Afrique du Sud 2 – 2 Arabie Saoudite : Saudi un peu d’amertume ?

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Une nouvelle fois, la dernière journée de cette phase de poule est déterminante. Dans ce groupe A, seule l’équipe de France est qualifiée après deux matches, ayant engrangé six points. Les autres résultats font que l’Afrique du Sud peut encore espérer se qualifier.

Et des deux formations présentes sur la pelouse du Parc Lescure, c’est bien elle allait se montrer la plus entreprenante.

De manière plutôt brouillonne tout d’abord, puisque les hommes de Philippe Troussier ne parvenaient pas à conserver le ballon autrement que de manière stérile. Il faut dire que l’organisation saoudienne, très attentiste, ne favorisait pas nécessairement le jeu dans les espaces, et c’est sur un coup de pied arrêté que vit la première occasion sérieuse. Suite à un corner pour l’Afrique du Sud, McCarthy se retrouvait au six mètres, mais sa frappe était contrée.

McCarthy se signalait encore, de la tête, mais ses tentatives ne trouvaient pas le cadre, ou les bras du portier adverse.
La seule réaction des hommes de Pareira venaient d’une timide frappe de Ghani, laquelle passait bien à côté du but de Vonk.

C’est donc en toute logique que l’Afrique du Sud ouvrait le score, grâce à Bartlett, lequel, après un contrôle dos au but et à trente mètre de ceux-ci, semait son adversaire direct et s’en allait battre Al Deayea d’une belle frappe du pied gauche. La joie était palpable dans les rangs des coéquipiers du Marseillais Pierre Issa, d’autant qu’avec la France qui avait ouvert le score, ce résultat offrait la qualification à l’Afrique du Sud.

Le rythme du match s’accélérait alors quelque peu,  Bartlett était à nouveau trouvé dans la surface, mais sa frappe en pivot était contrée, McCarthy s’offrait une nouvelle tentative, mais il n’était décidément pas en réussite et le cadre le fuyait une nouvelle fois.
De son côté, l’Arabie Saoudite n’était pas en reste, évidemment grâce à Al Jaber, lequel manquait de peu de tromper Vonk d’une reprise acrobatique, et en semant la panique dans les rangs adverses à chaque touche de balle.

La mi-temps se profilait et l’avantage au score était toujours  en faveur de l’Afrique du Sud lorsque survint un coup de théatre, l’arbitre de la rencontre, Monsieur Sanchez Yanten accordait un penalty à l’Arabie Saoudite, ne remarquant pas le plongeon de Almuwalid. Al Jaber ne se faisait pas prier pour le transformer, malgré la bonne anticipation de Vonk. C’était cruel pour l’Afrique du Sud et la mi-temps était sifflée sur cet événement.

Au retour des vestiaires,Philippe Troussier souhaitait signifier à son adversaire que les Bafanas Bafanas ne s’étaient pas laissé démoraliser par cette égalisation, et imprimait une nouvelle dynamique en effectuant deux changements.

Et c’est d’ailleurs un entrant, Buckley, qui se procurait la première occasion sérieuse de cette période, en remontant une large part du terrain dans un slalom ravageur pour finir par buter sur Al Deayea.

L’Afrique du Sud insistait, à l’image Moshoeu, trouvé dans la surface mais dans l’incapacité de conclure, et l’Arabie Saoudite reprenait sa tactique basée sur l’exploitation des contres et de la technique de Sami Al Jaber, lequel manquait de peu une reprise de volée.

Des actions dangereuses, il y allait encore en avoir, mais la précision ne semblait pas vouloir s’offrir aux joueurs, comme sur cette frappe de Buckley, après un corner repoussé et quelques crochets.

Mais alors que l’on s’imagine que la persévérance sud-africaine va finir par payer, Monsieur Sanchez Yanten fait de nouveau basculer le sort du match en accordant un nouveau penalty à l’Arabie Saoudite, sanctionnant de nouveau Pierre Issa pour une faute peu évidente. C’était cette fois Al Tunayan qui exécutait la sentence, d’un contre-pied parfait.

