Pays-Bas 2 – 1 Argentine : Et Bergkamp se fit Roa.

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Qui pour affronter le Brésil ? C’est la question que tout le monde se posait alors que se présentaient sur le terrain les équipes néerlandaise et argentine.

Les spectateurs du stade Vélodrome s’attendaient très certainement à une rencontre enlevée et d’un très haut niveau,  avec deux formations comportant des joueurs de grand talent, et c’est ce qui allait se produire… Pendant une mi-temps.

Si les Argentins prenaient la rencontre par le bon bout, sans toutefois se créer d’occasion franche, les Oranje allumaient la première mèche, par l’intermédiaire de Jonk, lequel profitait d’une frappe contrée, dans la surface, pour reprendre le ballon, mais le poteau venait contrarier l’ancien interiste.

Le match s’avérait plutôt plaisant, et, au sortir d’une attaque argentine avortée, Ronald De Boer partait au milieu, faisait ce qu’il voulait de la défense  adverse et centrait à destination du deuxième poteau et de Bergkamp. Le Gunner remisait parfaitement pour Kluivert, lequel n’avait plus qu’à finir le travail du pied droit.  Un à zéro pour les Pays-Bas, la rencontre était lancée, et les Oranje pouvaient dérouler.

Mais c’était mal connaître les Argentins. Veron, d’abord initiait une combinaison avec ses attaquants, et il ne lui manquait que quelques centimètres pour pousser le cuir au fond des filets.
Et dans la foulée, ce même Veron lançait parfaitement Claudio Lopez, dans la profondeur. L’alignement de la défense néerlandaise était loin d’être parfait et l’attaquant de Valence feintait Van der Sar avant de pousser la balle dans le but.

Tout était donc relancé et l’Argentine tentait d’appuyer là où ça fait mal, par l’intermédiaire  de Claudio Lopez, encore, lequel se jouait de Stam, avant de s’excentrer sur la gauche et de  centrer. La gonfle passait sous le bras de Van der Sar, et la défense oranje dégageait en catastrophe.

Les Pays-Bas relevaient la tête par l’intermédiaire de Davids. Le milieu de terrain se frayait d’abord un chemin jusque dans la surface et plaçait une frappe qui passait de peu à côté. Davids tentait peu après la frappe à vingt mètres que Roa sortait de manière…peu académique.

Le rythme du match commençait déjà à baisser à la demi-heure de jeu, en dépit de cette frappe de Jonk, servi par De Boer, ou cette tentative d’Ortega, de plus de vingt-huit mètres qui arrivait directement sur le poteau d’un gardien néerlandais peu attentif.

La dernière occasion de cette période venait de Simeone, alerté par Batistuta qui avait bien travaillait dos au but, mais la tentative du joueur de l’Inter passait de peu à côté.
Les deux équipes regagnaient donc les vestiaires sur un score de partité.

Malheureusement, si l’on pouvait parler d’une baisse de rythme en fin de première mi-temps, on peut carrément parler de perte d’efficacité durant la seconde. Les mouvements sont  là mais aucune des deux équipes n’arrive à concrétiser ses actions.

Bon, je suis un peu mauvaise langue. On aura vu une belle frappe de Batistuta heurter le poteau de Van der Sar, et une belle tête de Kluivert sortie par Roa au-dessus de sa transversale.

Finalement, l’expulsion de Numan tombait presque à point nommé pour animer la fin de rencontre. Le latéral néerlandais recevait un second carton jaune pour une faute sur Simeone, au milieu de terrain.

Et alors que l’on imagineait l’Argentine reprendre le contrôle du match, on pensait sans mal que la fatigue avait pu rattraper l’Albiceleste, laquelle avait dû aller jusqu’aux tirs aux buts  face à l’Angleterre au tour précédent.  Les Argentins ne parvenaient pas à profiter de leur supériorité numérique, et semblaient même nerveux.

Et c’est presque logiquement que l’expulsion d’Ortega arrivait, alors que la fin de match approchait. Après un plongeon grossier dans la surface, le milieu argentin assène un coup de tête à Van der Sar, venu à sa rencontre. Expulsion en toute logique donc.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, à peine quelques instants plus tard, De Boer, depuis son camp, adressait un long ballon à destination de Bergkamp. Et là vint l’instant de grâce, de technique, de magie, de ce que vous voulez. Le genre d’instant qui sauve un match passable, vous voyez ? Contrôle en extension, crochet pour mettre Ayala dans le vent, extérieur du pied pour tromper Roa, c’est un but magnifique qu’inscrit Bergkamp, anéantissant par là-même les derniers espoirs argentins d’aller plus loin dans la compétition.

