. Pour faire simple, on va dire qu’ils se sont mis au niveau de l’attaquant français.

Cafu 6/10 : de la vitesse, des courses et un gros moteur. Cafu n’est pas un Dragster mais presque. De retour après son absence en demie-finale, le latéral de l’AS Rome a apporté un peu de fraîcheur et de disponibilité à son équipe. Le camp français fut son terrain de prédilection. En vain.

Dunga 5.5/10 : du boulot à la récupération surtout face à Zidane et Djorkaeff. Et il s’en est plutôt bien sorti.

Sampaio 5/10 : une finale passée dans l’ombre. Remplacé par Edmundo à la 74ème minute qui a juste eu le temps de pousser une gueulante.

Leonardo 4/10 : démissionne de son poste après une première période calamiteuse qui l’a vu ne pas être au marquage sur Zidane sur le premier but et ne pas être actif offensivement. Remplacé à la 46ème minute par Denilson 6/10 qui a tout de suite apporté sa folie avec ses dribbles. Avec deux occasions, il fut le Brésilien le plus dangereux de la seconde période.

Rivaldo 6.5/10 : on le connaissait dans le registre des dribbles personnels mais en ce 12 juillet, il a privilégié les transversales et les changements d’ailes. Ce qui n’a pas empêché le Brésilien de faire tourner la tête aux défenseurs tricolores.

Bebeto 4/10 : comme en demie-finale, Bebeto n’a rien branlé. Enfin il n’a rien réussi plutôt.

Ronaldo 4/10 : un fantôme. Le mystère est complet après ce match terne du meilleur joueur de ce Mondial. Pas sur la feuille de match à une heure du coup d’envoi, Ronaldo est réintégré à l’équipe trente minutes plus tard. La faute à une hospitalisation d’urgence la veille suite à une dystonie neurovégétative. Finalement, sa présence n’aura pas changé grand chose tant il n’aura pas pesé sur Desailly et compagnie. Un match à oublier pour ce joueur qui aura marqué quatre buts et fini meilleur passeur du tournoi.

Maintenant, rendez-vous dans deux ans pour l’Euro en Belgique et aux Pays-Bas.

Merci de nous avoir suivi.

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Brésil 1-1 Pays-Bas (4-2 tab) : un goût d’amer

Brésil PB

Des rires et des larmes. On savait bien avant le coup d’envoi que les émotions post-match seraient celles-ci. Après 120 minutes et une séance de tirs au but intenses, on sait enfin à qui les relier. Aux Brésiliens les rires, aux Hollandais les larmes. Le Brésil est qualifié pour la finale de la Coupe du Monde, sa deuxième consécutive après 1994.

Pour se qualifier, le Brésil a du s’employer. Organisé en 4-4-2, comme à son habitude, le Brésil pouvait compter sur son équipe-type pour contrer des Oranje emmenés par les frères De Boer. Et dès le début du match, on a pu voir deux équipes sans complexes. Le fameux round d’observation si présent dans certains grands matchs n’avaient, cette fois-ci, pas lieu. Brésiliens et Hollandais exerçaient un pressing haut et sans relâche. Du coup, les joueurs perdaient vite le ballon, ce qui allait forcément nuire au rendement offensif. En effet, les occasions se faisaient rares et seuls les hommes de Guus Hiddink se montraient un tant soit peu dangereux. Philip Cocu lançait ainsi la première banderille avec une tête au dessus. Le Brésil était prévenu. Leur réveil ne se fit pas attendre. Tout d’abord, c’est Ronaldo qui se montra inquiétant mais Jaap Stam étalait son corps de tout son long pour contrer la frappe du Brésilien. Un réveil un peu trop timide qui n’impressionnait pas les Hollandais. Ainsi Zenden et Kluivert se chargeaient des attaques néerlandaise. Le premier centrait, le deuxième coupait de la tête. Une action récurrente qui représentait le danger principal pour la défense brésilienne pas si sereine que cela. La dernière frayeur de la première mi-temps venait d’ailleurs d’un centre sur lequel Kluivert posa sa tête. Juste au dessus de la transversale.

