Cdm 98 Chili 1-1 Cameroun : des Camerounais morts de faim

MBOMA TAPIA

Sur le papier, Chili-Cameroun n’est pas LA grosse affiche de la compétition et pourtant. Et pourtant rien du tout parce que tout simplement, ce ne fut pas un gros match, ni une grosse affiche. Juste un match plaisant par moment.

Les deux entraîneurs avaient pourtant opté pour des compositions assez offensives, en 3-5-2. Et à ce petit jeu, ce sont les Chiliens qui s’en sortirent le mieux. En début de match en tout cas. La première occasion est à mettre à l’actif de Clarence Acuña mais sa tête passa largement à côté. Le match était définitivement lancé d’autant plus que M’Boma répondra à cette occasion trois minutes plus tard par une frappe de 20 mètres qui frôla le poteau de Nelson Tapia. Mais ce soubresaut camerounais ne dura pas très longtemps. Au fur et à mesure du match, le Chili s’installa peu à peu. Les occasions franches, ce sont eux qui se les procurèrent. En attestent la tête de Reyes et la reprise de Zamorano de la 11ème minute qui furent repoussées respectivement par Jacques Songo’o et par Rigobert Song. Le Chili poussait et face à tant de pression, les Camerounais ne pouvait que répondre violemment. Les tacles étaient spectaculaires, les chutes gagesques et les coups de sifflet de l’arbitre Vagner pleuvaient. Et c’est tout naturellement que le Chili ouvrit le score sur un coup-franc direct. Après un croche-pied de Rigobert Song près de la surface, José Luis Sierra, le joueur de Colo-Colo se fit un plaisir d’enrouler sa frappe et de tromper Jacques Songo’o. Cette ouverture du score chilienne n’était qu’alors amplement méritée. Mais tout n’allait pas durer. Après une longue et nette domination du Chili, les Lions Indomptables allaient reprendre du poil de la bête. Comme un symbole. Patrick M’Boma allait, lui, en profiter. Auteur de 29 buts en 34 matchs au Gamba Osaka, le joueur offensif se procura deux grosses occasions. Tout d’abord sa tête à la 25ème minute fut trop croisée puis son enchaînement contrôle poitrine dos au but et retournée acrobatique passa à côté treize minutes plus tard. Entre-temps, François Omam-Biyick s’était lui aussi montré à son aise en se procurant deux grosses occases. Mais l’arbitre en décida autrement en annulant l’un de ses buts pour un hors-jeu vérifié.

C’est ainsi que se termina la première mi-temps.

Et la deuxième allait continuer dans ce sens : des Camerounais qui donnent le tout pour le tout pour se qualifier face à des Chiliens heureux de mener au score et qui tentent de ne pas se faire rejoindre. Pourtant un élément allait jouer en faveur des Sud-Américains. Enfin c’est ce que l’on croyait. En effet, à la 52ème minute, l’arbitre hongrois décida d’expulser Rigobert Song pour un coup de coude pas évident. Abusé par une exagération de Marcelo Salas, Mr Vagner sortit le carton rouge direct pour le grand défenseur central. Un carton rouge qui viendra punir Rigobert Song pour l’ensemble de son oeuvre depuis le début du match. Les Africains allaient donc devoir lutter à 10 contre 11 pour pouvoir revenir au score. Chose qu’ils feront très rapidement par l’intermédiaire de Patrick M’Boma. Nous jouons alors la 57ème minute, Omam-Biyick réalise un centre parfait et M’Boma reprend d’une tête magistrale. Reyes et Tapia, les deux Chiliens directement impliqués ne peuvent que s’incliner. Mais les Camerounais ne s’arrêtent pas là et ne se contentent pas du point du match nul. Pour se qualifier pour les huitièmes de finale, ils devaient gagner. C’est pour cela que quelques secondes après l’égalisation tout un pays fut en joie lorsque François Omam-Biyick doubla la mise. Malheureusement, la joie fit vite place à la déception lorsque l’arbitre siffla une position de hors-jeu. 1-1 encore donc. Claude Le Roy pouvait être fier de ses hommes. L’abnégation et la volonté dont ils faisaient l’étalage étaient de toute beauté. Mais le temps s’écoulait et toujours pas de deuxième but. Les inquiétudes se faisaient de plus en plus ressentir d’autant plus que la fatigue était présente. Du coup, les vingt dernières minutes se résumèrent à quelques petites occasions pour les joueurs Africains. Rien d’exceptionnel dans la finition mais encore et toujours beaucoup d’envie. Comme si le ballon était pour eux un morceau de viande. Finalement la frustration l’emporta et Lauren, qui venait de rentrer se fit exclure. Là encore la décision de l’arbitre fut discutable. Ok il y avait faute mais le rouge n’était-il pas Exagéré ? Certainement que si. A neuf contre et à quelques secondes de la fin du match, le Cameroun ne pouvait plus rien espérait. Même pas Omam-Biyick qui se créa la dernière occasion.