Feuille de match :

Pays-Bas 2-1 Argentine (Kluivert  12ème, Bergkamp 89ème pour les Pays-Bas, C.Lopez 17ème pour l’Argentine.)

Stade Vélodrome, Marseille (55 000 spectateurs)

Pays-Bas : Van der Sar – Reiziger, Stam, De Boer, Numan – Cocu, Jonk, Davids – De Boer, Kluivert – Bergkamp

Argentine : Roa – Sensini, Ayala, Chamot – Almeyda – Zanettin, Veron, Ortega, Simeone – Batistuta, C.Lopez

Les notes

Pays-Bas

Van der Sar (4/10) : Trop d’absences pour espérer la moyenne. Vraiment pas à son aise, le grand lézard.

Reiziger (6/10) : Plus offensif que lors de la dernière rencontre, il aura bien aidé ses attaquants.

Stam (5/10) : Parfois mis en difficulté par Lopez, le manque de vivacité du reste de l’attaque argentine lui aura permis de se ressaisir.

F.De Boer (7/10) : Batistuta ne l’aura inquiété qu’une fois. Le reste, c’était peanuts. Comme ce coup d’œil pour trouver Bergkamp.

Numan (0/10) : L’expulsion  aura gâché un plutôt bon match.

Jonk (5/10) : Utile. Sa faculté à passer des deux pieds est intéressante, et il était pas mal à la récupération. Reste que Veron a eu beaucoup d’espaces pour organiser le jeu.

Davids (7/10) : Brillant. Une nouvelle fois, il aura rayonné sur le milieu de terrain néerlandais. Dès qu’il accélère, c’est toute l’équipe qui avance.

R. De Boer (6/10) : Il aura beaucoup tenté sur la droite, mais n’aura pas été récompensé de ses efforts.

Cocu (5/10) : Bien trop discret pour espérer quoi que ce soit, mon bon monsieur.

Kluivert (6/10) : Beaucoup d’appels, peu de ballons exploitables, un but. Acceptable.

Bergkamp (8/10) : On ne l’aura pas beaucoup vu du match, mais à l’arrivée, ça fait un but et une passe décisive. Oh et ce but… Quel but !

Argentine

Roa (6/10) : Un bon petit paquet de parades, mine de rien.

Sensini (5/10) : A profité de carences dans l’organisation offensive adverse pour ne pas prendre l’eau.

Ayala (3/10) : Ne prononcez plus le mot « Bergkamp » devant lui.

Chamot (5/10) : Même chose que pour Sensini.

Almeyda (4/10) : Davids aura fait très très mal.

Zanetti (4/10) : Bien trop discret pour peser. S’il n’a pas eu des masses de boulot défensif, il n’est pas assez monté. Mais je ne m’en fais pas pour lui. Quand on respire la classe comme ça, on ne peut que rebondir.

Veron (7/10) : Lui, la classe émane carrément de lui. Meilleur joueur argentin, et de loin. Que d’intelligence de jeu et de qualité de passe… Un régal à voir jouer.

Ortega (0/10) : Une frappe sur le poteau et c’est un peu tout. Pas assez de mouvement, et une expulsion. Joli.

Simeone (4/10) : Il provoque l’expulsion de Numan, est à créditer d’une belle frappe mais a joué un peu trop bas pour inquiéter la défense adverse.

D.Lopez (5/10) : Un but, des débordements, mais un manque d’énergie vite arrivé.

Batistuta (3/10) : Clairement en dessous de ses standards habituels.

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France 1-0 Paraguay : Un but qui valait de l’or.

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Après avoir passé des rencontres de poules plutôt tranquilles, la France passait son premier vrai test, face à une équipe du Paraguay qui s’était extirpée d’un groupe relevé, et qui pouvait faire figure d’épouvantail, de par sa capacité apparente à pouvoir faire déjouer n’importe quel adversaire.
Bien sûr, en termes de talent pur, la France était au-dessus. Mais il ne fallait pas négliger des facteurs tels que la pression de jouer un huitième de finale de Coupe du Monde à domicile, ou l’absence de son joueur majeur pour un match à enjeu, au hasard.