Les Sud-Africains avaient clairement pris un coup derrière la tête avec ce nouveau coup du sort, et les occasions pour la fin de match se réduisaient à peau de chagrin. La seule situation notable venait de Mkhalele, venu couper un centre au point de penalty de la tête. Sa déviation était contrée par Al Deayea et le cuir s’écrasait sur la barre.

Trois minutes de temps additionnel étaient annoncées, et tandis que la fin du match approchait, le banc saoudien était proche d’exulter. La France ayant battu le Danemark, l’exploit était tout proche pour Carlos Alberto Pareira et ses hommes.
Seulement, Ghani se rendait coupable d’une faute à la 93ème minute. Une faute dans la surface qui plus est. L’arbitre n’avait d’autre choix que d’indiquer le point de penalty.

Bartlett le transformait, annulant ainsi la qualification de leur adversaire pour le second tour. Si les Saoudiens vécurent cela comme une injustice, les raisons d’être amer se trouvaient d’avantage du côté sud-africain.

 

Afrique du Sud : Vonk, Issa, Jackson, Radebe, Nyathi, Fish, Fortune, Moshoeu, McCarthy, Mkhalele, Bartlett.

Arabie Saoudite : Al Deayea, Abdul Ghani, Al Zbermawi, Al Jahani, Al Temyat, Al Owayran, Amin, Saleh, Al Jaber, Al Tunayan, Mehalel.

Buts : Bartlett (18e, 90e+3) pour l’Afrique du Sud, Al Jaber (45e) et Al Tunayan (74e) pour l’Arabie Saoudite.

Un homme dans le match : Mkhalele. S’il n’a pas marqué ni délivré de passe décisive, il n’a eu de cesse d’apporter le danger en faisant du couloir droit sa propriété. Un très bon match pour lui.

Mentions spéciales : Bartlett, Al Jaber. Le premier aura réussi à mettre un doublé alors que peu d’actions passaient par lui, le second était clairement au-dessus de ses coéquipiers et aura su démontrer une belle aisance technique.

Une déception : Al Deayea : Le gardien au style fantasque n’aura pas fait que du bien à son équipe et ses nombreuses tentatives de dégagement du poing se seront souvent soldées par des actions encore plus dangereuses contre lui.

Cdm 98 France 2-1 Danemark : la France reçue 3 sur 3

France Danemark

Sous la chaleur lyonnaise, la France est venue à bout du Danemark 2 buts à 1. Une victoire synonyme de première place et de confiance totale pour la suite de la compétition.

Ce mercredi 24 juin 1998, tous les Français étaient devant leur écran de télévision Toshiba pour assister au troisième match de groupe. Pour cette rencontre, Aimée Jacquet avait fait du changement en vue des huitièmes de finale. Ainsi Thuram, Deschamps, Lizarazu et Blanc étaient sur le banc alors que Karembeu, Candela ou Trézéguet se retrouvaient propulsés en tant que titulaire. Un turn-over qui ne sembla pas déstabiliser les Français puisque leur début de match fut convaincant. Les Danois rendaient même la pareille et la rencontre pouvait ainsi partir à 100 à l’heure. Vieira répondait à la frappe de Nielsen par exemple. Les dix premières minutes furent vives mais elles furent surtout couronnées à la 13ème minute par un pénalty pour l’équipe de France. L’arbitre italien PierLuigi Collina siffla une faute peu évidente de Hogh sur David Trézéguet. Youri Djorkaeff se chargea de le transformer et d’ouvrir le score. Ni la tentative de déconcentration de Schmeichel sur le tireur ni le fait qu’il touche le ballon ne viendra empêcher le ballon de finir au fond des filets. 1-0 pour la France. Agréable à regarder, le match devint ensuite vite ennuyeux avec des joueurs français qui contrôlaient la balle tout en donnant l’impression de se contenter de ce score. Résultat : un jeu trop mou et pas énormément d’occasions. Il faut dire que Fabien Barthez et Peter Schmeichel ont bien fait leur boulot. Le premier a repoussé plusieurs tentatives trop molles de Brian Laudrup alors que le second pouvait s’estimer heureux de voir les reprises de Vieira et de Diomède passer tout près de sa cage. La mi-temps approchait tranquillement à grand pas lorsque Collina fit une nouvelle fois des siennes en sifflant un pénalty, pour le Danemark. On rembobine la cassette et on explique l’action. Sur une contre-attaque danoise, le ballon est repoussée par une tête française. A la retombée, Patrick Vieira semble bousculer légèrement Michael Laudrup. Coup-franc pour le Danemark. Michael Laudrup récupère le ballon dans les bras d’Emmanuel Petit et joue vite en direction de Jorgensen. Ce dernier est accroché par Vincent Candela et Collina, qui était en train de placer le mur français, siffle le deuxième pénalty de la rencontre. Là encore, c’est discutable. Michael Laudrup, qui n’en demandait pas tant, égalisait. Barthez était pris à contre-pied. 1-1. Et mi-temps.

