Pays-Bas 2 – 1 Argentine : Et Bergkamp se fit Roa.

Bergkamp-2

Qui pour affronter le Brésil ? C’est la question que tout le monde se posait alors que se présentaient sur le terrain les équipes néerlandaise et argentine.

Les spectateurs du stade Vélodrome s’attendaient très certainement à une rencontre enlevée et d’un très haut niveau,  avec deux formations comportant des joueurs de grand talent, et c’est ce qui allait se produire… Pendant une mi-temps.

Si les Argentins prenaient la rencontre par le bon bout, sans toutefois se créer d’occasion franche, les Oranje allumaient la première mèche, par l’intermédiaire de Jonk, lequel profitait d’une frappe contrée, dans la surface, pour reprendre le ballon, mais le poteau venait contrarier l’ancien interiste.

Le match s’avérait plutôt plaisant, et, au sortir d’une attaque argentine avortée, Ronald De Boer partait au milieu, faisait ce qu’il voulait de la défense  adverse et centrait à destination du deuxième poteau et de Bergkamp. Le Gunner remisait parfaitement pour Kluivert, lequel n’avait plus qu’à finir le travail du pied droit.  Un à zéro pour les Pays-Bas, la rencontre était lancée, et les Oranje pouvaient dérouler.

Mais c’était mal connaître les Argentins. Veron, d’abord initiait une combinaison avec ses attaquants, et il ne lui manquait que quelques centimètres pour pousser le cuir au fond des filets.
Et dans la foulée, ce même Veron lançait parfaitement Claudio Lopez, dans la profondeur. L’alignement de la défense néerlandaise était loin d’être parfait et l’attaquant de Valence feintait Van der Sar avant de pousser la balle dans le but.

Tout était donc relancé et l’Argentine tentait d’appuyer là où ça fait mal, par l’intermédiaire  de Claudio Lopez, encore, lequel se jouait de Stam, avant de s’excentrer sur la gauche et de  centrer. La gonfle passait sous le bras de Van der Sar, et la défense oranje dégageait en catastrophe.

Les Pays-Bas relevaient la tête par l’intermédiaire de Davids. Le milieu de terrain se frayait d’abord un chemin jusque dans la surface et plaçait une frappe qui passait de peu à côté. Davids tentait peu après la frappe à vingt mètres que Roa sortait de manière…peu académique.

Le rythme du match commençait déjà à baisser à la demi-heure de jeu, en dépit de cette frappe de Jonk, servi par De Boer, ou cette tentative d’Ortega, de plus de vingt-huit mètres qui arrivait directement sur le poteau d’un gardien néerlandais peu attentif.

La dernière occasion de cette période venait de Simeone, alerté par Batistuta qui avait bien travaillait dos au but, mais la tentative du joueur de l’Inter passait de peu à côté.
Les deux équipes regagnaient donc les vestiaires sur un score de partité.

Malheureusement, si l’on pouvait parler d’une baisse de rythme en fin de première mi-temps, on peut carrément parler de perte d’efficacité durant la seconde. Les mouvements sont  là mais aucune des deux équipes n’arrive à concrétiser ses actions.

Bon, je suis un peu mauvaise langue. On aura vu une belle frappe de Batistuta heurter le poteau de Van der Sar, et une belle tête de Kluivert sortie par Roa au-dessus de sa transversale.

Finalement, l’expulsion de Numan tombait presque à point nommé pour animer la fin de rencontre. Le latéral néerlandais recevait un second carton jaune pour une faute sur Simeone, au milieu de terrain.

Et alors que l’on imagineait l’Argentine reprendre le contrôle du match, on pensait sans mal que la fatigue avait pu rattraper l’Albiceleste, laquelle avait dû aller jusqu’aux tirs aux buts  face à l’Angleterre au tour précédent.  Les Argentins ne parvenaient pas à profiter de leur supériorité numérique, et semblaient même nerveux.

Et c’est presque logiquement que l’expulsion d’Ortega arrivait, alors que la fin de match approchait. Après un plongeon grossier dans la surface, le milieu argentin assène un coup de tête à Van der Sar, venu à sa rencontre. Expulsion en toute logique donc.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, à peine quelques instants plus tard, De Boer, depuis son camp, adressait un long ballon à destination de Bergkamp. Et là vint l’instant de grâce, de technique, de magie, de ce que vous voulez. Le genre d’instant qui sauve un match passable, vous voyez ? Contrôle en extension, crochet pour mettre Ayala dans le vent, extérieur du pied pour tromper Roa, c’est un but magnifique qu’inscrit Bergkamp, anéantissant par là-même les derniers espoirs argentins d’aller plus loin dans la compétition.