A première vue, les Français semblaient cependant faire fi de ces considérations, en montrant de l’engagement et une volonté d’aller de l’avant, à l’image d’un Thuram bien présent en début de match. Mais les imprécisions techniques étaient légion, illustrées par ce contrôle trop lâche de Trezeguet sur une passe de Thuram, et les difficultés pour les milieux de terrain à trouver leurs attaquants semblaient difficilement insurmontables, comme le montraient ce centre trop profond de Djorkaeff, remplaçant désigné de Zidane dans l’organisation d’Aimé Jacquet,  toujours à destination de Trezeguet.

En face, on ne quittait pas une stratégie qui avait mené une « petite » équipe jusqu’en huitièmes de finale, recette composée d’une concentration de tous les instants, de légers gestes d’antijeu (avec Chilavert en maître d’oeuvre pour ce qui était de gagner du temps), et une exploitation des contres, le tout saupoudré d’opportunisme, comme sur cette tentative d’Acuña de lober Barthez.

Mais, le temps aidant, les Français devenaient un peu plus maîtres de leur jeu. Ce n’était pas une maîtrise écrasante, non, mais cela suffisait à se créer  leur première véritable occasion à la 15ème minute lorsque Trezeguet adressait une bonne frappe enroulée qui frôlait le poteau des buts de Chilavert. Dans la foulée,  Diomède, servipar Djorkaeff, envoyait un tir du gauche qui obligeait le gardien paraguayen à effectuer une belle parade.

Diomède, encore lui, se retrouvait une nouvelle fois en position d’armer une frappe, après un beau mouvement entre Petit et Djorkaeff, le premier centrant en retrait pour l’Auxerrois. Mais la frappe du joueur de Guy Roux, trop écrasée, passait à côté du but Paraguayen.

Ce fut ensuite au tour de Djorkaeff, à la conclusion d’une action Deschamps-Petit, d’échouer de peu, son tir de 20 mètres manquant le cadre pour quelques centimètres.

En face, comme décrit plus haut, on essaie de profiter de toutes les opportunités, et Cardozo, lequel avait bien pris la profondeur voyait sa frappe bien captée par Barthez.

A la trente-neuvième minutes arriva ce qui pouvait sonner comme un tournant, aux yeux des (télé)spectateurs : Thierry Henry, plutôt discret jusqu’ici, profitait d’un contre favorable au milieu du terrain pour placer une accélération fulgurante et déposer ses adversaires. Il se présentait seul face à Chilavert, sorti promptement, et piquait son ballon… Pour mieux voir sa tentative être détournée par le poteau.
Plus rien de notable n’allait se passer et les deux équipes regagnaient les vestiaires avec des sentiments bien différents dans les têtes.

En seconde période, les Français reprennaient leur domination, matérialisée par une tentative de la tête de Desailly, bien captée par  Chilavert. Les Paraguayens mènaient quelques contre-attaques et  une tête plongeante de Gamarra frôlait le poteau de Barthez, rappelant à tout le monde que les Sud-Américains étaient toujours présents dans cette rencontre.

Histoire de rendre les choses un peu plus compliquées et d’apporter un peu plus de légende à ce match, Thierry Henry, blessé, se voyait contraint de laisser sa place à Pires.

La fin de match approchait, et il était temps de concrétiser la domination française, chose que, Djorkaeff tentait de faire. Suite à un bon rush de Lizarazu, il plaçait une bonne frappe tendue à 30 m. Mais c’était une nouvelle fois contré et mis en corner.
Trezeguet se procurait ensuite une énorme occasion, lequel s’était débarrassé de son défenseur, dans la surface, pour placer un plat du pied gauche qui passait de très peu à droite de Chilavert, et des buts.

Malgré une pression accentuée, les Bleus ne parvinrent pas à marquer, et l’arbitre sifflait la fin du temps réglementaire, forçant les deux équipes à en passer par les prolongations.

Lors de la première période de celle-ci, et à la surprise générale, ce furent les Paraguayens qui se montraient les premiers dangereux, par Rojas, dont la tentative n’était pas cadrée, pour pas grand chose.

Un coup-franc dévié de Djorkaeff et repoussé en corner par Chilavert, une frappe de Trezeguet, et un tir de Guivarc’h plus tard, les spectateurs du stade Felix Bollaert se demandaient bien comment les Bleus pouvaient faire pencher la balance en leur faveur.

C’est alors que sur un long ballon adressé par Pires dans la surface, Trezeguet remisait de la tête sur…Laurent Blanc, resté aux avants-postes, et qui fusillait Chilavert de près.