Ce premier but encaissé par la France dans la compétition a piqué au vif les joueurs d’Aimée Jacquet. C’est donc tout naturellement que les Bleus égalisèrent en début de seconde période, par l’intermédiaire d’Emmanuel Petit. Au sortir d’un corner mal dégagé par les Danois, le joueur d’Arsenal trouva le chemin des filets grâce à une frappe tendue qui traversa une forêt de jambes. Schmeichel ne pouvait qu’effleurer le ballon du pied. 2-1 pour la France. Un score qui eut au moins le mérite de réveiller un peu plus les spectateurs quelques peu étouffés par la chaleur. Mais comme un symbole de la première mi-temps, le jeu retomba dans ses travers. Pis, il faudra attendre la 84ème minute pour assister à une occasion intéressante : la volée de Patrick Vieira fut boxée par Peter Schmeichel. La réponse danoise se fit attendre et n’intervint qu’à la toute dernière seconde du match. Fabien Barthez, attentif depuis le début de match pouvait claquer en deux temps un coup-franc de Tofting avant de le capter sur sa ligne. Score final 2-1. La France pouvait se mettre à rêver pour la suite de la compétition. Trois matchs, trois victoires, neuf buts marqués, un seul encaissé, un collectif bien huilé et des remplaçants qui répondent présents. Bref, tous les feux sont au vert mais attention aucun des trois matchs n’a été enthousiasmant. Il faudra élever le niveau pour espérer faire une bonne Coupe du Monde.

FRANCE :

F. Barthez 7/10 : Brian Laudrup, Michael Laudrup et Stig Tofting se sont cassés les dents sur le divin chauve. Du début à la fin, Barthez a été attentif et surtout décisif.

V. Candela 5.5/10 : le latéral droit s’est montré très offensif. C’est l’une de ses passes qui est à l’origine du pénalty de Trézéguet mais c’est aussi lui qui provoque le pénalty sur Jorgensen. Jorgensen lui a d’ailleurs posé pas mal de problèmes tout au long du match.

M. Desailly 6/10 : impeccable, comme depuis le début de la compétition.

F. Leboeuf 6/10 : son jeu de tête a soulagé la défense à plusieurs reprises.

C. Karembeu 5.5/10 : il est passé inaperçu la plupart du temps.

E. Petit 6.5/10 : on retiendra de son match son but qui permet à la France de l’emporter. Remplacé à la 65ème minute par Alain Boghossian.

R. Pirès 5/10 : RAS. Remplacé dans l’indifférence générale à la 72ème minute par Thierry Henry.

Y. Djorkaeff 7/10 : en l’absence de Zinédine Zidane, le joueur d’origine arménienne a pris le jeu à son compte. De retour dans son jardin, Djorkaeff a impressionné par sa classe et par sa faculté à faire le jeu. Indispensable.

P. Vieira 6/10 : on l’a plus vu aux avants-postes qu’à la récupération comme en atteste ses deux tirs lointains.

B. Diomède 5.5/10 : le turno-over de Jaquet lui a permis de jouer toute la rencontre mais aussi de se montrer. Actif sur son côté gauche, il a multiplié les centres plus ou moins réussis.