Feuille de match :

Pays-Bas 2-1 Argentine (Kluivert  12ème, Bergkamp 89ème pour les Pays-Bas, C.Lopez 17ème pour l’Argentine.)

Stade Vélodrome, Marseille (55 000 spectateurs)

Pays-Bas : Van der Sar – Reiziger, Stam, De Boer, Numan – Cocu, Jonk, Davids – De Boer, Kluivert – Bergkamp

Argentine : Roa – Sensini, Ayala, Chamot – Almeyda – Zanettin, Veron, Ortega, Simeone – Batistuta, C.Lopez

Les notes

Pays-Bas

Van der Sar (4/10) : Trop d’absences pour espérer la moyenne. Vraiment pas à son aise, le grand lézard.

Reiziger (6/10) : Plus offensif que lors de la dernière rencontre, il aura bien aidé ses attaquants.

Stam (5/10) : Parfois mis en difficulté par Lopez, le manque de vivacité du reste de l’attaque argentine lui aura permis de se ressaisir.

F.De Boer (7/10) : Batistuta ne l’aura inquiété qu’une fois. Le reste, c’était peanuts. Comme ce coup d’œil pour trouver Bergkamp.

Numan (0/10) : L’expulsion  aura gâché un plutôt bon match.

Jonk (5/10) : Utile. Sa faculté à passer des deux pieds est intéressante, et il était pas mal à la récupération. Reste que Veron a eu beaucoup d’espaces pour organiser le jeu.

Davids (7/10) : Brillant. Une nouvelle fois, il aura rayonné sur le milieu de terrain néerlandais. Dès qu’il accélère, c’est toute l’équipe qui avance.

R. De Boer (6/10) : Il aura beaucoup tenté sur la droite, mais n’aura pas été récompensé de ses efforts.

Cocu (5/10) : Bien trop discret pour espérer quoi que ce soit, mon bon monsieur.

Kluivert (6/10) : Beaucoup d’appels, peu de ballons exploitables, un but. Acceptable.

Bergkamp (8/10) : On ne l’aura pas beaucoup vu du match, mais à l’arrivée, ça fait un but et une passe décisive. Oh et ce but… Quel but !

Argentine

Roa (6/10) : Un bon petit paquet de parades, mine de rien.

Sensini (5/10) : A profité de carences dans l’organisation offensive adverse pour ne pas prendre l’eau.

Ayala (3/10) : Ne prononcez plus le mot « Bergkamp » devant lui.

Chamot (5/10) : Même chose que pour Sensini.

Almeyda (4/10) : Davids aura fait très très mal.

Zanetti (4/10) : Bien trop discret pour peser. S’il n’a pas eu des masses de boulot défensif, il n’est pas assez monté. Mais je ne m’en fais pas pour lui. Quand on respire la classe comme ça, on ne peut que rebondir.

Veron (7/10) : Lui, la classe émane carrément de lui. Meilleur joueur argentin, et de loin. Que d’intelligence de jeu et de qualité de passe… Un régal à voir jouer.

Ortega (0/10) : Une frappe sur le poteau et c’est un peu tout. Pas assez de mouvement, et une expulsion. Joli.

Simeone (4/10) : Il provoque l’expulsion de Numan, est à créditer d’une belle frappe mais a joué un peu trop bas pour inquiéter la défense adverse.

D.Lopez (5/10) : Un but, des débordements, mais un manque d’énergie vite arrivé.

Batistuta (3/10) : Clairement en dessous de ses standards habituels.

Cdm 98 Allemagne 0-3 Croatie : ils y croient, si.

Croatie Allemagne

Dernier quart de finale, Allemagne-Croatie a fait honneur à cette Coupe du Monde avec des buts, du spectacle, des tacles et des cartons. Une rencontre spectaculaire qui a débouché sur une surprise : la victoire de la Croatie.