Blanc délivrait tout un stade, mettait fin à un après-midi crispant, et propulsait l’équipe de France en quarts de finale grâce au premier but en or de l’histoire de la Coupe du Monde.

FEUILLE DE MATCH :
France 1-0 Paraguay (L.Blanc 114e)
Stade Félix Bollaert, Lens. 42 000 spectateurs.

France : Fabien Barthez – Bixente Lizarazu, Marcel Desailly, Laurent Blanc, Lilian Thuram – Didier Deschamps (cap.), Emmanuel Petit (70′ Alain Boghossian), Thierry Henry (65′ Robert Pires), Youri Djorkaeff, Bernard Diomède (77′ Stéphane Guivarc’h) – David Trezeguet

Paraguay : José Luis Chilavert (cap.) – Francisco Arce , Carlos Gamarra, Celso Ayala – Roberto Acuña, Miguel Ángel Benítez , Julio César Enciso , Carlos Humberto Paredes (75′ Denis Caniza) – José Cardozo (91′ Aristides Rojas ), Jorge Luis Campos (56′ Juan Carlos Yegros)

LES NOTES : 

France

Barthez (6/10) : Plutôt difficile à noter puisqu’il n’a pas eu grand chose à faire, mais il s’est bien interposé sur les rares frappes adverses.

Thuram(5/10)S’il est l’auteur d’un bon début de match, en montrant pas mal d’envie et de belles montées, c’est allé en s’étiolant au fil des minutes. Dommage, alors qu’il avait de l’espace.

Blanc (7/10) : Dans un match où la principale difficulté consistait à ne pas perdre sa concentration, il aura tenu son rang. Et puis cette frappe qui met fin au suspens…

Desailly (6/10) : C’est un peu la même chose que pour Blanc, même s’il se sera parfois fait prendre dans la profondeur. Un bon match ce pendant.

Lizarazu (4/10) : La déception côté français. Il est moins souvent monté que son pendant à droite et l’on ne peut pas dire que ses tâches défensives l’accaparaient. Il peut faire mieux. Face à l’Italie, il devra être déterminant.

Henry (5/10) : Pas trouvé, hors du coup, invisible… Les termes pour décrire sa première demie-heure changeront selon l’appréciation que l’on a du joueur. Ceci dit, il a prouvé qu’en une prise de balle et une accélération, il pouvait délivrer une équipe. Remplacé par Pires, sur blessure. Ce qui aura permis de renforcer la conservation du ballon.

Deschamps (6/10) : Un harcèlement des adversaires, un jeu court et simple, une bonne vision du jeu… Un bon match.

Petit (5/10) : Un peu plus en retrait que son compère du milieu, et un peu plus de déchet dans ses passes. Mais sa faculté à se porter vers l’avant reste très intéréssante. Remplacé par Boghossian, qui n’aura pas pu apporter tout ce qu’il pouvait.

Diomède (4/10) : Match en dents de scie pour l’Auxerrois. Après un début difficile, il a été le Français le plus dangereux pendant vingt minutes, pour ensuite retomber dans ses travers. Remplacé par Guivarc’h, lequel aura proposé, distribué et apporté du poids devant. Une plutôt belle entrée.

Djorkaeff (5/10) : En l’absence de Zidane, il était attendu de lui qu’il distribue le jeu et les caviars pour Trezeguet. Mais ce n’est pas tout à fait le même style de joueur, et il s’est révélé meilleur pour conclure les actions que pour en créer.

Trezeguet (6/10) : Match compliqué pour l’attaquant monégasque. Dans un rôle ingrat, il n’aura jamais abdiqué, ce sera créé de belles occasions et aura finalement délivré cette passe décisive de la tête pour Blanc. Un bon match.

Paraguay :

Chilavert (8/10) : Monstrueux de charisme, de puissance, de roublardise et d’agilité. Il aura écœuré les Bleus pendant 114 minutes et n’a rien pu faire sur le but.

Arce (4/10) : C’était de toute façon compliqué de défendre tout un match. Alors quand on voit arriver Djorkaeff, Diomède, voire Petit, puis Pires dans sa zone, ça peut vite devenir très compliqué.

Gamarra (5/10) : Aura participé à l’étau défensif mis en place pour contrer l’attaque française. Sa reprise de la tête aurait mérité un meilleur sort.

Ayala (4/10) : Même chose que son compère en défense centrale, la participation offensive en moins.

Sarabia (3/10) : Pas vu, pas pris.

Encisco (3/10) : Ah, mais vous jouiez, vous ?