Taffarel pouvait souffler, ses coéquipiers aussi. Malmenés par des Hollandais entreprenants et au dessus collectivement, les Brésiliens allaient enfin pouvoir se reposer. Et force est de constater que la mi-temps leur fut des plus bénéfique. Car seulement 22 secondes après le coup d’envoi de la seconde période, Ronaldo trompait Van Der Sar. Magnifiquement bien servi par Rivaldo, l’attaquant de l’Inter Milan contrôlait parfaitement, résistait au retour de Cocu et pouvait ouvrir le score. Pas forcément mérité. La réaction d’orgueil des Oranje n’allait pas se faire attendre. Dès la 52ème minute, Taffarel sauvait les siens après une reprise à bout portant d’un Hollandais qui faisait suite à une succession de corners. Ce bon début de deuxième période allait pourtant vite laisser place à un gros temps mort pendant lequel les deux équipes se montraient incapables de se procurer des occasions. Pour sortir de la torpeur, on pouvait seulement compter sur les frappes lointaines des attaquants des Pays-Bas. Kluivert, Cocu ou Zenden s’y essayait en vain. Il faut dire qu’il était impossible pour eux de s’approcher plus près. La faute à une défense du Brésil bien regroupée qui voulait à tout prix garder ce score de 1-0. Dans cette domination hollandaise, seul Rivaldo tirait son épingle du jeu avec une double occasion à bout portant. Malheureusement pour lui, Van Der Sar brillait par ses réflexes et sa main ferme. On se dirigeait donc vers une victoire du Brésil lorsque Kluivert de décida de cadrer. Et mieux, de marquer. Sur un centre de Ronald de Boer, Kluivert plaçait une tête parfaite pour tromper un Taffarel battu. 1-1 à la 85ème minute. La prolongation devenait maintenant évidente. Et celle-ci allait répondre à nos attentes avec de l’intensité et des occasions. Ce qui manquait en deuxième période. Ronaldo, Van Hooijdonk, Zé Roberto et Kluivert étaient dangereux les uns après les autres mais à chaque fois les gardiens, les défenseurs ou la maladresse empêchaient le ballon de rentrer dans les filets. C’était flagrant : les deux équipes voulaient éviter la séance de tirs aux buts. Pourtant la fatigue allait les rattraper et la deuxième période des prolongations se transformait vite en calvaire pour des joueurs déjà exténués de tous les efforts donnés. Le stade Vélodrome de Marseille allait donc assister à une séance de tirs au but. Plus expérimentés et la tête froide, les Brésiliens survolèrent cette séance grâce à des réalisations de Ronaldo, Rivaldo, Emerson et Dunga alors que de leur côté seuls Franck De Boer et Dennis Bergkamp réussissaient leur tir au but. Cocu et Ronaldd De Boer, eux, échouaient. Le Brésil se qualifiait donc dans la joie 4-2 aux tirs au but. Cruel pour les Pays-Bas qui méritaient un meilleur sort. Les Auriverde affronteront en finale la France ou la Croatie le 12 juillet. Une rencontre qui on le sait, sera inédite à ce stade de la compétition.

BRESIL

Taffarel 7/10 : des arrêts réflexes de grande classe et deux tirs au but stoppés. Ce que tout un peuple lui demandait, il l’a réalisé.

Zé Robert 3/10 : le Brésilien le plus en difficulté ce soir. Dépassé par la vitesse de Zenden, il n’a jamais pu l’empêcher de centrer. A part en faisant des fautes. Par ailleurs, il fut tout aussi maladroit offensivement.

Junior Baiano, Aldair et César Sampaio 6/10 : tout d’abord maladroits -ils se sont partagés quelques bourdes- les deux défenseurs se sont ensuite repris pour nous montrer le meilleur d’eux-mêmes.

Dunga 6/10 : on l’a beaucoup moins vu que son homologue Cocu mais force est de constater que c’est bien le Brésilien qui a remporté son duel à distance. Il a même réussi son tir au but.

Leonardo 5/10 : l’action de lui que l’on a préféré c’est lorsqu’il souffrait, allongé par terre ou dans la civière qui l’a accompagné hors du terrain. Le reste du temps, il a su trouver les espaces que personne d’autre ne trouvait. Remplacé par Emerson à la 85ème minute. Son fait de match : son tir au but marqué.

Rivaldo 6.5/10 : on attend de lui qu’il fasse des différences personnelles. Il les a faite mais on a du attendre plusieurs minutes avant d’assister à ses fameux passements de jambes. Une fois lancé par contre, plus personne n’a pu l’arrêter et ces accélérations ont laissé des plaies béantes dans la défense néerlandaise. A noter sa magnifique passe décisive pour Ronaldo et son tir au but bien tiré.

