Nigeria 1-3 Paraguay : Le Paraguay se libère de l’Espagne à nouveau

Ce dernier match du groupe D mettait aux prises le Nigéria, déjà qualifié et le Paraguay en quête d’un succès pour être parmi les 16 meilleures équipes du monde. Dans un match rythmé et plaisant, les coéquipiers de Chilavert ont réussi à décrocher la timbale.

Le match n’était commencé que depuis 50 secondes et les Paraguayens prenaient déjà le dessus. Sur un coup-franc excentré, Ayala coupait la trajectoire devant Rufai aux fraises. 1-0 pour le Paraguay. On se disait que l’affaire était dans le sac, le Paraguay n’ayant pas pris de but lors de ses deux premiers matchs et surtout Milutinovic ayant fait tourner (Okocha, Finidi et quelques autres titulaires sur le banc).

Mais c’était sans compter sur la volonté des Nigérians de se régaler avec Babangida et Oliseh en fers de lance. Si bien que logiquement à la 11è, Wilson Oruma remettait les deux équipes à égalité. Cette première mi-temps était plutôt dominée par des Nigérians joueurs qui donnaient l’occasion à Chilavert de briller à de nombreuses reprises.

L’Espagne se promenant contre la Bulgarie, il ne restait d’autres solutions que d’attaquer pour les Paraguayens en seconde mi-temps et ils le firent de très belle manière. Tout d’abord, à l’heure de jeu, c’est Benitez qui envoyait une lourde sous la barre de 25m. 2-1 pour le Paraguay. Le Nigéria n’y était plus vraiment, surtout après le remplacement d’Oliseh par Okpara.

Logiquement, les Paraguayens mettaient un troisième but suite à une boulette de Rufai. Le match aura été vivant entre deux équipes voulant vraiment gagner mais l’esprit guarani aura été plus fort. Les Paraguayens, 170 ans après leur indépendance des Espagnols, gagnent une nouvelle bataille face aux Ibères.

Les Nigérians

Rufai n’est pas un grand gardien. S’il est bon sur sa ligne, ses erreurs dans le jeu aérien et dans la relance pourraient poser de gros problèmes au Nigéria. Taribo West, du haut de ses 24 ans, s’est promené. Oliseh reste le patron de l’entrejeu nigérian, jaugeant le tempo et envoyant quelques lourdes de 25-30m. Yekini a eu du mal, il est loin le joueur qui chialait dans les filets en 1994.

Les Paraguayens

Chilavert a tenu la barraque en première mi-temps en envoyant son quintal en l’air à de multiples reprises. Ayala a montré la voie à son équipe et fait un bon match derrière. Paredes a été hyperactif au milieu et offert un bon ballon à Benitez sur son but. Cardozo a mis le dernier but, récompensant son énergie sans limite. Très gros état d’esprit dans cette équipe, les Bleus devront aller les chercher.

Cdm 98 Espagne 6-1 Bulgarie: Une valise pour mieux rentrer

espagne bulgarie

Pour que l’Espagne puisse se qualifier en huitième et rencontrer l’équipe de France la semaine prochaine, il fallait tout d’abord vaincre la Bulgarie. Fait, et avec la manière. Il fallait également que le Paraguay ne batte pas le Nigéria. Raté.
Les espagnols rentrent donc au pays prématurément où les deux premiers matches décevants auront eu raison de leur ambition. Comme toujours.

Javier Clemente continue sa revue d’effectif à l’avant et sort un nouveau trio. Exit Raul, trop décevant contre le Paraguay et Pizzi, trop nul tout court. A la place on retrouve Alfonso Perez et le jeune Morientes. Pour le reste du classique avec Luis Enrique à la baguette et les tauliers Hierro, Amor, Nadal derrière.
L’Espagne n’a pas de temps à perdre et jette toutes ses forces dans la bataille d’entrée. Les bulgares, sûrement pas préparés à ça n’existent absolument pas. Hierro allume un premier pétard dès la première minute que Zdradkov enlève de sa lucarne et Luis Enrique obtient un pénalty quelques secondes plus tard. Que se charge de transformer le libéro du Real Madrid. Début parfait. Ou presque puisque le Paraguay a également ouvert le score…

Pas de quoi démobiliser les espagnols qui continuent leur opération commando. Morientes et Etxeberria auront l’occasion de doubler la mise avant la 10e minute mais c’est ce diable de Luis Enrique, dans tout les bons coups, qui se chargera du but du break au quart d’heure de jeu. Et cette fois le bonheur est double puisque le Nigéria a égalisé! Tout les scénarios sont encore possibles et les deux rencontres ont débuté sur les chapeaux de roue.
La Bulgarie est nullissime, il n’y a pas la moindre envie de jouer. On ne dépasse jamais les trois passes consécutives, balançant trop rapidement sur Stoichkov et Kostadinov qui n’ont pas forcément les jambes pour aller au mastic.