Benitez (4/10) : Jouer très bas pour aider sa défense, c’est bien. Mais ça limite le champ d’actions, tout de même.

Paredes (4/10) : Au Paraguay, on aime bien que les milieux de terrain entament le travail de sape défensif. Remplacé par Caniza, pour faire un peu la même chose.

Acuña (5/10) : Probablement le meilleur joueur de champ paraguayen, très utile de par sa qualité de passe.

Campos (5/10) : Meilleur attaquant paraguayen, il aurait pu ouvrir le score si Barthez n’avait pas été vigilant. Remplacé par Yegros, pour un impact bien moindre.

Cardozo (4/10) : Il souffre un peu de la comparaison avec Campos, et du jeu de son équipe. Remplacé par Rojas, alors que le Paraguay pliait sous la pression.

Afrique du Sud 2 – 2 Arabie Saoudite : Saudi un peu d’amertume ?

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Une nouvelle fois, la dernière journée de cette phase de poule est déterminante. Dans ce groupe A, seule l’équipe de France est qualifiée après deux matches, ayant engrangé six points. Les autres résultats font que l’Afrique du Sud peut encore espérer se qualifier.

Et des deux formations présentes sur la pelouse du Parc Lescure, c’est bien elle allait se montrer la plus entreprenante.

De manière plutôt brouillonne tout d’abord, puisque les hommes de Philippe Troussier ne parvenaient pas à conserver le ballon autrement que de manière stérile. Il faut dire que l’organisation saoudienne, très attentiste, ne favorisait pas nécessairement le jeu dans les espaces, et c’est sur un coup de pied arrêté que vit la première occasion sérieuse. Suite à un corner pour l’Afrique du Sud, McCarthy se retrouvait au six mètres, mais sa frappe était contrée.

McCarthy se signalait encore, de la tête, mais ses tentatives ne trouvaient pas le cadre, ou les bras du portier adverse.
La seule réaction des hommes de Pareira venaient d’une timide frappe de Ghani, laquelle passait bien à côté du but de Vonk.

C’est donc en toute logique que l’Afrique du Sud ouvrait le score, grâce à Bartlett, lequel, après un contrôle dos au but et à trente mètre de ceux-ci, semait son adversaire direct et s’en allait battre Al Deayea d’une belle frappe du pied gauche. La joie était palpable dans les rangs des coéquipiers du Marseillais Pierre Issa, d’autant qu’avec la France qui avait ouvert le score, ce résultat offrait la qualification à l’Afrique du Sud.

Le rythme du match s’accélérait alors quelque peu,  Bartlett était à nouveau trouvé dans la surface, mais sa frappe en pivot était contrée, McCarthy s’offrait une nouvelle tentative, mais il n’était décidément pas en réussite et le cadre le fuyait une nouvelle fois.
De son côté, l’Arabie Saoudite n’était pas en reste, évidemment grâce à Al Jaber, lequel manquait de peu de tromper Vonk d’une reprise acrobatique, et en semant la panique dans les rangs adverses à chaque touche de balle.

La mi-temps se profilait et l’avantage au score était toujours  en faveur de l’Afrique du Sud lorsque survint un coup de théatre, l’arbitre de la rencontre, Monsieur Sanchez Yanten accordait un penalty à l’Arabie Saoudite, ne remarquant pas le plongeon de Almuwalid. Al Jaber ne se faisait pas prier pour le transformer, malgré la bonne anticipation de Vonk. C’était cruel pour l’Afrique du Sud et la mi-temps était sifflée sur cet événement.

Au retour des vestiaires,Philippe Troussier souhaitait signifier à son adversaire que les Bafanas Bafanas ne s’étaient pas laissé démoraliser par cette égalisation, et imprimait une nouvelle dynamique en effectuant deux changements.

Et c’est d’ailleurs un entrant, Buckley, qui se procurait la première occasion sérieuse de cette période, en remontant une large part du terrain dans un slalom ravageur pour finir par buter sur Al Deayea.

L’Afrique du Sud insistait, à l’image Moshoeu, trouvé dans la surface mais dans l’incapacité de conclure, et l’Arabie Saoudite reprenait sa tactique basée sur l’exploitation des contres et de la technique de Sami Al Jaber, lequel manquait de peu une reprise de volée.

Des actions dangereuses, il y allait encore en avoir, mais la précision ne semblait pas vouloir s’offrir aux joueurs, comme sur cette frappe de Buckley, après un corner repoussé et quelques crochets.