Grâce à ce match nul, le Chili devance d’un petit point ses concurrents et termine deuxième de son groupe devant l’Autriche et le Cameroun, avec deux points chacun. Le score est cruel pour le Cameroun tant ils ont montré de belles choses. Malheureusement, comme on le dit souvent, l’envie ne suffit pas. Il manquait sans doute un peu de talents aux joueurs africains…

Les tops :

François Omam-Biyick et Patrick M’Boma ont mis la défense chilienne à feu et à sang se procurant chacun énormément d’occasions. De leur côté, les attaquants du Chili, la fameuse doublette Zamorano/Salas ont fait parler leur bonne entente. Les milieux de terrain ont aussi été à la fête. Surtout José Luis Sierra, auteur d’un coup-franc magnifique dans la lucarne et Salomon Olembé, jeune camerounais qui a éclaboussé le début de rencontre par sa facilité technique. Le futur footballistique de son pays est entre ses pieds.

Les Flops :

Si flop rime presque avec Job ce n’est pas sans raison. Le joueur de l’Olympique Lyonnais n’a rien montré. En fait, on se demande s’il était vraiment sur le terrain.

Feuille du match :

Stade de la Beaujoire, Nantes, 35 500 spectateurs.

Arbitre : Laszlo Vagner (Hongrie) assisté de Muhammad Wickeramatunge (Sri Lanka) et de Hamid Halim Abdul (Malaisie)

Buts : J. Sierra 21′, P. M’Boma 56′

Chili : Tapia – Villaroel (puis Cornejo 70′), Reyes, Fuentes, Margas, Rojas (puis Ramirez 77′) – Acuna, Sierra (puis Estay 70′), Parraguez – Zamorano, Salas.

Cameroun : Songo’o – N’Do (puis Lauren 83′), Njanka, Bilong, Song, Womé – Olembé (puis Angibeaud 69′), Mahouvé, M’Boma – Omam-Biyick, Job (puis Tchami 72′).

Cdm 98 Italie 2-1 Autriche: La Squadra au rendez-vous

vieri

Troisième et dernière journée de ce groupe B dans lequel tout est encore possible. L’Italie est en position favorable pour atteindre le prochain tour mais devra terminer le travail sérieusement pour s’éviter une terrible déroute. L’Autriche, toujours en vie, cherchera à continuer sur la voie des miracles après ses deux matches nuls arrachés dans les arrêts de jeu.

Un Stade de France rempli, de l’enjeu, il y avait de quoi vivre une bonne après-midi. Mais le premier fait de jeu va complètement tuer dans l’oeuf tout nos espoirs. Nesta s’offre une montée dès la première minute, chie sa conduite de balle et vient tacler désespérément pour ne pas perdre le ballon. Vilaine faute, les esprits s’échauffent d’entrée mais surtout le laziale se pète le genou. Fin de mondial pour lui très certainement.
Une entrée en action qui va avoir une répercussion sur la suite du match où les mauvais gestes et les petits coups de pute vont se succéder. Pas de place pour le football là dedans et on ne voit rien techniquement. L’enjeu a pris le pas sur le jeu.
On va jusqu’à la mi-temps sans la moindre occasion, les italiens contrôlent leurs adversaires mais ne cherchent pas à le tuer. Et quand on sait qu’à côté, le Chili mène face au Cameroun, c’est une envie de jouer avec le feu bien dangereuse..