Bebeto 4/10 : pas de célébration de but en balançant les bras pour le Brésilien. Et pour cause, Bebeto ne s’est même pas procuré une occasion. Bien trop discret pour peser sur la défense adverse. Vite remplacé par Denilson (5.5/10) qui a lui aussi brillé par ses passements de jambe.

Ronaldo 8/10 : l’homme du match. S’il est tout d’abord redescendu très bas pour récupérer le ballon, Ronaldo a ensuite pris la profondeur pour le plus grand malheur de De Boer et cie. Toujours à la limite du hors jeu, toujours prêt à bondir, il a fait parler sa vitesse, sa technique et sa robustesse. Son but et son tir au but réussis viennent récompenser son énorme prestation.

PAYS-BAS :

Van Der Sar 6.5/10 : jeu au pied + arrêts réflexes : tel fut son boulot pendant 120 minutes. Mais il n’a rien pu faire lors de la séance fatidique face à des brésiliens exceptionnels de facilité.

Reiziger 4/10 : un match loupé, tout simplement. Son remplaçant Aaron Winter n’a pas trouvé la foi pour faire mieux. 4/10 aussi.

J. Stam 5.5/10 : sa grande taille a été intéressante sur les coups de pieds arrêtés mais elle a surtout été un frein face à la vitesse de Ronaldo.

F. De Boer 7/10 : sans lui, pas de prolongations mais une défaite sèche. En effet, il a réalisé d’énormes retours in extremis salvateurs. Il a même sauvé sur sa ligne une occasion brésilienne. En plus, il marque son tir au but.

W. Jonk 4/10 : les latéraux n’ont décidément pas été à la fête. Le maillon faible, c’est lui. Remplacé à la 111ème minute par Clarence Seedorf. Un changement offensif qui n’a rien apporté.

R. De Boer 4.5/10 : le contraire de son frère. Si Franck s’est montré indispensable, Ronald n’était pas dans un bon jour. A part sa passe décisive pour Kluivert, De Boer n’a pas été extraordinaire, loin de là. Comble de son match raté, il loupe le tir au but qui aurait permis  à son pays de ne pas être éliminé.

E. Davids 5/10 : on pouvait s’attendre à plus et à mieux du milieu de terrain.

P. Cocu 6/10 : devant, derrière, au milieu, on l’a vu partout. Mais partout, la réussite l’a fuit. Même lors de la séance de tir au but.

B. Zenden 7/10 : une activité digne des plus grands sur son côté gauche. Zé Roberto a souffert le martyr face à la vitesse de Zenden. Ses centres ont aussi été la source des principales actions hollandaises. Remplacé à la 75ème minute par Pierre Van Hooijdonk qui se sera crée quelques petites occasions. 5/10.

D. Bergkamp 5/10 : dans l’ombre de Patrick Kluivert. C’est quand même incroyable de dire ça.

P. Kluivert 7.5/10 : à la réception de TOUS les centres. Son jeu de tête a fait des merveilles et lui a même permit d’égaliser. Par contre, son jeu au sol ne fait pas d’envieux.

Cdm 98 Allemagne 0-3 Croatie : ils y croient, si.

Croatie Allemagne

Dernier quart de finale, Allemagne-Croatie a fait honneur à cette Coupe du Monde avec des buts, du spectacle, des tacles et des cartons. Une rencontre spectaculaire qui a débouché sur une surprise : la victoire de la Croatie.

Pourtant en début de match, ce sont bien les Allemands qui dominent. Les Blancs ont la possession de balle, pressent les Croates qui sont terrés dans leur camp mais n’obtiennent des occasions que sur coup de pied arrêté. Mais à plusieurs reprises, corners, ou encore coups-francs directs ou indirects finiront leur course loin du but d’un Ladic pas si inquiété que cela. Il faudra attendre la 21ème minute pour que les premières sueurs froides se fassent ressentir dans la surface croate mais la tête d’Hamann, suite à un coup-franc bien sûr, terminait peu au dessus du but. À ce moment-là, les joueurs de Blazevic ne semblaient rien pouvoir faire face à l’armada allemande. C’était sans compter sur la rébellion croate. Celle-ci se symbolisa par la première frappe des bleus et rouges par l’intermédiaire d’Asanovic à la 32ème minute mais le tir du Napolitain était trop molle et trop lointaine pour véritablement inquiéter Kopke. Six minute plus tard, rebelote. Asanovic, encore lui, voyait son coup-franc de 35 mètres terminait largement au dessus. Quelques instants plus tard, on assistait à un coup de théâtre, au tournant du match. Pour une semelle appuyée sur Davor Suker qui faisait suite à un coup de coude aérien plus tôt, Christian Worns était expulsé par Rune Pedersen. Un coup dur pour les Allemands et pour celui qui a récemment signé un contrat avec le Paris-Saint-Germain. Jusque là dominatrice, la Mannschaft voyait son avance fondre, si bien que la Croatie prenait le contrôle du match et allait même ouvrir le score grâce à une frappe croisée de Jarni en dehors de la surface. L’Allemagne était punie. La Croatie, récompensée.