L’Espagne déroule, tranquillement et pourrait mener par quatre ou cinq buts d’écart à la pause. Si on avait demander aux bulgares de se coucher, ils ne l’auraient peut être même pas si bien fait… Ce n’est pas du goût du coach Bonev qui sévit avec un remplacement à la trentième puis à la mi-temps.

Pas de quoi enrayer la machine ibérique qui repart sur les mêmes bases en inscrivant un troisième but par l’intermédiaire de Morientes, parfaitement servi par Luis Enrique, encore lui. La messe est dite. Et tout un pays de croire à la qualification en zyeutant allégrement vers le match de Toulouse désormais. Kostadinov aura beau réduire le score, ce n’est pas ça qui va doucher les espagnols. Non, c’est ce deuxième but paraguayen…

Mais dignes, les espagnols vont continuer à aller de l’avant, grâce notamment à l’entrée de Kiko. Et même en apprenant le troisième but du Paraguay, la Roja, la tête haute, va inscrire trois buts dans les dix dernières minutes pour infliger un cinglant 6-1 au quatrième de la Coupe du Monde 94.

De quoi s’offrir une belle sortie, rattrapant quelque peu les deux prestations précédentes. Mais la déception est grande, trop grande pour se réjouir de cette victoire finale. L’Espagne sort dès le premier tour et laisse donc le champ libre au Paraguay et au Nigéria pour les huitièmes. Qui l’aurait cru ?
On ne va même pas parler des bulgares, par respect pour eux.

FEUILLE DE MATCH
6-1: Hierro (5′ sp) Luis Enrique (14′) Morientes (52′; 80′) Kiko (88′;90′) – Kostadinov (56′)
Stade Félix Bollaert, Lens
41.275
Arbitre: Monsieur Mario van der Ende (Pays-Bas)

LES JOUEURS
Excellent match de Luis Enrique avec un but, une passe décisive et le pénalty obtenu. Il a été au four et au moulin ce soir, et le seul au niveau devant les matches précédents.
Doublé pour le jeune Morientes, compère de Raul au Real Madrid auquel on prédit un avenir radieux. Il a fait preuve d’un sens du but assez impressionnant et son gabarit physique lui permet de peser à tout moment sur une défense. Hierro en taulier a récupéré du ballon et joué le rôle de premier relanceur. En face, Zdradkov, le portier bulgare en a pris six mais en a repoussé peut être autant donc petit message amical pour lui. Tous les autres ont été nul et méritent le goulag.

Cdm98 Espagne 0-0 Paraguay: La Roja voit rouge

CHILAVERT

Dos au mur après une défaite surprise face au Nigéria (3-2), l’Espagne n’a déjà plus d’autres choix que de l’emporter pour se relancer dans la course à la qualification. Mais ce ne sera pas une partie de plaisir face aux solides paraguayens emmené par son charismatique gardien et capitaine, Chilavert.

Clemente a bien compris tout le problème qui se pose à lui et ne laisse pas de place au doute avec un 4-2-4 à l’ancienne. Luis Enrique et Raul sur les ailes, Pizzi et Etxeberria dans l’axe. L’intention est louable mais ne fait pas franchement peur au Paraguay. Pire, sa mise en place est capillotractée. Personne ne sait ce qu’il doit faire devant, les gars se marchent sur les pieds ou ne se comprennent pas dans les mouvements.
Au milieu, Hierro et Amor sont trop bas, il manque ce lien, ce taulier qui dicte le jeu. Ce Guardiola quoi. Luis Enrique tente d’ailleurs de repiquer dans l’axe, mécontent du nombre famélique qu’il a eu à se mettre sous la dent jusque là mais il est bien le seul en jambe devant. Raul est trop excentré, trop timide et le duo de devant est tout simplement mauvais. Surtout Pizzi.