Heureusement, le talent individuel transalpin peut faire la différence à tout moment. Et tout de suite après la pause, on retrouve le duo d’artistes Del Piero-Vieri à la baguette. Le premier botte un coup franc parfait sur la tête du second. Quatrième but déjà dans ce mondial pour le buffle de l’Atletico et l’Italie s’ouvre le chemin des huitièmes de finale.
L’Autriche est dos au mur et sait qu’il faut jouer maintenant pour aller chercher le second précieux sésame. Pour la première fois de la compétition, les autrichiens cherchent ENFIN à passer à l’offensive. Et si dans le jeu, c’est pas forcément beau, les coups de pieds arrêtés leur viennent en aide. Et sur un corner, Pfeifenberger n’est pas loin d’égaliser d’un retourné acrobatique que Pagliuca sort avec pas mal de chance et de dextérité.

Cesare Maldini est confiant et fait tourner sa doublette offensive en la remplaçant par Inzaghi et Roberto Baggio. Derrière c’est assez solide et talentueux pour tenir le coup. On voit bien un peu plus Vastic ou Haas mais ça reste tout de même trop faible pour faire trembler l’arrière garde italienne. Ils vont jouer à l’ancienne, laissant le ballon à l’adversaire et procédant en contre. C’est pas beau mais c’est efficace. Le dernier quart d’heure est long, très long du coup tant l’Autriche n’a aucune arme pour créer du jeu. Et c’est l’Italie qui se procure les plus belles opportunités comme cette action insensée à trois seul face au gardien qui finit mochement par excès de gourmandise de Moriero qui oublie Roberto Baggio.
Mais ce dernier ne va pas manquer la prochaine occasion et inscrira son deuxième but du Mondial, celui du break définitif aujourd’hui. Herzog réduira le score sur pénalty quelques secondes plus tard avec un troisième but en trois matches dans les arrêts de jeu. Voilà pour l’anecdote.

Ca passe donc fort logiquement pour l‘Italie, qui termine première du groupe et évite ainsi le Brésil au prochain tour. Sans briller, la Squadra a su faire le travail en patron dans un groupe largement à sa portée. Il faudra élever le niveau de jeu tout de même désormais, et compter sur la forme olympique de Vieri devant.
En revanche c’est fini pour l’Autriche qui aurait dû finir avec le bonnet d’âne et 0 point sans les arrêts de jeu des trois rencontres. Une sortie par la petite porte.

FEUILLE DE MATCH
2-1: Vieri (48′) Roberto Baggio (89′) – Herzog (90′ sp)
Stade de France, St Denis
80.000 spectateurs
Arbitre: Monsieur Paul Durkin (Angleterre)

LES TOPS/LES FLOPS
Il n’y a pas franchement eu de prestations individuelles époustouflantes cet après midi. On notera le 4e but de Christian Vieri qui s’installe seul devant au classement des buteurs. Bon match de Del Piero qui a apporté toute sa technique face à la rugosité défensive des autrichiens. Moriero a également été intéressant entre jeu au centre et apport sur l’aile droite. Maldini, toujours bel homme.
Pas grand chose à dire sur les autrichiens. Ils nous ont emmerdé trois matches et on n’est pas mécontent de les voir sortir. Polster a été en dessous de tout et s’est vite fait remplacer par Haas qui a eu le mérite d’apporter de la percussion. Konsel a encore fait le taf dans les buts, et si l’Autriche repart avec deux points, c’est aussi grâce à lui.