Lorsque Pedersen siffla la fin de la première période, les Croates gagnaient donc 1-0 grâce à un but à la 45+3. Mais cela ne leur suffisait pas. Dès le retour des vestiaires, la Croatie se remettait au charbon face une Allemagne à 10 et Zvonimir Boban en profitait pour tenter de marquer. La reprise du joueur du Milan AC passait de peu au-dessus. Piqués au vif, les Allemands ripostaient tant bien que mal. Oliver Bierhoff était même tout proche d’égaliser suite à une reprise de volée de l’intérieur du pied mais le gardien Ladic veillait au grain et sortait le grand jeu pour stopper cette frappe à bout portant. Cette occasion allemande fut la dernière du match. Car à partir de ce moment-là, la Croatie n’allait plus lâcher le ballon. Malheureusement ni Suker à la 56ème minute, ni Vlaovic à la 70ème ne trouvaient le chemin des filets. De son côté, la Mannschaft essayait, en vain, d’attaquer par les ailes. En vain, puisque ce sont bien les joueurs des Balkans qui doublèrent la mise à la 80ème minute grâce à Vlaovic. Le deuxième but croate était une copie conforme du premier, une frappe croisée hors de la surface, de l’autre côté cette fois-ci. Le coup de massue pour les Allemands et un nouveau coup de boost pour les Croates. En effet, cinq minutes plus tard, Suker coulait définitivement ses adversaires avec le troisième but de la soirée après un petit numéro personnel. Et 1, et 2 et 3-0 avons-nous envie de dire. Pour sa première participation à une Coupe du Monde, la Croatie créé donc la surprise en se qualifiant pour les demies-finales. Le prochain match sera contre la France, un match piège pour nos tricolores.

FEUILLE DE MATCH
0-3: Jarni (45′), Vlaovic (80′) Suker (85′)
Stade Gerland, Lyon
43.300 spectateurs
Arbitre: Monsieur Rune Pedersen (Danemark)

ALLEMAGNE

A. Kopke 5/10 : tranquille jusqu’à la 40ème minute, il a ensuite du s’employer…pour aller chercher les trois ballons dans ses filets.

C. Worns 0/10 : des fautes bêtes et méchantes qui l’ont conduit à l’expulsion. Si l’Allemagne a perdu, c’est en grande partie de sa faute.

J. Kohler 5.5/10 : si l’Allemagne n’avait pas pris trois buts, il aurait fait un gros match.

L. Matthaus 5.5/10 : une bien triste fin et un bien triste dernier match pour sa carrière internationale.

J. Heinrich 4/10 : si Worns est coupable de s’être fait expulsé, Heinrich, lui, est coupable sur les buts croates.

T. Haessler 5/10 : il n’a pas trouvé le point G, Haessler. Remplacé comme un symbole à la 69ème minute par un Kirsten qui n’a pas fait le poids.

J. Jeremies 6/10 : une activité digne d’un grand joueur. A gauche, à gauche, reculé ou avancé, on a vu le maillot Jeremies aux quatre coins du rectangle vert.

D. Hamann 5.5/10 : une grosse occasion, quelques coups de pieds arrêtés mais rien de transcendant.Remplacé à la 79ème minute par O. Marschall qui a donc assisté en place VIP aux deux buts croates.

M. Tarnat 6/10 : voyant bien que ses frappes lointaines ne fonctionnaient pas, il a tenté de passer sur les côtés. Sans réussite.

J. Klinsmann 5/10 : le capitaine n’a pas été à la fête aujourd’hui. Même s’il a beaucoup décroché, il n’a rien créé et encore moins conclu.

