Ecosse 0 – 3 Maroc : Une vraie douche écossaise.

maroc

L’espoir était de mise en cette dernière journée de phase de poule, dans le groupe A. En effet, le Brésil déjà qualifié pour les huitièmes de finales, la course à la deuxième place était très ouverte entre Norvégiens, Marocains et Ecossais.
Les pronostics annonçant une Norvège triomphant d’une équipe auriverde démobilisée prenait vite du plomb dans l’aile lorsque les feuilles de match tombaient. Le Brésil allait jouer avec son équipe-type, ou presque.

Cela avait certainement de quoi redonner espoir  aux équipes écossaises et marocaines, lesquelles se devaient d’entrer dans la partie sans effectuer le moindre calcul.
Mais l’enjeu prit-il le pas sur l’enjeu ? La possible qualification pour un second tour de Coupe du Monde pesait-elle trop lourd dans la tête et dans les jambes des vingt-deux joueurs ? Nul ne le sait. Toujours est-il que l’on assista à un premier quart d’heure d’assez médiocre qualité ; les longs ballons étaient légion, d’un côté comme de l’autre, les seules véritables frappes étaient lointaines, et lorsqu’une équipe parvenait à s’introduire dans la surface adverse, de gros problèmes de finition plombaient les actions.

Alors que le public du stade Geoffroy Guichard aurait pu commencer à légitimement s’impatienter, ils virent l’Ecosse obtenir une première occasion avec cette tête de Durie, lequel profitait d’une sortie ratée de Benzerki, mais le ballon fuyait le cadre.
Et tandis qu’il imaginait que ce n’était que le début d’une période de domination des hommes en bleu, il assista à l’ouverture du score… Pour le Maroc ! En effet, du milieu du terrain, El-Khalej voyait l’appel dans l’axe de Bassir, entre deux défenseurs. Le milieu de terrain adressait un très bon ballon à son attaquant, lequel finissait de travail d’une demi-volée en angle fermé, plaçant la balle sur le côté droit de Leighton.  1-0, le match était enfin lancé !

Et s’il n’allait pas être fulgurant, le rythme allait monter crescendo, et le spectacle allait être au rendez-vous pour la deuxième partie de la seconde mi-temps. Mais, malgré les tentatives de Collins, de loin, de Hadji, également en dehors de la surface, et en dépit de ce superbe retour de Hendry dans les pieds de Bassir, rien ne sera marqué avant le retour aux vestiaires.

On imagine sans peine que Henri Michel, au courant du résultat de l’autre match du groupe, a su trouver les mots pour galvaniser ses joueurs, puisque dès la deuxième minute de la seconde période, Abdeljalil, lancé en profondeur par Hadji, s’en allait tromper Leighton en tentant de lober ce-dernier. Le gardien écossais, pas exempt de tout reproche sur le coup, fut surpris par l’audace de l’attaquant marocain, et sa claquette ne fut pas assez efficace ; après un rebond, la gonfle termina sa course au fond des filets. 2-0

Le score semblait indiquer la fin de l’aventure pour l’Ecosse. Et cela n’allait pas s’arranger lorsque Dury, qui aurait pu redonner espoir aux siens quelques minutes plus tôt, se rendait coupable d’un tacle dangereux par derrière sur Bassir, au milieu du terrain, écopant au passage d’un carton rouge.

Les Marocains prenaient alors véritablement le match à leur compte, profitant de l’avantage numérique pour exploiter les espaces et les contres. Tout souriait à cette équipe en cette soirée, le Brésil ouvrait même le score à Marseille. Ce qui n’empêchait pas les Lions de l’Atlas de tenter d’enfoncer le clou, à l’image de cette tentative d’Amzine.

Et tandis que la Norvège égalisait au Vélodrome,  Bassir s’offrait un doublé en trompant une nouvelle fois Leighton d’une frappe contrée par Hendry.

L’immense joie ayant suivi ce but signifiant la qualification pour le Maroc contraste avec la tristesse d’apprendre qu’en toute fin de match, la Norvège avait pris l’avantage de Brésil sur penalty. Pour l’Ecosse, comme pour le Maroc, la compétition s’arrêtait ce soir.

Ecosse : Leighton- McNamana, Boyd , Hendry – Weir, Burley, Collins, Lambert, Dailly – Gallacher, Durie.

Maroc : Benzerki – Saber, Triki, Naybet, Abrami – Hadji, Amzine, El-Khalej, Chippo – Bassir, Abeljallil

Buts : Bassir (22e, 84e), Abdeljalil (47e)

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Cdm 98 Brésil 1-2 Norvège: Deux qualifiés, un scandale.