C’est même le Paraguay qui va se montrer le plus dangereux en première période, avec quelques contres très bien menés par Benitez ou Rojas. Il faut par exemple un retour fantastique d’Aguilera pour empêcher ce dernier d’ouvrir le score avant la mi-temps sur la plus belle opportunité des 40 premières minutes. Un geste redonnant confiance à ses coéquipiers qui vont se créer une énorme occasion juste avant la pause avec Raul puis Pizzi mais Chilavert sort le grand jeu coup sur coup. Un beau frisson pour conclure une période trop pauvre tout de même. La seule fois où le public a vraiment vibré, c’est sur un coup franc botté par le fantasque portier paraguayen…

Les changements rapides en deuxième période avec le sang frais des jeunes loups Morientes ou Celades, le passage en 3-5-2 qui en découle n’y feront rien. L’Espagne manque de génie, manque de création et est trop prévisible. Face à une équipe bien en place comme le Paraguay, ça ne pardonne pas. On regrettera d’ailleurs que les hommes de Carpegiani n’aient pas plus cherché à faire la différence quand la Roja doutait. Il y avait peut être la place de prendre trois points qui auraient suffi pour se qualifier sans doute. Et qui aurait surtout condamné l’Espagne définitivement. Et entre nous, pour l’équipe de France, on aurait pas été trop contre..

Mais non, les espagnols conservent un espoir de qualification mais remettent leur destin entre les mains du Nigéria. Il faudra battre la Bulgarie, oui, mais dans le même temps, il ne faut pas que le Paraguay l’emporte. Sinon c’est la porte.

FEUILLE DE MATCH
0-0
Stade Geoffroy Guichard, St-Etienne
30.600
Arbitre: Monsieur Ian McLeod (Afrique du Sud)


ESPAGNE

Le seul joueur espagnol qui a tenté d’apporter du jeu c’est Luis Enrique. Le seul capable de faire la différence techniquement. Déception autour de Raul, clairement pas dans le coup mais surtout du duo d’attaquants fantômes Pizzi et Etxeberria. Ils n’ont jamais pesé, jamais pris la défense à défaut. Comment marquer avec des mecs pareils ?
Derrière, rien de particulier à dire, c’est solide mais ça ne propose pas assez d’aide aux joueurs offensifs.
Et puis parlons de Clemente un peu, incapable de trouver un schéma de jeu performant, titularisant des joueurs douteux. Le grand fumeur est le premier responsable de ce début de Mondial raté.

PARAGUAY 
Pas de doute, la star c’est Chilavert. Il a encore été impérial en sortant deux, trois ballons difficiles. Et il trouve derrière l’énergie nécessaire pour mobiliser tout ses partenaires autour de lui. Un gourou. Bon match d’Arce sur son côté droit qui a bien muselé Raul et n’a pas hésité à apporter le danger quand il le pouvait. Mention aussi pour Rojas et Benitez, le duo de devant n’hésitant pas à prendre sa chance dès qu’il le pouvait.

Cdm 98 Nigéria 1-0 Bulgarie : NigérYeaaaah !

Nigeria Bulgarie

Deux matchs, deux victoires, du beau jeu, et la première place du groupe D. Alors que sur la scène africaine, les Nigérians stagnent (boycott de la CAN en 96, suspension en 98) suite à sa victoire de la CAN 94, le Nigéria poursuit sa progression dans le paysage footballistique mondial après son huitième de finale  lors de la Coupe du Monde 1994. Ce match contre la Bulgarie n’a pas été aussi intense et impressionnant que celui contre l’Espagne mais l’important est bien ailleurs, la victoire est au bout. Tout cela grâce à un collectif bien huilé, à des individualités coriaces, véloces et techniques. La première mi-temps a été un condensé de toutes ces forces réunies. La Bulgarie, bien trop timide et trop maladroite comme l’ont montré les frappes lointaines finissant toujours au dessus de la cage de Rufai, a souffert. Laissant trop de place à Finidi ou à Ikpeba, les Bulgares finiront par payer ce certain laxisme. A la 27ème minute, Victor Ikpeba, l’attaquant de Monaco fixait la défense et plus particulièrement Ivanov et Zdravkov pour une ouverture du score plus que méritée au vu du nombre d’occasions. S’ensuivront plusieurs occasions nigériannes notamment par Ikpeba mais le cadre se dérobait à chaque fois. À ce moment-là, rien ne pouvait arriver aux verts : des attaquants en forme, un milieu créatif et des défenseurs attentifs empêchaient les joueurs adverses de déployer un jeu convenable.