Mais alors que l’on s’imagine que la persévérance sud-africaine va finir par payer, Monsieur Sanchez Yanten fait de nouveau basculer le sort du match en accordant un nouveau penalty à l’Arabie Saoudite, sanctionnant de nouveau Pierre Issa pour une faute peu évidente. C’était cette fois Al Tunayan qui exécutait la sentence, d’un contre-pied parfait.

Les Sud-Africains avaient clairement pris un coup derrière la tête avec ce nouveau coup du sort, et les occasions pour la fin de match se réduisaient à peau de chagrin. La seule situation notable venait de Mkhalele, venu couper un centre au point de penalty de la tête. Sa déviation était contrée par Al Deayea et le cuir s’écrasait sur la barre.

Trois minutes de temps additionnel étaient annoncées, et tandis que la fin du match approchait, le banc saoudien était proche d’exulter. La France ayant battu le Danemark, l’exploit était tout proche pour Carlos Alberto Pareira et ses hommes.
Seulement, Ghani se rendait coupable d’une faute à la 93ème minute. Une faute dans la surface qui plus est. L’arbitre n’avait d’autre choix que d’indiquer le point de penalty.

Bartlett le transformait, annulant ainsi la qualification de leur adversaire pour le second tour. Si les Saoudiens vécurent cela comme une injustice, les raisons d’être amer se trouvaient d’avantage du côté sud-africain.

 

Afrique du Sud : Vonk, Issa, Jackson, Radebe, Nyathi, Fish, Fortune, Moshoeu, McCarthy, Mkhalele, Bartlett.

Arabie Saoudite : Al Deayea, Abdul Ghani, Al Zbermawi, Al Jahani, Al Temyat, Al Owayran, Amin, Saleh, Al Jaber, Al Tunayan, Mehalel.

Buts : Bartlett (18e, 90e+3) pour l’Afrique du Sud, Al Jaber (45e) et Al Tunayan (74e) pour l’Arabie Saoudite.

Un homme dans le match : Mkhalele. S’il n’a pas marqué ni délivré de passe décisive, il n’a eu de cesse d’apporter le danger en faisant du couloir droit sa propriété. Un très bon match pour lui.

Mentions spéciales : Bartlett, Al Jaber. Le premier aura réussi à mettre un doublé alors que peu d’actions passaient par lui, le second était clairement au-dessus de ses coéquipiers et aura su démontrer une belle aisance technique.

Une déception : Al Deayea : Le gardien au style fantasque n’aura pas fait que du bien à son équipe et ses nombreuses tentatives de dégagement du poing se seront souvent soldées par des actions encore plus dangereuses contre lui.

Ecosse 0 – 3 Maroc : Une vraie douche écossaise.

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L’espoir était de mise en cette dernière journée de phase de poule, dans le groupe A. En effet, le Brésil déjà qualifié pour les huitièmes de finales, la course à la deuxième place était très ouverte entre Norvégiens, Marocains et Ecossais.
Les pronostics annonçant une Norvège triomphant d’une équipe auriverde démobilisée prenait vite du plomb dans l’aile lorsque les feuilles de match tombaient. Le Brésil allait jouer avec son équipe-type, ou presque.

Cela avait certainement de quoi redonner espoir  aux équipes écossaises et marocaines, lesquelles se devaient d’entrer dans la partie sans effectuer le moindre calcul.
Mais l’enjeu prit-il le pas sur l’enjeu ? La possible qualification pour un second tour de Coupe du Monde pesait-elle trop lourd dans la tête et dans les jambes des vingt-deux joueurs ? Nul ne le sait. Toujours est-il que l’on assista à un premier quart d’heure d’assez médiocre qualité ; les longs ballons étaient légion, d’un côté comme de l’autre, les seules véritables frappes étaient lointaines, et lorsqu’une équipe parvenait à s’introduire dans la surface adverse, de gros problèmes de finition plombaient les actions.

Alors que le public du stade Geoffroy Guichard aurait pu commencer à légitimement s’impatienter, ils virent l’Ecosse obtenir une première occasion avec cette tête de Durie, lequel profitait d’une sortie ratée de Benzerki, mais le ballon fuyait le cadre.
Et tandis qu’il imaginait que ce n’était que le début d’une période de domination des hommes en bleu, il assista à l’ouverture du score… Pour le Maroc ! En effet, du milieu du terrain, El-Khalej voyait l’appel dans l’axe de Bassir, entre deux défenseurs. Le milieu de terrain adressait un très bon ballon à son attaquant, lequel finissait de travail d’une demi-volée en angle fermé, plaçant la balle sur le côté droit de Leighton.  1-0, le match était enfin lancé !