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Dans notre cher pays ces dernières années, il y a eu l’histoire du sang contaminé, de la vache folle et il y aura aussi ce Brésil-Norvège désormais. Eliminés jusqu’à la dernière minute du temps réglementaire, les norvégiens réussissent le double exploit de battre le Brésil et de se qualifier, grâce à un pénalty imaginaire sifflé par monsieur Esfandiar Baharmast à l’entrée du temps additionnel. Cruel pour les marocains qui avait fait le plus difficile dans l’autre match de la soirée.

Zagallo a été clair dans la presse « nous sommes le Brésil, nous n’avons pas le droit de perdre un match de coupe du monde ». Pour tout ceux qui doutaient de l’implication des brésiliens déjà qualifiés avant cette dernière rencontre, la réponse est limpide. Pas d’impasse. Donc pas d’équipe bis. On retrouve l’équipe-type (ou presque) avec les Ronaldo, Rivaldo, Bebeto, Dunga. Seuls les joueurs susceptibles d’être suspendus pour un carton jaune sont protégés. A noter tout de même la première titularisation en coupe du monde du petit génie Denilson dont l’association offensive avec El Phenomeno assure un avenir radieux à la Seleçao.
Chez les scandinaves, équipe bis en face ou pas, la donne est claire. Une victoire et c’est la qualification. Un nul et il ne faudrait pas de vainqueur dans le match Ecosse-Maroc.

Mais battre ce Brésil-là semble déjà compliqué pour les autres favoris, alors pour la Norvège… Dans le jeu, il n’y a pas photo, les brésiliens sont largement supérieurs. Avec des techniciens comme Leonardo ou Rivaldo au milieu et l’apport offensif des deux latéraux Roberto Carlos et Cafu, les auriverde s’installent dans le camp adverse en début de partie. C’est du football à la cool, samba capirinha, le Brésil veut plier l’affaire le plus rapidement possible.
Les norvégiens ne l’entendent évidemment pas de cette oreille et jouent sur leurs qualités physiques derrière. Ca défend debout, ça ne sort pas et ça emmerde bien les brésiliens d’ailleurs.

Après quinze premières minutes plaisantes, un faux rythme va rapidement s’installer pour tout le reste de la partie. On essaie de se créer des occasions des deux côtés mais les défenses prennent toujours le dessus. Tore Andre Flo est exceptionnel mais trop esseulé devant pour faire la différence. La Norvège ne sort pas assez, c’est le problème. Et ce malgré l’ouverture du score marocaine dans l’autre partie! Les brésiliens sont tranquilles et donc pas assez impliqués. De quoi agacer passablement Mario Zagallo…

Et le public marseillais en seconde période. Durant les vingts premières minutes de cette seconde période, on s’ennuie allègrement. Le Brésil se contente de faire tourner la balle entre Dunga et les défenseurs. Ca siffle de plus en plus fort devant ce non-match et on se demande ce qu’attendent les norvégiens pour se sortir les doigts.
C’est un changement tactique qui va donner la tendance avec un passage en 4-4-2, Solskjaer venant se placer au côté de Flo. Plus de présence dans le camp brésilien et plus d’opportunités par la même occasion. Y’a pas de secret hein.
La Norvège prend confiance, dessert l’étau et tente enfin sa chance. Flo commence à mettre le feu dans la surface du Brésil et on frappe au but.

Du petit lait pour le Brésil qui en profite pour porter le coup final. Sur un centre de Denilson – son seul bon geste du match- Bebeto reprend seul de la tête à bout portant. 1-0 et le Maroc qui mène de deux buts dans l’autre match à dix minutes de la fin, autant dire que la messe est dite. Croit-on tout du moins.
Ce but va lancer une fin de match de fou furieux. Dans la foulée, Tore Andre Flo égalise en slalomant dans la surface avant d’avoir deux ballons de 2 à 1 coup sur coup. Le public scandinave pousse comme un seul homme, les brésiliens n’y sont plus du tout et laissent venir. Et c’est là qu’intervient l’arbitre américain. Sur un centre anodin, ce dernier voit une faute de Baiano sur Flo. Faute totalement inexistante sur tout les ralentis. Pénalty, transformé par Rekdal et la Norvège réussit un retour inespéré en accrochant la qualification finale.