La deuxième mi-temps sera pourtant synonyme de changement. Un changement minime toutefois. La preuve, la meilleure occasion de cette deuxième période fut une frappe de Kostadinov coupait par Stoichkov. Malheureux, les Bulgares virent le ballon frôler le poteau d’un Rufai qui était battu. On jouait alors la 65ème minute. Auparavant, le Nigéria avait aussi su se montrer dangereux par l’intermédiaire d’Amokachi, le remuant joueur de Besiktas. Par la suite, les Nigérians laissèrent la possession de balle aux Bulgares, agissant ainsi rien qu’en contre. Mais aucune des deux tactiques ne fonctionnèrent. La Bulgarie n’inquiéta jamais vraiment Rufai et le Nigéria laissa venir, sans crainte. Leur contre ne furent pas non plus couronnés de succès malgré les joueurs rapides et techniques. Au final, la victoire du Nigéria fut des plus méritées et la Bulgarie pouvait se mordre les doigts de ne pas avoir pris plus ses responsabilités.

Nigéria :

Les prestations de tous les joueurs furent bonnes, voire très bonnes. Commençons par le gardien Peter Rufai qui fut plus spectateur qu’acteur tant les Bulgares se sont montrés peu dangereux. Pour les défenseurs, ce fut un peu la même chose. Mais leur agressivité – dans le bon sens du terme – a empêché les joueurs adverses de s’approcher trop près de leur cage. Résultat, les Bulgares ont du se contenter de frappes lointaines, des frappes qui ont terminé leur course à Saint-Ouen. Mention spéciale pour le capitaine Uche qui a montré à tout le monde que le patron c’était bien lui.

Un peu plus haut sur le terrain et un peu plus concernés par le match : les milieux. On en retiendra surtout un : Jay-Jay Okocha. On le connaissait grand dribbleur, et bien il l’a été en cette fin d’après-midi. Crochets ou autres coups du sombrero, le Nigérian a sorti toute la panoplie pour faire souffrir un maximum les Bulgares. Malheureusement pour lui et son pays, Okocha n’est pas décisif. Les ailiers Lawal et Finidi ont, eux, chacun eu leur mi-temps. un peu comme contre l’Espagne. Finidi se chargeait de fatiguer les Лъвовете (les Lions) en première alors que Lawal était plus actif en deuxième. Sunday Oliseh, lui, était quelque peu en retrait.

Sur le front de l’attaque, ce fut l’apogée. Une apogée footballistique. Victor Ikpeba a multiplié les appels dans le dos, martyrisant les Bulgares avec ses contrôles parfaits, ses dribbles déroutants et ses frappes faisant souvent mouche. Amokachi a, de son côté, plus porté le ballon, partant dans des dribbles et des accélérations balle aux pieds avant de tirer au but. Sans réussite aujourd’hui.

Bulgarie :

Zdravkov, que dire à part manque de sérénité et de confiance ? Pas grand chose malheureusement. Les défenseurs n’ont pas été beaucoup plus à la fête. Trifon Ivanov symbolisa cette déroute en se faisant avoir comme un bleu sur le but d’Ikpeba alors qu’il a tout de même 33 ans… Kishishev, Guintchev ou encore Yanov et Petkov ont trop souvent été pris de vitesse par les Nigérians.

Au milieu de terrain, Balakov et Stoichkov, les piliers, ont montré de belles choses dans la construction du jeu notamment, même si le second cité s’est vite découragé. Trop vite, on l’a vu les bras ballants, gueulant sur ses coéquipiers. Pour finir, Kostadinov n’a pas été le bourreau des Nigérians comme il l’a été des Français cinq ans avant. Pourtant à plusieurs reprises dans la même position que le 17 novembre 1993, Kostadinov n’a presque jamais trouvé le cadre. Tant mieux pour le Nigéria.

Feuille de match :

Parc des Princes, 48 000 spectateurs.

Arbitres: Mario Sanchez (Chili) assisté de Jorge Alberto Diaz (Chili) et de Arnaldo Pinto Filho (Brésil).