Et s’il n’allait pas être fulgurant, le rythme allait monter crescendo, et le spectacle allait être au rendez-vous pour la deuxième partie de la seconde mi-temps. Mais, malgré les tentatives de Collins, de loin, de Hadji, également en dehors de la surface, et en dépit de ce superbe retour de Hendry dans les pieds de Bassir, rien ne sera marqué avant le retour aux vestiaires.

On imagine sans peine que Henri Michel, au courant du résultat de l’autre match du groupe, a su trouver les mots pour galvaniser ses joueurs, puisque dès la deuxième minute de la seconde période, Abdeljalil, lancé en profondeur par Hadji, s’en allait tromper Leighton en tentant de lober ce-dernier. Le gardien écossais, pas exempt de tout reproche sur le coup, fut surpris par l’audace de l’attaquant marocain, et sa claquette ne fut pas assez efficace ; après un rebond, la gonfle termina sa course au fond des filets. 2-0

Le score semblait indiquer la fin de l’aventure pour l’Ecosse. Et cela n’allait pas s’arranger lorsque Dury, qui aurait pu redonner espoir aux siens quelques minutes plus tôt, se rendait coupable d’un tacle dangereux par derrière sur Bassir, au milieu du terrain, écopant au passage d’un carton rouge.

Les Marocains prenaient alors véritablement le match à leur compte, profitant de l’avantage numérique pour exploiter les espaces et les contres. Tout souriait à cette équipe en cette soirée, le Brésil ouvrait même le score à Marseille. Ce qui n’empêchait pas les Lions de l’Atlas de tenter d’enfoncer le clou, à l’image de cette tentative d’Amzine.

Et tandis que la Norvège égalisait au Vélodrome,  Bassir s’offrait un doublé en trompant une nouvelle fois Leighton d’une frappe contrée par Hendry.

L’immense joie ayant suivi ce but signifiant la qualification pour le Maroc contraste avec la tristesse d’apprendre qu’en toute fin de match, la Norvège avait pris l’avantage de Brésil sur penalty. Pour l’Ecosse, comme pour le Maroc, la compétition s’arrêtait ce soir.

Ecosse : Leighton- McNamana, Boyd , Hendry – Weir, Burley, Collins, Lambert, Dailly – Gallacher, Durie.

Maroc : Benzerki – Saber, Triki, Naybet, Abrami – Hadji, Amzine, El-Khalej, Chippo – Bassir, Abeljallil

Buts : Bassir (22e, 84e), Abdeljalil (47e)

Cdm 98 : Brésil 2-1 Ecosse : Auriverde nouveaux horizons ?

Bien démarrer une Coupe du Monde. En voilà un obstacle auquel se sont heurtés nombre de champions sortants. Et c’est avec l’envie d’éviter la « malédiction du match nul » empêchant le tenant du titre mondial de remporter son premier match dans la compétition suivante, que le Brésil se présentait face à l’Ecosse pour ce match d’ouverture.

D’entrée de jeu, les joueurs de Mario Zagallo tentaient d’imposer une domination technique, passant par un jeu collectif et plutôt plaisant, à l’image d’un Bebeto remuant et cherchant quasi-systématiquement Ronaldo.

L’équipe auriverde semblait transfigurée, en rapport avec la piteuse qualité du jeu proposée durant les matches amicaux de préparation au Mondial, et cette domination se traduisait très vite au tableau d’affichage, lorsque César Sampaio reprenait au premier poteau un corner frappé par Bebeto.

On ne jouait que depuis quatre minutes et l’on pensait déjà le Brésil prendre un ascendant terrible sur des Ecossais qui devaient avoir la tête dans le sceau. Mais fidèles  à leur réputation qui veut que ces joueurs n’abdiquent jamais, ceux-ci tentaient de repartir de l’avant, et il s’en fallait de peu pour que Durie trompe Taffarel d’un lob en extension.

Le rythme du match s’emballait et l’on voyait de bonnes actions d’un côté comme de l’autre. Le Brésil semblait néanmoins dominer les débats, comme sur cette frappe de Rivaldo qui terminait dans les bras du potier adverse, ou sur ces deux longs ballons produits par Dunga, l’un trouvant Hendrie, lequel manquait de peu de tromper son propre gardien, l’autre repris de la tête par César Sampaio , sans que ce soit cadré.