Pourtant en début de match, ce sont bien les Allemands qui dominent. Les Blancs ont la possession de balle, pressent les Croates qui sont terrés dans leur camp mais n’obtiennent des occasions que sur coup de pied arrêté. Mais à plusieurs reprises, corners, ou encore coups-francs directs ou indirects finiront leur course loin du but d’un Ladic pas si inquiété que cela. Il faudra attendre la 21ème minute pour que les premières sueurs froides se fassent ressentir dans la surface croate mais la tête d’Hamann, suite à un coup-franc bien sûr, terminait peu au dessus du but. À ce moment-là, les joueurs de Blazevic ne semblaient rien pouvoir faire face à l’armada allemande. C’était sans compter sur la rébellion croate. Celle-ci se symbolisa par la première frappe des bleus et rouges par l’intermédiaire d’Asanovic à la 32ème minute mais le tir du Napolitain était trop molle et trop lointaine pour véritablement inquiéter Kopke. Six minute plus tard, rebelote. Asanovic, encore lui, voyait son coup-franc de 35 mètres terminait largement au dessus. Quelques instants plus tard, on assistait à un coup de théâtre, au tournant du match. Pour une semelle appuyée sur Davor Suker qui faisait suite à un coup de coude aérien plus tôt, Christian Worns était expulsé par Rune Pedersen. Un coup dur pour les Allemands et pour celui qui a récemment signé un contrat avec le Paris-Saint-Germain. Jusque là dominatrice, la Mannschaft voyait son avance fondre, si bien que la Croatie prenait le contrôle du match et allait même ouvrir le score grâce à une frappe croisée de Jarni en dehors de la surface. L’Allemagne était punie. La Croatie, récompensée.

Lorsque Pedersen siffla la fin de la première période, les Croates gagnaient donc 1-0 grâce à un but à la 45+3. Mais cela ne leur suffisait pas. Dès le retour des vestiaires, la Croatie se remettait au charbon face une Allemagne à 10 et Zvonimir Boban en profitait pour tenter de marquer. La reprise du joueur du Milan AC passait de peu au-dessus. Piqués au vif, les Allemands ripostaient tant bien que mal. Oliver Bierhoff était même tout proche d’égaliser suite à une reprise de volée de l’intérieur du pied mais le gardien Ladic veillait au grain et sortait le grand jeu pour stopper cette frappe à bout portant. Cette occasion allemande fut la dernière du match. Car à partir de ce moment-là, la Croatie n’allait plus lâcher le ballon. Malheureusement ni Suker à la 56ème minute, ni Vlaovic à la 70ème ne trouvaient le chemin des filets. De son côté, la Mannschaft essayait, en vain, d’attaquer par les ailes. En vain, puisque ce sont bien les joueurs des Balkans qui doublèrent la mise à la 80ème minute grâce à Vlaovic. Le deuxième but croate était une copie conforme du premier, une frappe croisée hors de la surface, de l’autre côté cette fois-ci. Le coup de massue pour les Allemands et un nouveau coup de boost pour les Croates. En effet, cinq minutes plus tard, Suker coulait définitivement ses adversaires avec le troisième but de la soirée après un petit numéro personnel. Et 1, et 2 et 3-0 avons-nous envie de dire. Pour sa première participation à une Coupe du Monde, la Croatie créé donc la surprise en se qualifiant pour les demies-finales. Le prochain match sera contre la France, un match piège pour nos tricolores.

FEUILLE DE MATCH
0-3: Jarni (45′), Vlaovic (80′) Suker (85′)
Stade Gerland, Lyon
43.300 spectateurs
Arbitre: Monsieur Rune Pedersen (Danemark)

ALLEMAGNE

A. Kopke 5/10 : tranquille jusqu’à la 40ème minute, il a ensuite du s’employer…pour aller chercher les trois ballons dans ses filets.

C. Worns 0/10 : des fautes bêtes et méchantes qui l’ont conduit à l’expulsion. Si l’Allemagne a perdu, c’est en grande partie de sa faute.

J. Kohler 5.5/10 : si l’Allemagne n’avait pas pris trois buts, il aurait fait un gros match.

L. Matthaus 5.5/10 : une bien triste fin et un bien triste dernier match pour sa carrière internationale.

J. Heinrich 4/10 : si Worns est coupable de s’être fait expulsé, Heinrich, lui, est coupable sur les buts croates.

T. Haessler 5/10 : il n’a pas trouvé le point G, Haessler. Remplacé comme un symbole à la 69ème minute par un Kirsten qui n’a pas fait le poids.

J. Jeremies 6/10 : une activité digne d’un grand joueur. A gauche, à gauche, reculé ou avancé, on a vu le maillot Jeremies aux quatre coins du rectangle vert.

D. Hamann 5.5/10 : une grosse occasion, quelques coups de pieds arrêtés mais rien de transcendant.Remplacé à la 79ème minute par O. Marschall qui a donc assisté en place VIP aux deux buts croates.

M. Tarnat 6/10 : voyant bien que ses frappes lointaines ne fonctionnaient pas, il a tenté de passer sur les côtés. Sans réussite.