D. Trézéguet 5/10 : moins en réussite que les matchs précédents, Trézéguet a essayé, Trézéguet a tenté mais Trézéguet n’a pas ou très peu été dangereux. Stéphane Guivarc’h, qui l’a remplacé à cinq minutes de la fin, n’a pas eu le temps de se mettre en avant.

DANEMARK :

On va la faire plus courte parce qu’en fait on s’en branle des Danois. Alors Peter Schmeichel a longtemps repoussé l’échéance du deuxième but bien que les occasions françaises ne furent pas sensationnelles. On passe directement aux attaquants. Martin Jorgensen a posé des problèmes à Vincent Candela avec sa vitesse. De leur côté, les frères Laudrup n’ont pas failli à leur réputation de stars de leur pays. Brian Laudrup s’est crée de multiples occasions, étant le Danois le plus dangereux alors que Michael est à l’origine et à la conclusion du seul but de son pays.

Feuille de match :

Stade de Gerland, 43 300 spectateurs.

Arbitre : Pierluigi Collina (Italie) assisté de Marc Van Den Broeck (Belgique) et de Emmanuel Zammit (Malte).

Buts : Y. Djorkaeff 13′, E. Petit 57′ pour la France, M. Laudrup 42′ pour le Danemark.

France : Barthez -Candela, Desailly, Leboeuf, Karembeu – Vieira, Petit (puis Boghossian 65′), Pirès (puis Henry 72′), Djorkaeff, Diomède -Trézéguet (puis Guivarc’h 85′)

Danemark : Schmeichel – Schjonberg, Hogh, Heintze, Rieper – Helveg, Laursen (puis Colding 46′), Jorgensen (puis Sand 55′), Nielsen, M. Laudrup – B. Laudrup (puis Tofting 75′).

Afrique du Sud 1-1 Danemark : Les belles passantes

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Combien d’occasions de jouer quelques minutes d’une Coupe du Monde peut-on avoir dans sa vie ? C’est à cette question déprimante que l’arbitre colombien, complètement dépassé, a renvoyé 3 joueurs lors de ce match.

Cette deuxième rencontre pour les Sud-Africains et les Danois n’a pas accouché d’un grand match. Les Danois avec les frères Laudrup à la mène prenaient le meilleur dès le début. Leur maitrise technique supérieure leur permettait d’enchaîner des phases de jeu fluides et directes vers le but de Vonk et c’est assez logiquement que Nielsen ouvrait le score sur un service parfait de Brian Laudrup à la 12è minute.

Le reste de cette mi-temps était une vaste blague entre Sud-Africains trop brouillons et Danois se contentant de gérer leur avantage. A la reprise, les hommes de Troussier reprenaient forts et égalisaient après un joli travail de Moshoeu et Bartlett terminé par l’attaquant de l’Ajax Benedict Mc Carthy. Les Danois trop suffisants essayaient de remettre la machine en route sans grand succès, surtout à cause de l’arbitre.

En effet, 3 joueurs ont vu rouge dans cette deuxième période. 3 joueurs entrés en jeu après la 45è minute. Molnar a passé 8 minutes sur le terrain, Phiri 22 et le pauvre Wieghorst uniquement 3. Si l’expulsion de Phiri est légitime (deuxième carton), celles des Danois peuvent prêter à discussion. Et le football s’est retrouvé perdant, personne ne jouant plus après cela.

Mais pire que le football, que doivent penser ces joueurs ? Travailler des mois, des années, pour finalement réussir à gratter quelques minutes dans un match de Coupe du Monde et se voir renvoyé à ses rêves par un carton rouge inopportun.

Je ne sais pas ce qu’il adviendra de la carrière de ces trois-ci mais sinon ils pourront toujours penser à ces vers d’Antoine Pol :

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l’on n’a pas su retenir

Peut-être que l’un d’entre eux aura à nouveau la chance de jouer une Coupe du Monde et sinon, ces minutes sur la scène mondiale resteront des belles passantes qu’ils n’auront pas su retenir.