Alors que la moitié de la première mi-temps était atteinte, le Brésil voyait son empreinte sur ce match s’étendre. Ronaldo se montrait dangereux d’abord par une série de dribble sur le côté droit, conclue par une frappe difficilement sortie par Leighton, puis en rôdant derrière la défense centrale écossaise, ce qui poussait le gardien adverse à sortir promptement devant lui.

L’Ecosse tentait tout de même de réagir, Gallacher percutait sur la droite et voyait son centre tendu n’être dégagé que par une reprise acrobatique de Junior Baiano. Et alors que l’on sentait la maîtrise brésilienne s’étioler quelque peu, tout en constatant un précision accrue du côté de l’Ecosse, César Sampaio se rendit coupable d’une faute complètement stupide en poussant Gallacher dans la surface, alors que le ballon était loin. Verdict : carton jaune pour Sampaio et penalty pour l’Ecosse, que Collins ne se faisait pas prier pour transformer.

On jouait la trente-neuvième minute, et le score était donc de un partout.

Le Brésil terminait donc péniblement cette première période, et ce n’étaient pas les rares accélérations de Ronaldo, ou les centres tendus de Roberto Carlos qui allaient changer la donne.

Dès le retour des vestiaires, Zagallo procédait à son premier changement. Leonardo entrait et suppléait Giovanni.

Très vite, le Brésil se remettait dans le sens de la marche. Ronaldo laissait filer le ballon entre ses jambes, ce qui profitait à Rivaldo dont la frappe passait de peu à côté. Ronaldo, encore, percutait dans l’axe, et talonnait pour Leonardo, mais la finition n’était toujours pas au rendez-vous.

Les protégés de Craig Brown tentait bien de se montrer menaçants, par l’intermédiaire de l’insaisissable Gallacher, mais son centre effectué en tombant ne trouvait personne.

Le Brésil ne s’en laissait d’ailleurs pas compter, comme le montraient cette tête pas assez appuyée de Ronaldo, ou cette reprise de Cafu, contrée.

L’Ecosse concédait de plus en plus de corners, et Mario Zagallo décidait de sortir Bebeto, de moins en moins influent, pour faire entrer Denilson et offrir à la fois une plus grande force de percussion à son équipe, ainsi qu’une meilleure utilisation des côtés.

Ce changement allait porter ses fruits, Denilson, très remuant depuis son entrée, obtenait une touche en provoquant sur le côté gauche. Dunga héritait du ballon et adressait un bon centre au deuxième poteau, vers Cafu, lequel tentait de piquer son ballon au-dessus de Leighton. Sa tentative était contrée mais Boyd se voyait dévier la gonfle dans son propre but sans qu’il ne puisse arrêter son mouvement. Le Brésil reprenait l’avantage : 2-1.

L’Ecosse semblait avoir reçu un terrible coup sur la tête et ne s’en relèverait pas, malgré cette belle frappe en pivot de Gallacher (encore lui), laquelle passait au-dessus et cette toute dernière action pour Collins, lequel vendangeait son coup-franc en l’expédiant dans le mur.

Sans être particulièrement brillant, le Brésil remportait donc son premier match de cette phase de groupes, en prenant le meilleur sur une équipe écossaise qui n’avait pas démérité, mais semblait trop limitée pour jouer un rôle sérieux dans la compétition. C’en était fini de la malédiction du tenant du titre.

Un joueur dans le match : Dunga. Le capitaine brésilien aura été le seul joueur à maintenir un niveau de performance élevée tout au long de la rencontre. Son jeu long n’aura souffert d’aucun déchet et son sens tactique aura fait énormément de bien à son équipe.

Mention spéciale : Gallacher, Ronaldo et Denilson. L’ailier écossais aura été une menace permanente pour l’arrière-garde auriverde. Il aura profité des espaces offerts par le naturel offensif de Roberto Carlos pour inquiéter plus d’une fois Taffarel.
Ronaldo n’aura pas été de toutes les actions brésiliennes, mais dès qu’il touchait le ballon, un vent de panique se levait chez Boyd et ses camarades. Cela suffit en général à classer un joueur.
Denilson aura permis au Brésil de mieux maîtriser son sujet et aura été à l’origine du second but de son équipe. Une entrée tout en percussion et vivacité qui aura fait du bien.

Une déception : Rivaldo. Pas assez vif, trop personnel, peu inspiré dans ses choix de passes, l’attaquant du Barça devait vite oublier ce match, sur lequel il n’aura pas assez pesé.

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