Cdm 98 Italie 3-0 Cameroun : une banane pour les Camerounais

WORLD CUP ITA CMR SOC

Des bons Italiens en début et en fin de match et au milieu une bataille plus âpre et équilibrée. Tel pourrait être le résumé du match de ce groupe B. Buteurs dès la 8ème minute suite à un magnifique coup de tête de Di Biagio magnifiquement bien servi par Roberto Baggio, les hommes de Cesare Maldini ont commencé sur des chapeaux de roue, ne laissant pas les Camerounais respirer. La ligne de récupération était haute, les Italiens très offensifs. Et quand Christian Vieri n’était pas hors-jeu, les attaquants italiens butaient sur Jacques Songo’o, le gardien du Deportivo La Corogne. Mis en confiance par les arrêts de son gardien et les loupés adverses, les Camerounais en profitèrent pour sortir petit à petit la tête de l’eau jusqu’à faire jeu égal avec la Nazionale. Tout cela jusqu’à la 43ème minute et l’expulsion de Kalla pour un attentat les deux pieds décollés sur un Di Biagio déjà au sol. Le tournant du match ? Et bien non. À 10 contre 11, le Cameroun ne faiblissait pas. L’infériorité numérique ne se faisait même pas sentir. Il faut dire que Claude Le Roy n’avait pas cédé aux sirènes défensives. Après l’expulsion de son défenseur central pas question d’en faire rentrer un autre. Au contraire, au retour des vestiaires l’entraîneur du Cameroun avait changé Ipoua par Job, c’est à dire un attaquant par un autre. Njanka, latéral en début de match, passait quant à lui dans l’axe de la défense. Cette tactique portait ses fruits et ce sont même les Camerounais qui dominaient le début de seconde période. Mais la débauche d’énergie supplémentaire pour combler le trou laissé par l’expulsion de Kalla allait bientôt se faire sentir. La fin de match fut atroce pour les Africains, magnifique pour les Italiens. Surtout pour Christian Vieri. Malheureux tout le match, le joueur de l’Atletico Madrid pouvait enfin jubiler. Ses deux buts dans le dernier quart d’heure délivrèrent tout un pays et évitèrent des sueurs froides à ses défenseurs. Finalement l’Italie l’emporta 3-0 assez facilement tout en souffrant une partie du match. Bizarre non ? Peu importe, les Italiens pointent à la première place du groupe B devant la Bulgarie, le Chili et le Cameroun.

Feuille de match :

Montpellier, Stade de la Mosson

29 800 spectateurs

Arbitres : Edward Lennie (Australie) assisté de Claudio Rossi (Argentine) et de Lencie Fred (Vanuatu).

Italie 3-0 Cameroun : Luigi Di Biagio 8′, Christian Vieri 75′ 89′

Italie : Pagliuca – Nesta, Cannavaro, Maldini, Costacurta – Albertini (puis Di Matteo 62′), D. Baggio, L. Di Biagio, Moriero (puis Di Livio 83′), R. Baggio (puis Del Piero 65′)- Vieri

Cameroun : Songo’o – Njanka, Song, Kalla, Womé – N’Do, Angibeaud, Olembé – Omam-Biyick (puis Tchami 66′), M’Boma (puis Eto’o 66′), Ipoua (puis Job 46′)

Cartons jaunes : Womé 6′, Njanka 16′, Costacurta 26′, Di Biagio 63′, Angibeaud 79′, Song 85

Carton rouge : Kalla 43′

ITALIE :

G.Pagliuca 5/10 : finalement il n’eut pas grand chose à faire.

P.Maldini 6.5/10 : bon du début à la fin. À l’origine du premier but, il ne laissa jamais de côté l’aspect offensif de son poste. Au contraire. Toujours agressif, il a récupéré le ballon assez haut tout le match. Et quand les Camerounais franchissaient le milieu de terrain, Maldini était toujours là pour revenir et pour arracher le ballon.

A. Nesta, A. Costacurta et F.Cannavaro 5/10 : solides. Les Lions indomptables ce soir c’étaient eux. Même si leurs proies n’étaient pas bien vivaces.

D. Albertini 5.5/10 : visionnaire et récupérateur. Visiorateur. Remplacé par R. Di Matteo à la 62ème minute.

D. Baggio 6/10 : après Vieri, il est l’Italien qui s’est créé le plus d’occasions.

L. Di Biagio 6/10 : sosie de Pascal Obispo, le joueur de l’AS Roma a été discret mais, mine de rien, il a été présent dans les moments importants. Premier buteur, il est aussi à l’origine de l’expulsion de Kalla.

R. Baggio 5/10 : un match décevant. On a même presque jamais vu sa coiffure dégueulasse. Par contre on a vu celle de Del Piero qui l’a remplacé.

F. Moriero 6/10 : il a pris l’ascendant sur Pierre Womé de la première minute jusqu’à la 83ème, minute à laquelle il fut remplacé par M. Di Livio. Sur son côté, sa roublardise, sa vitesse et sa technique ont joué en sa faveur.

C. Vieri 6.5/10 : il a du accueillir ses deux buts comme une délivrance. Et pour cause, avant de trouver la faille il avait buté, rebuté, rerebuté, rererebuté, rerererebuté sur Jacques Songo’o, faisant de ce duel, le duel le plus accroché de la Coupe du Monde. Et même s’il a attendu la 75ème minute pour marquer, on peut dire que Vieiri a gagné le combat par KO.