Cdm98 France 4-0 Arabie Saoudite: Une qualification au goût amer

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Parfaitement rentrée dans son Mondial avec une victoire 3-0 contre l’Afrique du Sud, l’équipe de France a une nouvelle occasion de se mettre en évidence face aux modestes saoudiens. Les trois points et c’est la qualification assurée. Et si en plus il y a la manière, alors le scénario sera parfait.

Guivarc’h et Petit blessés, on retrouve Dugarry et Boghossian titulaires. La surprise, c’est Djorkaeff qui commence sur le banc, supplé par le petit auxerrois Bernard Diomède. Jacquet veut passer par les côtés et étirer au maximum la défense saoudienne. Mémé le sait, la France va avoir le ballon et devra jouer sur toute la largeur du terrain pour trouver la faille le plus rapidement possible.
Et sans surprise, les bleus prennent immédiatement le contrôle du jeu et trouve son salut par les ailes. Henry déborde, Zidane se retrouve en bonne position à dix mètres mais voit ses deux frappes successives contrées in extremis. Thuram et Lizarazu dédoublent Henry et Diomède, les latéraux de l’Arabie Saoudite sont submergés. Et le malheureux Al Khilaiwi va en faire les frais avec une expulsion dès la 30e minute pour un tacle par derrière sur le latéral gauche français qui s’était ouvert l’espace pour centrer. A onze c’était compliqué, à dix c’est mission impossible.

Il ne manque que l’ouverture du score française, l’issue du match est assez claire maintenant. Et plus vite il arrivera, mieux ce sera pour la confiance. Mais nos bleus manquent de chance (blessure de Dugarry, claquage) ou tout simplement de lucidité devant le but comme cet immanquable de Zizou, seul aux six mètres après une merveilleuse remise de Diomède et qui rate complètement sa demie-volée. Le jeune Trézéguet rentre à la place de Duga et se met deux fois en évidence coup sur coup mais Al Deayea conserve un peu de suspens. Jusqu’à la 36e minute et l’ouverture du score de Thierry Henry suite à une pichenette formidable de Zidane pour Lizarazu qui a tout le temps de mettre en retrait pour le monégasque. Le plus dur est fait.

La deuxième mi-temps ne devrait être qu’une formalité mais on sent moins de concentration, moins de mobilisations dans les rangs français. Ce qui a le don d’agacer le public et surtout Jacquet qui fait vite entrer Djorkaeff avant l’heure de jeu. Ce début de seconde période se résume à un duel Trézéguet-Al Deayea et le portier saoudien en sort vainqueur… jusqu’à la cagade. Sur un centre de Thuram, omniprésent à droite, le « chat » se trouve et relâche un ballon à priori facile sur lequel le franco-argentin ne se fait pas prier. 2-0, la messe est dite.
Et alors que le Stade de France chante la victoire qui se profile, un fait de jeu va venir gâcher la fête. Sur un tacle anodin du capitaine Anin, Zidane fend un boulon et s’essuie les crampons sur son adversaire. Rouge direct et logique.
Le meneur de jeu de la Juventus conclut ainsi un bien triste match de sa part, où il n’a jamais semblé dans le rythme mis à part sur le premier but. Si ce n’est pas trop grave pour la fin de la partie, cette exclusion est surtout très mauvaise pour le 8e de finale qui se profile..

Ce coup du sort va sonner tout le monde avant que la fin du match ne ressemble à une promenade de santé. Henry s’offre un doublé et son troisième but de la compétition sur un dégagement de Barthez (!) avant que Lizarazu ne vienne conclure un magnifique mouvement à trois avec Pirès et Djorkaeff. 4-0, merci et au revoir.

La France est donc qualifiée pour la phase éliminatoire avec 7 buts au compteur et 0 encaissé. Bien. Mais devra composer sans Guivarc’h, Dugarry et Zidane pour les prochains matches. Moins bien.