But : V. Ikpeba 27′

Nigéria : Rufai – Babayaro, West, Uche, Adepoju – Lawal, Oliseh, Okocha, Finidi (puis Babangida 85′) – Amokachi (puis N. Kanu 67′), Ikpeba (puis Yekini 75′).

Bulgarie : Zravdkov – Kishishev, Petkov, Ivanov, Guintchev – Balakov, Yankov (puis Bachev 85′), Hristov (puis Borimirov 46′), Kostadinov – Iliev (puis Penev 68′), Stoichkov.

Cartons : Uche, Adepoju, Okocha et Ikpeba pour le Nigéria; Iliev et Kishishev pour la Bulgarie

Cdm 98 Espagne 2-3 Nigéria: Le Nigeria a du pétrôle et des idées

Spain Nigeria

Putain quel pied ! Après avoir vu un match comme celui-ci on peut mourir tranquille. Enfin le plus tard possible. Genre vers le 16 juin 2012 par exemple. Nigérians et Espagnols ont livré une partition plus qu’honnête mais ce sont bien les Africains qui s’en sortent vainqueurs.

Tout était pourtant bien parti pour l’Espagne avec une occasion dès la 7ème seconde puis une autre pas longtemps après qui finira sur la barre. Et si l’Espagne avait laissé passer sa chance à ces moments-là ? Pourtant ils ne baissèrent pas les bras et continuèrent de jouer décomplexés. Les passes se succédaient, les accélérations de jeu étaient fréquentes mais de l’autre côté le Nigéria ne se laissaient pas faire. Les individualités nigériannes contraient ainsi le collectif espagnol bien huilé. C’est tout naturellement que les hommes de Milutinovic égalisèrent vite après l’ouverture du score sur coup-franc de Hierro. Pour qualifier cette rencontre on pourrait utiliser une expression : du tac-au-tac. Si les Ibériques n’attaquaient pas, c’étaient les Nigérians qui le faisait. Le match était vivant, un vrai régal.

Et la deuxième mi-temps n’allait pas dépareiller. Dès les premières secondes, Raul trouvait le chemin des filets pour redonner l’avantage aux siens. C’était la dernière fois que les joueurs de Javier Clemente s’approchaient des cages de Rufai. Car dans la foulée, le Nigéria allait confisquer le ballon et faire valoir leurs atouts. Ikpeba, en pointe, était le principal problème pour des Espagnols qui commettaient pas mal de fautes. L’audace finit par payer et Lawal puis Oliseh permirent au Nigéria d’égaliser puis de passer devant des espingouins complétement dépassés. Tout cela après ce qui pourrait s’apparenter au tournant du match : la décision de Milutinovic de faire sortir Oparaku, un défenseur, pour  le remplacer par Yekini, un attaquant. Un changement qui changera totalement le cours du match. Cette victoire, c’est donc aussi la victoire du coach yougoslave.

Au final, le Nigéria crée la première sensation de ce Mondial et tout un pays se met désormais à rêver. Les verts sont premiers au classement du groupe D avec 3 points devant le Paraguay, la Bulgarie et l’Espagne.

Les buts :

F. Hierro 23ème

M. Adepoju 28ème

Raul 47ème

A. Zubizarreta 72ème csc

S. Oliseh 76ème

ESPAGNE

A. Zubizarreta 3/10 : son match était plus que correct jusqu’à cette 72ème minute fatale, qui restera dans les annales des Coupes du Monde. Un but gag contre son camp et voici sa carrière ruinée. Désormais, tout le monde lui parlera de cette erreur qui a fait basculé le match. Espérons qu’il s’en remette mentalement et qu’il aide son équipe à se qualifier pour la suite de la compétition. Les 70 premières minutes, Zubi avait bien bouché ses angles et n’avait pas hésité à sortir de sa défense.

A. Ferrer 4/10 : trop court pour sortir la tête d’Adepoju. Trop mauvais pour faire face aux assauts nigérians. Il fut remplacé par Amor dès la mi-temps. 4/10.

I. Campo 4.5/10 : cheveux dans le vent, il devrait se mettre à Lawal. Lawal, un joueur, qu’il n’a pas su arrêter sur l’égalisation à 2-2. Une erreur qui est venue s’ajouter à d’autres.