CAMEROUN :

J. Songo’o 6/10 : impuissant sur la tête de Di Biagio, Songo’o s’est vengé en devenant une muraille infranchissable, dégoûtant les Dino Baggio et autre Christian Vieri. Trop souvent abandonné par sa défense, Songo’o finira par craquer dans le dernier quart d’heure.

P. Womé 3/10 : le plus mauvais joueur du match. Constamment dépassé, tirant les coups de pieds arrêtés aussi bien qu’un buffle mort, le latéral de Lucchese en Italie s’est chié dessus pendant 90 minutes. C’est ce que l’on appelle une grosse gastro et un beau joueur de merde.

R. Kalla 0/10 : rassurant les premières minutes, sa prestation vient être gâchée par un geste aussi vilain qu’inutile. Les crampons du Camerounais ont laissé des traces sur les cuisses de Di Biagio comme des impacts de balles. Kalla chnikov.

R. Song 5.5/10 : la sérénité à l’état pur. Rigobert forge le respect pourtant les Italiens n’ont pas hésité à lui en manquer. Les appels de Vieri dans son dos lui ont fait du mal même si le pizzaiolo était souvent hors-jeu. À noter une propension à partir dans des envolées footballistiques en terrain étranger balle aux pieds.

P. Njanka 5.5/10 : timide sur son côté, son passage dans l’axe à la sortie de Kalla nous a permit de le voir plus souvent en action.

D. Angibeaud 5.5/10 : floqué de son numéro 8, il a tenté de mettre le feu sur le côté gauche, surtout en deuxième période. Mais le plus drôle dans son match, ce sont les commentateurs télé italiens placés dans la cabine à côté de la mienne qui n’arrivaient pas à prononcer son nom.

J. N’Do 4.5/10 : un match en décrescendo : N’Do si la sol fa mi ré do.

S. Olembé 6/10 : 18 ans et des promesses plein les pieds. Ce petit gabarit jouant à Nantes a impressionné par son toucher de balle et son insolente facilité. Toutefois s’il a beaucoup touché le ballon en début de match, son influence s’est étiolé avec le temps.

P. M’Boma 5.5/10 : à 28 ans, il semble avoir ses jambes de jeune adolescent. On l’a vu défendre, faire le jeu, redescendre chercher le ballon très bas mais aussi attaquer. En vain. Remplacé par le jeune Samuel Eto’o.

S. Ipoua 3/5 : les fantômes sont blancs mais Ipoua est noir. Encore une énigme de la science. Remplacé à la mi-temps par Joseph-Désiré Job (4.5/10) qui ne s’est pas beaucoup plus mis en valeur.

F. Omam-Biyick 5/10 : sans doute le joueur le plus à l’aise avec un Tricolore (le ballon officiel de le compétition) dans les pieds. Dommage qu’il ne se passe rien une fois que le ballon a quitté ses pieds. Alphonse Tchami, son remplaçant est beaucoup moins talentueux : il ne se passe rien même quand le ballon est dans ses pieds.

Cdm98 Chili 1-1 Autriche: Le scénario salace

salas

Bis repetita. L’Autriche arrache encore un point in extremis dans les arrêts de jeu sur sa seule occasion du match, comme face au Cameroun quelques jours plus tôt. Un match nul mal payé pour des chiliens toujours aussi joueurs et aujourd’hui largement meilleurs dans tous les compartiments du jeu.

Avec les résultats du premier match et tout le monde à 1pt, le perdant aujourd’hui pouvait tirer un trait quasi définitif sur ces rêves de qualifications en huitième. Pas peureux pour un sou, le Chili s’évertue à jouer et bien jouer même. Comme face à l’Italie, les hommes d’Acosta ne se posent aucune question et vont au but tant qu’ils le peuvent. La paire Salas-Zamorano fonctionne toujours et pose d’énormes problèmes aux défenseurs autrichiens. Bien épaulé par le métronome
Estay, l’escouade offensive chilienne fait mal, même si elle ne se crée pas forcément d’opportunités.
En face, c’est bien triste, l’Autriche tente de passer sur les côtés mais envoient des ballons impossibles sur les latéraux. Dans l’axe, pas mieux, Kuhbauer n’arrive pas à donner le moindre ballon exploitable à ses attaquants.