On conseille à nos amis marocains de ne jamais voir ce match tellement le scénario est terrible pour eux avec cette décision arbitrale contestable. Mais ça, les norvégiens s’en moquent et peuvent se féliciter d’avoir su réagir immédiatement après le but encaissé. Pour le Brésil, c’est une défaite anecdotique, pour les chiffres. Ils finissent premiers et joueront le Chili en huitième. La Norvège reviendra à Marseille pour affronter l’Italie.

FEUILLE DE MATCH
1-2: Bebeto (79′) – T.A Flo (84′) Rekdal (90′ sp)
Stade Vélodrome, Marseille
57.000 spectateurs
Arbitre: Monsieur Esfandiar Baharmast (Etats-Unis)


BRESIL

.Taffarel (5): RAS. Deux buts encaissés sans qu’il n’y puisse rien.

.Cafu (6): Toujours aussi impressionnant avec ses six poumons et ses multiples allers-retours sur son aile droite. Il a apporté du soutien dans les attaques et personne n’est jamais passé sur ce côté.

.Junior Baiano – Gonçalves (6): Ils ont réussi à minimiser l’impact d’un Flo on fire. Il faut dire qu’ils n’avaient que lui à surveiller devant.

.Roberto Carlos (6): Pareil que pour Cafu, la puissance de frappe et de centre en plus. Le mec est quand même capable de passer un quart d’heure sur la même ligne que ses attaquants. Fou.

.Dunga (5.5): Le fossoyeur a fait son travail, ni plus ni moins.

.Leonardo (6): Tous les ballons sont passés par lui en première période, sa technique faisant la différence au milieu et lançant parfaitement les quelques attaques brésiliennes. Il a néanmoins disparu de la circulation au fil du match.

.Rivaldo (6): Un régal pour les yeux techniquement. Il est fin, il a du nez dans ses décisions et apporte toujours le danger à l’approche du but. Pas récompensé de ses efforts ce soir de ses efforts.

.Denilson (3): Il n’a rien fait, trop timide sur le côté gauche. Pire quand il avait le ballon, il a trop cherché à prouver et a pêché par excès d’individualisme. Sa passe décisive rattrape quelque peu sa prestation.

.Bebeto (5.5): Des décrochages, agacé par le manque d’envie de ses partenaires. C’est presque logique que ce soit lui qui marque ce soir pour le Brésil.

.Ronaldo (5): El Phenomeno a sorti le minimum syndical ce soir. Il a bien tenté de partir dans ses hallucinantes accélérations mais a vite déchanté devant la très bonne défense norvégienne. A trop vite baissé les bras.

NORVEGE
.Grodas (5.5): Bon match du gardien, abandonné sur le but brésilien. Il a effectué quelques sorties déterminantes.

.Berg (5): Un match assez tranquille, il a tenu le jeune Denilson en bon taulier.

.Johnsen – Eggen (7.5): Enorme match de la paire défensive norvégienne. Zéro panique, de l’anticipation, l’envie de défendre debout, les deux gaillards ont complètement tenu Ronaldo et quiconque se présentait face à eux dans l’axe. Vieri est prévenu.

.Bjornbeye (5.5): Il n’avait personne à défendre, mis à part quand Cafu montait. Il a donc pu donner un coup de main à ses deux défenseurs centraux quand il le fallait. Souvent avec succès.

.Rekdal (4.5): Un match très moyen mais le but de la qualification sur ce pénalty. Il ne retiendra sans doute que ça.

.Leonhardsen (4.5): Assez insipide lui aussi, il n’a jamais pesé sur le match.

.Strand (3): Fantôme remplacé à la mi-temps par Mykland (4.5) qui aurait pu prendre un rouge pour ce découpage en règle sur Roberto Carlos.

.Riseth (4): On ne l’a pas vu non plus celui-ci. Il n’a pas apporté assez de percussion et a trop souvent évité le face à face avec Cafu sur le côté. Remplacé par Jostein Flo, petit frère de l’attaquant de Chelsea.

.H.Flo (3): Les vieilles jambes d’Havard Flo ont pris le bouillon face à Roberto Carlos. Il n’a rien fait de transcendant et est sorti pour les vingts dernières minutes, supplée par Solskjaer qui a tout de suite apporté sa vivacité.

.Tore Andre Flo (8): Mais quel match! Il n’est pas qu’un monstre physique, il est aussi très habile avec ses pieds. Jeu dos au but, remise de la tête, lucidité dans la surface, il a déployé toute sa panoplie et a sorti le match parfait, tout seul devant. Enorme.