O. Bierhoff 6.5/10 : une vraie petite catin. Accrocheur, truqueur, simulateur, il a surtout failli se muer en buteur. Mais pour cela il aurait fallu des buts plus grands et un gardien moins talentueux. Son jeu de tête a encore et toujours fait des ravages sinon.

CROATIE

D. Ladic 7/10 : un arrêt décisif sur une reprise de Bierhoff qui empêche l’Allemagne d’égaliser.

I. Stimac 7/10 : sans doute l’un des meilleurs croates sur le terrain. D’une solidité extrême.

S. Bilic 6/10 : une coupe de cheveux de FDP, une boucle d’oreille de FDP et un jeu de FDP.

A. Asanovic 6.5/10 : le plus dangereux des Croates lorsque les Allemands dominaient. Plus son équipe prenait le dessus, plus il s’effaçait.

Z. Boban, Z. Soldo et D. Simic 6/10 : on a pas fait attention à eux mais on leur met une bonne note pour la victoire. Solides.

M. Stanic 6/10 : on a vu qu’une chose chez lui ce soir : sa teinture blonde.

R. Jarni 6.5/10 : un but en quart de finale de Coupe du Monde : apothéose de sa carrière.

D. Suker 7/10 : alors qu’il n’est pas titulaire indiscutable au Réal Madrid, Davor Suker est bien le chef de file de son pays. Contre l’Allemagne, il nous a gratifié de roulettes, de crochets, de feintes et surtout d’un but magnifique. Que ce soit à gauche ou à droite, il a fait énormément de mal à ses adversaires.

G. Vlaovic 6.5/10 : balle aux pieds, il a percé la défense allemande à plusieurs reprises. Et il aussi et surtout marqué le deuxième but de son équipe. Remplacé par S. Maric à la 83ème minute.

Cdm 98 Argentine 2-2 Angleterre (4-3 tab) : au bout du suspense

argentine angleterre

« Plein les yeux » n’est pas seulement une émission présentée par Carole Rousseau et Jacques Legros sur TF1; plein les yeux, c’est ce que se sont mis les spectateurs et les téléspectateurs qui ont assisté à cet Argentine-Angleterre. Entre le programme télé et ce match, on a pu remarquer un point commun : des histoires spectaculaires et époustouflantes.

Et ce spectacle a commencé dès les premières minutes. Au coup d’envoi déjà, on sentait les deux équipes portées vers l’offensive. Cela allait se concrétiser par deux buts dans les dix premières minutes. Les deux sur pénalty. La preuve que les deux équipes n’ont pas pris le match à la légère. Le premier est l’oeuvre de Batistuta après une faute de David Seaman sur Diego Simeone. L’Argentin a cependant bien joué le coup, forçant son plongeon. 1-0 à la 6ème minute donc pour l’Albiceleste mais pas pour très longtemps. Quatre minutes plus tard, le buteur anglais number one Allan Shearer trompait Roa sur pénalty. Un pénalty sifflé pour une faute d’Ayala sur Michael Owen qui avait fait la différence. Vous l’aurez compris, tout allait déjà à 1000 à l’heure. Et ce n’était que le début. Alors que les deux équipes se rendaient coups pour coups, Michael Owen trouvait la faille après un numéro de soliste incroyable : contrôle en aile de pigeon dans le rond central, accélération, Chamot et Ayala dans le vent, accélération et tir du droit en pleine lucarne. L’un des plus beaux buts de la compétition. 2-1 au bout de 16 minutes en huitième de finale de Coupe du Monde, c’est quand même incroyable. Mais le match allait se calmer, devenir moins fou. Pourtant les occasions continuaient de s’enchaîner, notamment du côté anglais où Paul Ince puis Paul Scholes passèrent tout proche d’inscrire le but du 3-1. Malheureusement pour eux, ce sont bien les Argentins qui revinrent dans le match dans le temps additionnel de la première période grâce à une magnifique combinaison Veron/Zanetti sur coup-franc. Le joueur de l’Inter sortait du mur, contrôlait le ballon dans la surface et ouvrait son pied gauche pour tromper Seaman et pour ainsi mettre fin à cette première mi-temps historique.