Sergi 5/10 : latéral de son état, il a fait de son mieux défensivement. Du côté offensif, il n’est pas monté souvent mais quand il l’a fait ça a failli payé. En fin de match son tir enroulé est passé tout prêt de la lucarne de Rufai.

R. Alkorta 4/10 : aussi présent que du mouton dans une paella aux fruits de mer.

F. Hierro 6/10 : le madrilène a été bien plus à l’aise offensivement que défensivement. Auteur d’un coup-franc majestueux tiré en finesse et passeur décisif magnifique pour Raul, son bilan vient être contre-balancé par sa mauvaise relance de la tête qui coûte le but d’Oliseh.

MA. Nadal 4/10 : Nadal est-il dopé ? Nadal va t-il gagné un jour huit fois la même compétition ? Nadal aura t-il un Suisse ou un Serbe comme meilleur ennemi ? Alberto Celades le remplaça à la 76ème minute.

Alfonso 5.5/10 : le pendant de Raul a beaucoup bougé, beaucoup touché la balle, sans réussite. C’est lui qui obtient le coup-franc que Hierro marquera. Remplacé par le Basque Etxebarria qui n’a pas su apporter véritablement.

Luis Enrique 4/10 : une gueule de con et un match de connard.

Raul 6.5/10 : quasiment buteur dès la 7ème seconde, Raul aura surtout brillé à chaque début de mi-temps. Son but extraordinaire de confiance pour son jeune âge vient le prouver. Placé côté gauche, l’attaquant a eu pas mal d’occasions, mettant au fond la plus compliquée.

Kiko 4/10 : le moins en vue des attaquants espagnols.

NIGERIA

P. Rufai 6/10 : impuissant sur le coup-franc de Hierro, ou plutôt jugeant mal sa trajectoire, le gardien remplaçant de La Corogne (derrière Jacques Songo’o) n’a rien pu faire face à Raul. Par contre, le reste du temps les Espagnols n’ont jamais su trouver la (ru)faille.

C. Babayaro 4.5/10 : face à un Luis Enrique invisible ou presque, Babayaro n’a pas fait de vagues.

Ukechukwu Uche 5.5/10 : solide, il a effacé les petites erreurs de West quitte à faire plusieurs fautes.

T. West 5/10 : fougueux, voire trop fougueux, l’individu aux cheveux extraterrestres a commis plusieurs erreurs que l’on qualifiera de « jeunesse ». Par exemple, c’est lui qui couvre Raul sur son but. Des interventions ratées, des relances loupées mais aussi quelques dégagements bienvenus. Mais laissez moi dire un truc : Taribo West semble cacher quelque chose. Effectivement, il fait bien plus vieux que son âge.

M. Oparaku 5/10 : vaillant comme Michel alors qu’il s’appelle Mobi. Véloce, il n’a jamais rien lâché mais il commet la faute qui amène le but de Hierro et est trop court pour intervenir face à Raul. Remplacé par Yekini à la 68ème minute. Un remplacement important dans la physionomie du match, Yekini apportant un plus offensivement.

M. Adepoju 6/10 : buteur et serpeur. Dans son pays, il ne doit pas travailler dans le pétrole mais plutôt comme druide. Ou marabout.

S. Oliseh 10/10 : on ne retiendra de son match qu’une action : son but. Le plus beau de la compétition, le plus beau de tous les temps, la reprise de volée la plus pure et la plus limpide que la terre ait jamais porté.

JJ. Okocha 5.5/10 : une teinture blonde mais un jour noir pour les Espagnols qui ont du défendre contre lui.

G. Lawal 6.5/10 : l’homme de la seconde période. Mais aussi un peu de la première. Tout d’abord son corner s’avère décisif pour Adepoju puis son énorme travail et sa frappe pousseront Zubizarreta à marquer contre son camp. Godwin Okpara a pris sa place dans le temps additionnel.

Finidi George 5.5/10 : une grosse activité en première période ponctuée de plusieurs actions. Sa deuxième mi-temps fut plus quelconque.

V. Ikpeba 5.5/10 : l’attaquant monégasque qui reste sur une saison à 16 buts sur le Rocher n’a pas eu le bonheur de marquer mais il a énormément pesé sur la défense espagnole. Son jeu en profondeur et sa vitesse ont posé beaucoup de problèmes. Fatigué par ses efforts, il sortit pour Babangida qui a le nom de famille le plus cool du monde.

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