Ecosse 1-1 Norvège: l’instant norvégien

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Pour cette deuxième journée du groupe A, les deux outsiders du groupe se rencontraient à Bordeaux et alors qu’on s’attendait à une longue après-midi dédiée au kick&rush et au jeu de tête, l’Ecosse nous a gratifié d’une superbe prestation pas récompensée.

La première mi-temps fut à sens unique. On a vu que du jaune, couleur du maillot dégueulasse des Ecossais et de la chevelure d’Hendry. Il n’y a pas eu de bataille au milieu où les Lambert, Collins, Jackson se sont promenés devant un milieu norvégien qui semblait complètement à la rue. Malgré quelques belles occasions, les buteurs écossais Durie et Gallacher n’ont pas trouvé le moyen de tromper Grodas. Le tonique Dailly a fait du côté gauche son royaume et ses nombreux débordements conclus par un centre n’ont pas trouvé preneur.

A la reprise, les Norvégiens revenaient la bave aux dents. En 10 minutes, ils ont démontré qu’ils pouvaient bousculer les Scottish. Et c’est sur un centre de Riseth que Havard Flo trompe le gardien écossais, pas aidé par sa défense sur ce coup-ci. Pendant quelques minutes, Rekdal prend le jeu à son compte et les Scandinaves obtiennent trois-quatre situations chaudes mais bizarrement, les Norvégiens reprennent leur rythme de première mi-temps ensuite.

Les Ecossais qui ont pris un coup sur le casque essayent de revenir dans le match. On voit moins Collins mais Dailly et Durie entraînent leurs collègues par leur envie. Assez logiquement sur un superbe ballon en profondeur de David Weir, Burley trompe Grodas d’un subtile lob. Les vingt dernières seront encore complètement écossaises. Malheureusement les joueurs de Craig Brown ne seront pas récompensés de leurs efforts et de leur qualité de jeu. Le match se termine sur ce 1-1 qui ne qualifie aucune des deux équipes mais ne les élimine pas non plus.

Si le Brésil joue le jeu contre la Norvège, il y a de bonnes chances qu’on retrouve l’Ecosse en huitièmes, ce qui serait mérité au vu de la qualité de jeu produit.

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Les voleurs norvégiens

Grodas a été bon sur sa ligne et dans les airs mais sa sortie hasardeuse sur le but concédé coûte la victoire à son équipe. Berg a pris le bouillon sur son côté face à l’excellent Dailly. Heureusement la Norvège a pu compter sur sa charnière BjornebyeEggen, excellente dans le jeu aérien et solide.

On a pas vu le milieu norvégien en première mi-temps mais le réveil de Rekdal en début de 2è mi-temps s’est fait remarquer. La justesse technique du n°10 norvégien a fait le plus grand bien à son équipe.

Les ailiers Riseth et Flo n’ont joué que 10 minutes, assez pour envoyer une passe décisive et un but. En pointe, Tore Andre Flo a pris une leçon de fighting spirit face au colosse Hendry.

 

Les beaux mecs écossais

Hendry a écrasé Flo pendant tout le match : tacle, jeu aérien, anticipation – le manuel du bon stoppeur sur 90 minutes. Le latéral gauche Dailly a effectué un superbe match dans l’apport offensif. Malheureusement il est coupable sur le but encaissé.

Au milieu, l’Ecosse possède une paire de manieurs de ballon remarquable : Collins, Lambert, Jackson. Pendant 45 minutes, on a eu le droit à une vraie démonstration de jeu à 2 touches de balle. Mention spéciale à John Collins, le milieu de l’AS Monaco, toujours un plaisir pour les yeux.

Devant, l’Ecosse a un incroyable lion. Le généreux Durie est un véritable danger latent pour la défense adverse, très généreux mais peu efficace. Cependant il crée de gros espaces par son jeu en mouvement perpétuel.

Cdm 98 Brésil-Maroc: Ronaldo vif football

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Deux matches, deux victoires et une qualification dans la poche: le Brésil de Mario Zagallo n’a laissé aucune chance au Maroc sur la pelouse de la Beaujoire, dimanche soir (3-0). Sans forcer, la Seleção est assurée de termine première du groupe A et peut déjà se tourner vers son huitième de finale.