La deuxième période allait être du même acabit. Pas pour les mêmes raisons. Dès le retour du vestiaire, David Beckham se faisait expulser pour un croche-pied sur Diego Simeone qui ne se faisait pas prier pour en rajouter un petit, comme à son habitude. Un carton rouge stupide qui n’allait cependant pas changer la donne dans ce match. A dix contre onze, les Anglais ne se laissaient pas abattre et continuaient d’attaquer et surtout de bien défendre. Plus fermé, le match s’engluait quelque peu. Mais Batistuta, Shearer ou encore Owen se créaient tout de même des occasions. Seul au point de pénalty l’Argentine ne cadrait pas sa tête alors que Roa boxait le coup-franc de Shearer et que Michael Owen voyait sa frappe passer au dessus au terme d’une action semblable à son but. A ce moment de la rencontre, on sentait la prolongation et le tir au but arriver à grand pas. Et c’est ce qui arriva malgré les différents changements effectués par Passarrella et par Hoddle. Les entrées de Gallardo et de Crespo en lieu et place de Batistuta et de Claudio Lopez apportaient un nouveau souffle à une attaque sud-américaine en baisse mais pas assez pour trouver le chemin des filets. Au bout de 93 minutes, Kim Morton Nielsen sifflait donc la fin du match. Fatiguées, les deux équipes vécurent ces prolongations comme un calvaire de 30 minutes. Le spectateur aussi. Même si la tension était à son comble, le jeu n’était plus aussi agréable à voir, les occasions, elles, étaient extrêmement rares. C’est avec soulagement et excitation que tout le monde se dirigeait ainsi vers la séance de tirs aux buts. Vers la loterie comme on a l’habitude de l’appeler. Et à cette loterie, ce sont les Argentins qui s’en sont le mieux sortis grâce à un Roa stoppant deux tirs aux buts alors que dans le même temps, Seaman n’en arrêtait qu’un. Les maudits anglais se nomment Paul Ince et David Batty. Du côté argentin, le pestiféré a pour nom Hernan Crespo. Mais peu importe, l’Argentine était qualifiée pour la suite de la compétition et pouvait tranquillement aller affronter les Pas-Bas en quart de finale. Crevés mais qualifiés. L’Angleterre rentre chez elle, la tête basse. Les Français peuvent sourire, leurs meilleurs ennemis quittent la compétition prématurément. Rien de tel pour nous redonner la pêche.

ARGENTINE

C. Roa 7/10 : héros de la séance des tirs aux buts où il a stoppé deux tirs, Roa s’était auparavant montré serein. Surtout qu’il ne pouvait pas faire grand chose sur les deux buts anglais.

R. Ayala, N. Vivas, JA Chamot 5/10 : (trop) souvent dépassés par la fougue du jeune Michael Owen, les défenseurs centraux n’ont pas fait le meilleur match de leur vie. L’apothéose de leur non-match sera la faute d’Ayala sur Owen qui coutera le pénalty.

M. Almeyda 5.5/10 : si Lucky Luke tire plus vite que son ombre, Almeyda, lui, joue dans l’ombre. Mais à la fin c’est toujours lui qui gagne.

JS Veron 6/10 : l’élégance transpire de ses pieds. La filouterie aussi. Inspiré, c’est lui qui sert Zanetti pour l’égalisation. Mais ce ne sera pas sa seule pierre à l’édifice. Tout au long du match, il aura oeuvré pour son équipe en jouant juste et vers l’avant.

D. Simeone 6/10 : si en 1998, le Fils de puterie game avait existé, Diego Simeone aurait été tout en haut de l’affiche. Un genre de prestation à faire pâlir Busquets. Remplacé par Berti au tout début de la prolongation et qui attendra la séance de tirs aux buts pour s’illustrer.

J. Zanetti 6.5/10 : une activité digne des plus grands et un joli but. Ce jeune homme a tout pour réussir dans la vie.

A. Ortega 6.5/10 : instigateur de toutes les offensives argentines, El Burrito est sans doute l’un des meilleurs joueurs de la compétition. Pourquoi ? Seulement parce qu’il réussit tout ce qu’il entreprend. Et que tout ce qu’il entreprend te fait bander.

G. Batistuta 7/10 : heureusement que l’Argentine l’a celui-là. Sans lui, pas d’occasions. Sans lui, pas de buts donc sans lui pas de victoires. Remplacé par H. Crespo 4/10 qui aura tout loupé : une occasion en or et son tir au but.

C. Lopez 5.5/10 : encore une fois il souffre de la comparaison avec ses autres coéquipiers d’attaque. On l’a vu faire trois ou quatre accélérations mais c’est bien trop peu. Remplacé à la 68ème minute par Marcelo Gallardo 6/10 : tout de suite plus en vue que son prédécesseur, Gallardo a beaucoup tenté, quitte à avoir du déchet.