FEUILLE DE MATCH
4-0: Henry (36′; 77′), Trézéguet (68′), Lizarazu (85′)
St Denis, Stade de France
80.000 spectateurs
Arbitre: Monsieur Arturo Carter (Mexique)


ARABIE SAOUDITE
Difficile de noter les joueurs… Ils n’ont pas eu beaucoup le ballon les malheureux et tous n’ont quasiment pas été à la hauteur. Seul Al Deayea a brillé, malgré son erreur sur le deuxième but. Il a longtemps repoussé l’échéance du premier but, puis de celui du break.

FRANCE
.Barthez
(/): Rien à faire mis à part cette sortie les deux pieds au devant d’Al Jaber

Thuram (7): Tranquille sur le plan défensif, il s’est montré à son avantage offensivement et a multiplié les courses sur son côté. Du coeur et de l’envie, on ne demande pas plus.

Blanc (5): Une glissade qui aurait pu coûter cher en début de rencontre… Sinon rien à signaler.

Desailly (6): Il n’a pas eu beaucoup de travail mais il dégage une telle puissance dans les duels qu’il en est quand même impressionnant sans forcer.

Lizarazu (6.5): Comme Thuram, il a apporté offensivement et a été récompensé par ce quatrième but.

Deschamps (6.5): Il a récupéré les ballons très haut, permettant à tout son bloc de rester dans le camp saoudien. Très bon match du capitaine.

Boghossian (4.5): Discret. Trop discret.

Zidane (2): A part cette passe lumineuse pour Lizarazu, à l’origine du premier but, il a été moyen avec notamment cet immanquable à 0-0. Et puis il y a ce rouge stupide qui vient encore plus ternir sa prestation. Vilain.

Diomède (5): Un début de match intéressant, entre cette faute provoquée à la limite de la surface et cette remise parfaite pour Zidane. Il s’est peut être un peu trop endormi là dessus par la suite et est sorti rapidement en deuxième période au profit de Djorkaeff (5.5) qui a apporté toute son expérience et sa technique pour la fin de la partie, relançant ainsi la machine bleue.

Henry (7.5): Il y a ses deux buts déjà, qui le propulse au côté de Salas et Vieri en tête des buteurs. Mais il y a aussi toute cette activité sur le côté droit, toute cette vitesse de fou furieux qui lui permet de prendre l’avantage sur n’importe quel adversaire. L’homme du match. Remplacé par Pirès juste après son doublé.

Dugarry (/): Claquage dès la demie heure, la malédiction de l’avant centre continue. Remplacé par Trézéguet (6.5) qui a montré tous ses talents de buteur et de renard des surfaces en multipliant les occasions et avec un but bien mérité.

France – AfSud : un 3-0 trompeur

BEST OF FRANCE 98 - GOALSCORER DUGARRY CELEBRATES GOAL.

12 ans après son dernier match en Coupe du Monde, toute la France attendait l’entrée en lice de l’Equipe de France pour son Mondial. Dans un Vélodrome plein, les Bleus ont réussi l’essentiel en l’emportant 3-0 mais la qualité du jeu proposé laisse à désirer.

Jacquet alignait son onze type pour ce premier match : Barthez – Thuram, Desailly, Blanc, Lizarazu – Petit, Deschamps – Henry, Zidane, Djorkaeff – Guivarc’h. Henry était préféré à Karembeu pour apporter vitesse et percussion sur le côté droit de l’attaque des Bleus. Du côté des Bafana Bafana, Troussier sortait un système en 5-3-2 avec un axe défensif solide composé de Radebe, Fish et Issa et la star Benedict Mc Carthy, champion des Pays-Bas avec l’Ajax, en pointe.

Le début de match était timide de part et d’autre. Le positionnement des visiteurs laissait peu de doute quant à leurs intentions. La ligne défensive des Bafana évoluait constamment entre sa surface et ses 30m. La supériorité numérique des Bleus au milieu leur permettait de récupérer le ballon haut avec un bon pressing orchestré par Petit et Deschamps.