On atteint la mi-temps sur un tristounet 0-0 malgré les bonnes intentions des sud-américains. Une mi-temps cinglante côté autrichien puisqu’au retour des vestiaires Prohaska effectue deux changements, sortant le fantôme Kuhbauer et le milieu droit Cerny. L’entrée d’Andreas Herzog, le meneur du Werder Brême et de Markus Schopp sont censées apporter un peu plus de tonus au centre du terrain mais rien n’y fait, le Chili est largement au-dessus.
Reprenant leur entreprise de victoire là où elle s’était arrêtée, les chiliens poussent encore un peu plus et tombent sur un très bon Konsel qui va repousser l’échéance jusqu’à la 70e minute.

Sur un coup franc/corner, Zamorano s’élève plus haut que tout le monde et claque une tête à 6m que le portier repousse miraculeusement. Mais qui est là en renard ? Ce bon vieux Marcelo Salas et son genou, délivrant tout un peuple, malgré une nouvelle tentative d’intervention de Konsel. Troisième but en deux matches pour le goaleador de River Plate et un grand pas vers la victoire pour le Chili se dit-on.
L’Autriche tente de sortir la tête de l’eau mais n’a aucun moyen de créer du jeu. Problématique. Et en contre, les chiliens sont redoutables, comme sur cette action de Zamorano dont la reprise de demie-volée aurait dû connaître meilleur sort sans la parade du bout des doigts du gardien.

On se dirige tout droit vers la victoire méritée du Chili jusqu’à l’ultime minute et ce but de Vastic, sorti de nulle part. L’Autriche s’en sort on ne sait trop comment et affiche autant de points que son adversaire du jour, bien meilleur pourtant sur ce qu’on a vu lors des deux rencontres. Mais la loi du football est cruelle, on le sait..

FEUILLE DE MATCH
1-1: Salas (69′) – Vastic (90+2)
St Etienne, Geoffroy Guichard
36.000 spectateurs
Arbitre: Monsieur Gamal Al Ghandour (Égypte)

CHILI
Le duo Zamorano-Salas s’installe comme le plus dangereux de la compétition. Complémentaires, physiques, adroits devant le but, il faut toujours les surveiller attentivement. Salas est donc le meilleur buteur de la compétition à l’heure actuelle.
Ils ont été bien accompagné dans leur mission par le meneur Estay, toujours juste et dans le bon tempo. Villaroel a encore fait mal sur son côté droit, bien que trop fougueux.

AUTRICHE
Le meilleur joueur du match a sans aucun doute été Konsel, le gardien. C’est dire le niveau de son équipe aujourd’hui…
Polster complètement à côté de ses pompes et tout le milieu a pris l’eau, mis à part Wetl sur son aile gauche. Pas grand chose d’autre à ajouter, équipe emmerdante, joueurs emmerdants. Qui peuvent encore se qualifier…

Cdm 98 Cameroon 1-1 Autriche: Pour quelques secondes de plus

POLSTER SONGO'O

« Won’t you help to sing
These songs of freedom
Cause all I ever have
Rigobert Song »

A quoi peut tenir une qualification pour les huitièmes du finale d’une Coupe du Monde? A une erreur d’inattention peut-être. Certes, il reste encore deux matches, rien n’est encore joué, d’autant plus que les quatre équipes du groupe B ont toutes un point, mais les Camerounais ont raté une belle occasion de prendre deux points d’avance sur l’Italie et le Chili, qui n’ont pu se départager un peu plus tôt dans l’après-midi, à Montpellier (2-2).

Malgré les remontrances de Claude Leroy depuis son banc dans les ultimes instants, les Lions Indomptables ont craqué dans les arrêts de jeu, alors que Pierre Njanka, au terme d’un slalom rageur, avait trouvé les filets de Michael Konsel et fait lever tout les 33 500 spectateurs du Stadium de Toulouse (77′). Contraint de jouer en pivot et de venir prêter main forte à ses coéquipiers très bas sur la pelouse, Toni Polster n’a pas manqué sa seule occasion de la partie. Laissé seul aux 6 mètres, le capitaine autrichien a eu tout son temps pour pulvériser la cage de Jacques Songo’o (90+2). Sans créativité, peu tranchante hormis sur une frappe de Pfeiffenberger quelques instants avant l’ouverture du score, l’Autriche a subi les offensives camerounaises, gênée par le placement du Niçois Didier Angibeaud et des courses des deux Pierre, Njanka et Womé.