ANGLETERRE

D. Seaman 5.5/10 : coupable d’une légère faute sur Lopez, il concède le pénalty et l’encaisse avant d’en arrêter un aux tirs aux buts. Le reste du temps il aura sauvé son équipe d’une défaite dans le temps réglementaire.

G. Le Saux 5/10 : ultra offensif encore une fois ce qui lui permet d’être pratiquement inexistant derrière. Bien joué. Remplacé à la 71ème minute par G. Southgate (5/10) qui n’a pas semblé plus en réussite.

T. Adams 6/10 : des retours salvateurs et une expérience qui fait indéniablement du bien.

S. Campbell 6/10 : pareil que pour l’alcoolique au dessus de lui. L’expérience en moins, le force en plus.

G. Neville 5/10 : putain mais qui sont ces défenseurs bons à rien qui feront rien de leur vie ?

P. Ince 6/10 : il fait autant de bien à son équipe qu’il ne fait de mal à ses adversaires. Un carton jaune pour contestation et une belle reprise lointaine sont à mettre à son actif.

D. Anderton 4.5/10 : décisif en phase de poule, le joueur de Tottenham n’a pas réitéré ses exploits passés. Dommage. Remplacé à la 97ème minute par David Batty qui, pour marquer le coup, a décidé de louper son tir au but décisif.

D. Beckham 0/10 : l’homme du match c’est lui. Ou plutôt le fautif du match. En tout cas, tous les Britanniques lui en veulent. La cause ? Son expulsion débile au retour des vestiaires pour un croc-en-jambe sur Simeone qui n’en demandait pas tant. Laissant ses partenaires se battre à 10 contre 11, Beckham est désormais considéré comme un traître à la nation.

P. Scholes 5/10 : merde il est roux. Et les roux en 1998, c’est déjà has-been. Remplacé à la 78ème minute par Paul Merson 5/10 qui est moins talentueux au foot que Paul Personne. Même s’il a marqué son tir au but.

A. Shearer 6.5/10 : le chef de file de l’attaque anglaise. A Owen la fougue, à Shearer la sagesse. Point d’orgue de sa soirée : son pénalty et son tir au but réussi.

M. Owen 7.5/10 : un futur Ballon d’Or en puissance, c’est certain. Sur ce match en tout cas, il a montré toutes les qualités dont il faut disposer pour un jour décrocher ce Graal : vitesse, technique, finition, aisance, culot. De la première à la dernière minute, il a été le danger numéro 1.

Cdm 98 Italie 1-0 Norvège : les Italiens (Vie)rient

Italie Norvège

Voir la Norvège en huitièmes de finale de Coupe du Monde est presque une anomalie. Heureusement, l’Italie est là pour réguler tout ça. Au terme d’un match d’abord vivant puis vite ennuyant, les Ritals se qualifient pour les quarts de finale sur la plus petite des marges 1-0. Les hommes de Cesare Maldini affronteront le vainqueur de France-Paraguay.

Dans les compositions d’équipe, pas de surprises. Du côté Italien, seul Nesta n’est pas là. Gravement blessé, il est resté aux soins. On dit même que cette blessure lui aurait permis de rencontrer sa petite amie, Gabriela, l’infirmière qui le soigne ! Une belle histoire ! Autre belle histoire, la domination de l’Italie dans les premières minutes du match. Et le premier à frapper se nomme bien évidemment Christian Vieri. Dès la 9ème minute, sa frappe en pivot donna des sueurs froides aux Norvégiens. Archi-dominateurs, les Italiens ne laisseront pas de répit à leurs adversaires à part à Havard Flo qui trouva le cadre d’une frappe lointaine plein axe. Si le premier quart d’heure était donc en faveur des mangeurs de pizzas, les Nordiques revenaient peu à peu dans le match. Ce fut à ce moment-là que les Italiens décidèrent de piquer les Norvégiens au vif en ouvrant le score. Di Biagio servit Vieri en profondeur avant que celui-ci n’accélère, ne fausse compagnie à Eggen et ne marque le premier but de ces huitièmes de finale. Le reste de la mi-temps fut ainsi totalement en faveur de l’Italie mais ni Dino Baggio ni Alessandro Del Piero ne trouveront la faille.