Une défense de fer et une attaque de feu: sans sourciller, sur la pelouse des Canaris, la Canarinha n’a pas eu de mal pour renvoyer les Lions de l’Atlas à leurs chères études. A peine 50 minutes, le temps de trouver trois fois le chemin des filets de Driss El Zekri, laissé bien seul par une arrière-garde totalement dépassée par l’activité du trident Rivaldo-Bebeto-Ronaldo. Chacun d’entre eux a d’ailleurs inscrit un but, à des moments cruciaux de la partie. Jamais les hommes d’Henri Michel n’ont été en mesure de contester l’hégémonie auriverde. Leader technique de son équipe, le classieux Mustapha Hadji n’a guère eu l’occasion de se mettre en valeur, tant il a éprouvé les pires difficultés à se défaire de l’étreinte brésilienne, remarquablement articulée autour d’Aldair, César Sampaio et Junior Baiano.

Resté muet lors du match inaugural face à l’Ecosse, Ronaldo est passé à la vitesse supérieure. Dès la 9e minute, il a ouvert son compteur grâce à une magnifique frappe à l’entrée de la surface, convertissant au tableau d’affichage, la domination outrageuse des Brésiliens au début du match et qui avait déjà failli se conclure dès la 2e minute par un but de Leonardo, signalé hors-jeu. Sérieux, appliqués et sobres, les Auriverde ont réalisé une partie tout en maîtrise, sans se mettre en danger pendant 90 minutes. Favoris à leur propre successions, les joueurs de Mario Zagallo ont lancé un avertissement à l’adresse de tous leurs rivaux.

Histoire que les Lions de l’Atlas n’espèrent pas revenir dans le match, les Brésiliens ont assommé leurs adversaires à quelques secondes de la pause. A la conclusion d’un mouvement collectif qu’il a initié côté gauche et qui s’est achevé par un centre au cordeau de Cafu côté droit, Rivaldo a mis définitivement la Seleção à l’abri (45+2). Le meneur de jeu, bien aidé par un Ronaldo virevoltant, a régalé le public nantais de sa vista. Dès le retour des vestiaires, Bebeto a clôturé le show jaune et vert, servi délicieusement par O Fenômeno (50e). A ce titre, l’attaquant de l’Inter mérite le titre d’homme du match, tant sa puissance et sa technique ont fait merveille. Clairement, ce Mondial sera le sien.

Si les Brésiliens peuvent célébrer leur qualification, les Marocains quant à eux n’ont plus d’autres choix que de l’emporter largement face à l’Ecosse et d’espérer dans le même temps une défaite de la Norvège face à la Seleção, le 23 juin prochain au Vélodrome de Marseille. Même s’ils n’ont plus leur destin entre leurs pieds, les Lions de l’Atlas ont encore des raisons d’y croire.

François Miguel Boudet

Cdm 98 : Brésil 2-1 Ecosse : Auriverde nouveaux horizons ?

Bien démarrer une Coupe du Monde. En voilà un obstacle auquel se sont heurtés nombre de champions sortants. Et c’est avec l’envie d’éviter la « malédiction du match nul » empêchant le tenant du titre mondial de remporter son premier match dans la compétition suivante, que le Brésil se présentait face à l’Ecosse pour ce match d’ouverture.

D’entrée de jeu, les joueurs de Mario Zagallo tentaient d’imposer une domination technique, passant par un jeu collectif et plutôt plaisant, à l’image d’un Bebeto remuant et cherchant quasi-systématiquement Ronaldo.

L’équipe auriverde semblait transfigurée, en rapport avec la piteuse qualité du jeu proposée durant les matches amicaux de préparation au Mondial, et cette domination se traduisait très vite au tableau d’affichage, lorsque César Sampaio reprenait au premier poteau un corner frappé par Bebeto.

On ne jouait que depuis quatre minutes et l’on pensait déjà le Brésil prendre un ascendant terrible sur des Ecossais qui devaient avoir la tête dans le sceau. Mais fidèles  à leur réputation qui veut que ces joueurs n’abdiquent jamais, ceux-ci tentaient de repartir de l’avant, et il s’en fallait de peu pour que Durie trompe Taffarel d’un lob en extension.

Le rythme du match s’emballait et l’on voyait de bonnes actions d’un côté comme de l’autre. Le Brésil semblait néanmoins dominer les débats, comme sur cette frappe de Rivaldo qui terminait dans les bras du potier adverse, ou sur ces deux longs ballons produits par Dunga, l’un trouvant Hendrie, lequel manquait de peu de tromper son propre gardien, l’autre repris de la tête par César Sampaio , sans que ce soit cadré.