Lors de la première demie-heure, peu d’actions à se mettre sous la dent si ce n’est une ou deux têtes de Guivarc’h peu inquiétantes pour Vonk, le gardien d’Heerenveen. Les Bleus manquent un peu d’imagination et de vitesse dans cette première mi-temps. La tenaille mise en place par le « Sorcier Blanc » Troussier tient bon.

A la 27è, Guivarc’h se blesse à la cheville et doit être remplacé par Dugarry. Tout le monde est perplexe, d’autant plus que Duga loupe en 5 minutes un face-à-face avec Vonk puis perd un ballon dans nos 30m. Mais à la 35è, le miracle se produit. Duga reprend un corner du haut de son serre-tête ! 1-0 pour les Bleus. Le pote de Zizou en profite pour venir chambrer les journaleux.

A la mi-temps, les Bleus mènent 1-0 dans un match pépère. La deuxième mi-temps repart sur les mêmes bases entre des Sud-Af qui ne veulent pas vraiment se découvrir et ne semblent pas avoir les moyens de faire plus et des Français qui restent assez brouillons et attaquent au compte-gouttes, bien que Lizarazu se montre plus disponible.

Le coup de pouce viendra de Pierre Issa, le joueur de l’OM. Suite à une touche de Lizarazu, Djorkaeff envoie une frappe mollassonne que Vonk peut capter aisément mais de manière incompréhensible Issa tacle et envoie le ballon dans son but (2-0). Le regard de Mark Fish à son encontre en dit long sur la consternation de ses coéquipiers. En fin de match, Henry mettra un énième grand pont à son adversaire direct puis réussira à piquer le ballon au-dessus de Vonk. 3-0. Le jeune Monégasque inscrit un but mérité.

Les Bleus n’ont pas forcément réussi un grand match mais sont restés solides face à une opposition faible dans le jeu. Les doutes ne se sont pas évaporés mais au vu des autres adversaires du groupe, cela devrait passer sans grand problème.

 

 

LES BLEUS :

Barthez (3/5) : Honnêtement il n’a pas eu grand-chose à faire mais il nous a fait une ou deux frayeurs sur des sorties aux poings à la kamikaze.

Thuram (2/5) : Peu d’impact offensif avec pas mal de centres bananes. Rien à faire défensivement.

Desailly et Blanc (3/5) : Une soirée tranquillou où ils ont tapé le carton avec Mc Carthy et Masinga.

Lizarazu (4/5) : Très dispo en deuxième mi-temps où il a beaucoup dédoublé.

Petit (3/5) : Important dans le travail de pressing de l’équipe. Il a fait le taf sans fioriture.

Deschamps (4/5) : Papa DD a tout fait – pressing haut, centres à la pelle, reprise de volée aux 20m, découpage d’adversaire : le patron.

Henry (4/5) : A 20 ans, le jeune Monégasque y est allé au culot. Meilleur en seconde période, ses qualités de percussion ont fait mal à Radebe et Nyathi. Un but mérité pour l’ensemble de son œuvre.

Zidane (3/5) : On attend tjrs plus de ZZ. Quelques arabesques, quelques belles ouvertures mais il peut faire tellement mieux. Contre l’Arabie Saoudite, Inch’Allah.

Djorkaeff (2/5) : Tantôt à gauche, tantôt en 9 ½, Youri a pas vraiment pesé et on l’a senti un peu perdu des fois. Mais bon il marque quasiment un but, du moins il le célèbre comme s’il l’avait planté.

Guivarc’h (3/5) : Il était là frais et dispo mais remplacé dès la 27è par Dugarry (3/5) : premier buteur des Bleus, il s’est donné mais de manière brouillonne bien souvent.

 

LES BAFANA :

Vonk ne peut pas grand-chose sur les buts encaissés. Issa, Fish et Radebe ont fait un match solide dans l’axe de la défense. Malheureusement Issa, qui avait été un des meilleurs joueurs de son équipe, commet une grave boulette sur le deuxième but encaissé.

Honnêtement, on a quasiment pas vu le reste de l’équipe qui a passé son temps à courir après le ballon. Une mention spéciale à Masinga et ses amortis poitrine à 2m50 du sol.

 

Tristan Trasca