La deuxième période fut elle, un long chemin de croix. Les occasions se feront rares alors que le jeu déployé n’était pas forcément digne d’un huitième de finale de Coupe du Monde. Alessandro Del Piero, Tore André Flo ou encore Christian Vieri buteront soit sur le gardien adverse soit sur des maladresses. Au final, la qualification de l’Italie est méritée tout en ne faisant pas des Italiens les favoris de la compétition.

ITALIE :

G. Pagliuca 6/10 : une parade magnifique face à Tore André Flo lui suffit pour réussir son match. Sinon il n’a eu qu’à regarder les frappes norvégiennes passer à côté.

G. Bergomi 5/10 : pas grand chose à faire donc pas grand chose à dire sur lui.

F. Cannavaro et A. Costacurta 6/10 : si Tore André Flo, Havard Flo et Ole Gunnar Solskjaer n’ont pas été dangereux, c’est surtout grâce à eux.

P. Maldini 5/10 : s’il est titulaire dans cette équipe c’est seulement parce que son père en est l’entraîneur. C’est certain.

D. Albertini 5.5 /10 : un récupérateur moderne, jouant toujours vers l’avant. Remplacé par G. Pessotto à la 73ème minute.

D. Baggio 5/10 : on ne l’a que très peu vu. Chargé de mettre du tempo dans le jeu italien, il a échoué dans sa mission.

R. Di Biagio 6/10 : placé dans l’axe, il a mis sa vision du jeu au profit de son équipe. Sa plus belle action fut sa passe décisive pour Vieri, une magnifique passe de l’intérieur du pied.

F. Moriero 5/10 : il n’a pas réussi ce que son coéquipier Del Piero a fait : provoquer. Il a provoqué la sortie sur blessure de Strand après un pied haut qui lui a ouvert le crâne. Son non-match n’a pas échappé à Cesare Maldini qui l’a fait sortir dès la 63ème minute pour le remplacer par A. Di Livio.

A. Del Piero 6/10 : virevoltant sur son côté, son jeune âge et son inexpérience ne sont pas un frein pour lui. Le Juventini n’a pas hésité à dribbler et à tenter des choses que beaucoup n’auraient jamais tenté en huitièmes de finale de Coupe du Monde.Remplacé par E. Chiesa à la 78ème minute. Ses 20 minutes jouées lui auront suffit à bouffer la feuille, à la 92ème minute alors qu’il avait fait le plus dur.

C. Vieri 8/10 : l’homme du match c’est bien lui. L’attaquant de l’Athletico a mis au supplice, à lui tout seul, la défense norvégienne. Son but est un condensé de toutes ses qualités : force, vitesse et finition. Il s’est créé plusieurs occasions, sans parvenir à les concrétiser.

NORVEGE :

F. Grodas 5/10 : pas énormément d’arrêts à faire mais quand son pays a eu besoin de lui, il n’a pas répondu présent.

R. Johnsen 5/10 : il a eu du mal face à la vitesse et à la technique des Italiens.

D. Eggen 5/10 : s’il a récupéré quelques ballons aériens, au sol le bilan est moins glorieux. Son fait d’arme restera de s’être fait littéralement manger par Vieri sur le but.

S.I Bjornebye 5.5/10 : il a tiré tous les corners ou coups-francs de son équipe, avec plus ou moins de qualité et de réussite.

H. Berg 6/10 : omniprésent dans la surface lorsqu’il y avait des coups de pieds arrêtés offensifs, il n’a cependant pas trouvé la faille. Même s’il a été tout proche à plusieurs reprises.

O. Leonhardsen NN : il n’a pas eu le temps de se mettre en scène, une blessure venant l’empêcher de continuer à jouer le match le plus important de sa carrière. Remplacé par R. Strand (NN) qui eu la même malchance. Un pied haut de Moriero viendra mettre fin à son rêve dès la 38ème minute. Remplacé par S. Solbakken

E. Mykland, K. Rekdal et V. Riseth 5/10 : les milieux de terrain norvégiens n’ont jamais su faire la différence.

T.A Flo 6/10 : Norvégien le plus en vue depuis le début de la compétition, Tore André Flo n’a cette fois-ci rien pu faire. Tout d’abord créateur du jeu feu follet, il est ensuite devenu, en deuxième mi-temps, celui qui finissait les actions, attendant le ballon dans la surface ou en profondeur.

H. Flo 5.5/10 : l’attaquant de pointe a trop joué sur les côtés pour être dangereux. Une ou deux occasions toutefois. Remplacé par O.G Solskjaer