Alors que la moitié de la première mi-temps était atteinte, le Brésil voyait son empreinte sur ce match s’étendre. Ronaldo se montrait dangereux d’abord par une série de dribble sur le côté droit, conclue par une frappe difficilement sortie par Leighton, puis en rôdant derrière la défense centrale écossaise, ce qui poussait le gardien adverse à sortir promptement devant lui.

L’Ecosse tentait tout de même de réagir, Gallacher percutait sur la droite et voyait son centre tendu n’être dégagé que par une reprise acrobatique de Junior Baiano. Et alors que l’on sentait la maîtrise brésilienne s’étioler quelque peu, tout en constatant un précision accrue du côté de l’Ecosse, César Sampaio se rendit coupable d’une faute complètement stupide en poussant Gallacher dans la surface, alors que le ballon était loin. Verdict : carton jaune pour Sampaio et penalty pour l’Ecosse, que Collins ne se faisait pas prier pour transformer.

On jouait la trente-neuvième minute, et le score était donc de un partout.

Le Brésil terminait donc péniblement cette première période, et ce n’étaient pas les rares accélérations de Ronaldo, ou les centres tendus de Roberto Carlos qui allaient changer la donne.

Dès le retour des vestiaires, Zagallo procédait à son premier changement. Leonardo entrait et suppléait Giovanni.

Très vite, le Brésil se remettait dans le sens de la marche. Ronaldo laissait filer le ballon entre ses jambes, ce qui profitait à Rivaldo dont la frappe passait de peu à côté. Ronaldo, encore, percutait dans l’axe, et talonnait pour Leonardo, mais la finition n’était toujours pas au rendez-vous.

Les protégés de Craig Brown tentait bien de se montrer menaçants, par l’intermédiaire de l’insaisissable Gallacher, mais son centre effectué en tombant ne trouvait personne.

Le Brésil ne s’en laissait d’ailleurs pas compter, comme le montraient cette tête pas assez appuyée de Ronaldo, ou cette reprise de Cafu, contrée.

L’Ecosse concédait de plus en plus de corners, et Mario Zagallo décidait de sortir Bebeto, de moins en moins influent, pour faire entrer Denilson et offrir à la fois une plus grande force de percussion à son équipe, ainsi qu’une meilleure utilisation des côtés.

Ce changement allait porter ses fruits, Denilson, très remuant depuis son entrée, obtenait une touche en provoquant sur le côté gauche. Dunga héritait du ballon et adressait un bon centre au deuxième poteau, vers Cafu, lequel tentait de piquer son ballon au-dessus de Leighton. Sa tentative était contrée mais Boyd se voyait dévier la gonfle dans son propre but sans qu’il ne puisse arrêter son mouvement. Le Brésil reprenait l’avantage : 2-1.

L’Ecosse semblait avoir reçu un terrible coup sur la tête et ne s’en relèverait pas, malgré cette belle frappe en pivot de Gallacher (encore lui), laquelle passait au-dessus et cette toute dernière action pour Collins, lequel vendangeait son coup-franc en l’expédiant dans le mur.

Sans être particulièrement brillant, le Brésil remportait donc son premier match de cette phase de groupes, en prenant le meilleur sur une équipe écossaise qui n’avait pas démérité, mais semblait trop limitée pour jouer un rôle sérieux dans la compétition. C’en était fini de la malédiction du tenant du titre.

Un joueur dans le match : Dunga. Le capitaine brésilien aura été le seul joueur à maintenir un niveau de performance élevée tout au long de la rencontre. Son jeu long n’aura souffert d’aucun déchet et son sens tactique aura fait énormément de bien à son équipe.

Mention spéciale : Gallacher, Ronaldo et Denilson. L’ailier écossais aura été une menace permanente pour l’arrière-garde auriverde. Il aura profité des espaces offerts par le naturel offensif de Roberto Carlos pour inquiéter plus d’une fois Taffarel.
Ronaldo n’aura pas été de toutes les actions brésiliennes, mais dès qu’il touchait le ballon, un vent de panique se levait chez Boyd et ses camarades. Cela suffit en général à classer un joueur.
Denilson aura permis au Brésil de mieux maîtriser son sujet et aura été à l’origine du second but de son équipe. Une entrée tout en percussion et vivacité qui aura fait du bien.

Une déception : Rivaldo. Pas assez vif, trop personnel, peu inspiré dans ses choix de passes, l’attaquant du Barça devait vite oublier ce match, sur lequel il n’aura pas assez pesé.

http://www.youtube.com/watch?v=3jDOFI0ej4A