Emmenés par l’éternel François Omam-Biyik et l’ancien Parisien Patrick Mboma, invité de dernière minute après le forfait de Marc-Vivien Foé, les Lions Indomptables ont dominé le match, notamment grâce à une défense particulièrement en verve, symbolisée par les interventions pleines d’à propos du désormais ex-Messin Rigobert Song et de Raymond Kalla, sans oublier les lourdes frappes de Pierre Womé, gamin de 19 ans qui évolue en Italie, à l’AS Lucchese. Côté autrichien, à l’image de ses coéquipiers, Wolfgang Feiersinger n’a pas eu le rendement espéré, après une saison exemplaire au Borussia Dortmund où il a souvent pallié l’absence de Mathias Sammer, rien que ça. Devant, Andreas Herzog et Dietmar Kuehbauer ont été aux abonnés absents et n’ont pas eu le rendement espéré par Herbert Prohaska, contraint de tenter le tout pour le tout en fin de match en dégainant… un triple changement ! Bien lui en pris car ce point tombe un peu du ciel. Cette égalisation tardive démontre en tous cas que les Autrichiens sont prêts mentalement, à défaut de l’être techniquement.

Face à la Nazionale et à la Roja, favoris du groupe, le Cameroun et l’Autriche devaient se mettre dans les meilleures conditions pour espérer une qualification. Ce match nul ne scelle pas leur élimination mais après le spectacle offert par leurs rivaux en début de soirée (2-2), il est clair qu’il leur faudra élever leur niveau de jeu, le 17 juin prochain.

L’homme du match: Rigobert Song

Associé à Raymond Kalla, du haut de ses 21 ans, Rigobert Song a réalisé une entrée en matière remarquable sur la pelouse du Stadium de Toulouse. Hormis une faute évitable alors que le score était encore nul et vierge (72′), l’ancien Messin a été solide et tout simplement au-dessus physiquement. Polster et Kuehbauer ont eu les pires difficultés à se dépêtrer de l’emprise de « Rigo ». Les habitués de Saint-Symphorien n’ont certainement pas été surpris par le match du défenseur central, façonné par Joël Muller en Lorraine. Le nouveau joueur de Salernitana, promu en Serie A, a confirmé ce soir qu’il était promis à un brillant avenir.

La déception: Andreas Herzog

Son association avec Toni Polster devait mettre à mal le bloc défensif camerounais. Au final, Andreas Herzog, n’est pas parvenu à déstabiliser les hommes de Claude Leroy. Pas dans le rythme, peu présent, le joueur du Werder Brême est passé au travers. Sorti à la 82e minute, le meneur de jeu n’a pas pu réprimer un geste d’énervement envers son sélectionneur. Star de l’équipe au même titre que « Goal-Ster », Herzog doit une revanche à son équipe. Face au Chili, l’Autriche jouera rien de moins qu’une place en 1/8 de finale. Le jour parfait pour montrer ce dont il est capable.

Cameroun-Autriche (Groupe B) 12 juin 1998

Feuille de match:

Stadium de Toulouse, 33 500 spectateurs

Cameroun: Songo’o, Womé, Song, Kalla, Njanka, Omam-Biyik (C) (Tchami, 84e), Angibeaud, Mboma, Simo (Olembé, 65e), Ndo, Ipoua (Job, 65e).
Sélectionneur: Claude Leroy

Autriche: Konsel, Schoettel, Pfeffer, Feiersinger, Pfeifenberger (Haas, 82e), Herzog (Vastic, 82e), Cerny (Stoeger, 82e), Wetl, Mahlich, Polster (C), Kuehbauer.
Sélectionneur: Herbert Prohaska

Arbitre: Epifanio Gonzalez Chavez (Paraguay)

Buts: Njanka (77e), Polster (90+2′)

Avertissements: Pfeffer (27e), Ipoua (30e)

Prochains matches du groupe B (17 juin):
Chili-Autriche (17h)
Italie-Cameroun (21h)

Suivez L’Instant Classique sur Twitter et faites partager !

François Miguel Boudet