J. Klinsmann 5/10 : le capitaine n’a pas été à la fête aujourd’hui. Même s’il a beaucoup décroché, il n’a rien créé et encore moins conclu.

O. Bierhoff 6.5/10 : une vraie petite catin. Accrocheur, truqueur, simulateur, il a surtout failli se muer en buteur. Mais pour cela il aurait fallu des buts plus grands et un gardien moins talentueux. Son jeu de tête a encore et toujours fait des ravages sinon.

CROATIE

D. Ladic 7/10 : un arrêt décisif sur une reprise de Bierhoff qui empêche l’Allemagne d’égaliser.

I. Stimac 7/10 : sans doute l’un des meilleurs croates sur le terrain. D’une solidité extrême.

S. Bilic 6/10 : une coupe de cheveux de FDP, une boucle d’oreille de FDP et un jeu de FDP.

A. Asanovic 6.5/10 : le plus dangereux des Croates lorsque les Allemands dominaient. Plus son équipe prenait le dessus, plus il s’effaçait.

Z. Boban, Z. Soldo et D. Simic 6/10 : on a pas fait attention à eux mais on leur met une bonne note pour la victoire. Solides.

M. Stanic 6/10 : on a vu qu’une chose chez lui ce soir : sa teinture blonde.

R. Jarni 6.5/10 : un but en quart de finale de Coupe du Monde : apothéose de sa carrière.

D. Suker 7/10 : alors qu’il n’est pas titulaire indiscutable au Réal Madrid, Davor Suker est bien le chef de file de son pays. Contre l’Allemagne, il nous a gratifié de roulettes, de crochets, de feintes et surtout d’un but magnifique. Que ce soit à gauche ou à droite, il a fait énormément de mal à ses adversaires.

G. Vlaovic 6.5/10 : balle aux pieds, il a percé la défense allemande à plusieurs reprises. Et il aussi et surtout marqué le deuxième but de son équipe. Remplacé par S. Maric à la 83ème minute.

Cdm 98 France 0-0 Italie (4-3 tab) : C’eravamo tanto amati (Nous nous sommes tant aimés)

1

En 1974, Ettore Scola sortait ce chef d’œuvre du cinéma italien nommé C’eravamo tanto amati. Dans ce classique du cinéma italien, trois amis de jeunesse interprétés par les grandioses Stefania Sandrelli, Nino Manfredi et Vittorio Gassman se retrouvent quelques années après s’être perdus de vue. Ils se découvrent des trajectoires différentes et des attentes par rapport au monde parfois opposées mais reste cette amitié qu’il y avait et qui a survécu.

Sur la pelouse de Saint-Denis cet après-midi, nombre de joueurs se connaissaient au coup d’envoi. Desailly, Costacurta et Maldini se côtoient au Milan AC, Cannavaro, Baggio et Thuram à Parme, Moriero, Pagliuca, Bergomi et Djorkaeff à l’Inter et bien entendu Zidane, Deschamps, Pessotto et Del Piero à la Juve. Mais il était clair dès le début que ce match marquerait le début d’une trajectoire différente pour la moitié d’entre eux : celle qui gagnerait.

Les premières minutes donnaient le ton de la partie. Les Italiens étaient venus pour défendre et bien défendre. Les seuls Vieri, Del Piero et Moriero (à moitié) avaient des libertés offensives ; pour le reste, c’était avant tout du travail défensif. Devant cette forteresse azzurra, les Français ont malgré tout joué 45 premières minutes de très belle facture. Agressifs, vifs, techniquement justes, les joueurs d’Aimé Jacquet ont fourni une première période de très haut niveau à laquelle il n’aura manqué qu’un but. Celui-ci aurait pu venir de Zidane, Petit ou plus certainement de Djorkaeff, qui se retrouva seul à 16m à la 45è minute mais croisa trop sa frappe.

Cette première mi-temps ne donna pas fondamentalement envie à Cesare Maldini de changer quoi que ce soit à sa tactique. Cependant, autour de l’heure de jeu, les entrées de Roberto Baggio et Demetrio Albertini à la place de Del Piero et Dino Baggio changèrent singulièrement la donne. Les Italiens se montrèrent légèrement plus entreprenants mais surtout beaucoup moins perméables. Les Français commençaient à montrer des signes de fatigue alors que Roberto Baggio se montrait dangereux sur chaque ballon touché.

Les entrées des deux jeunes Monégasques Henry et Trezeguet n’allaient pas y changer grand-chose. Cette deuxième mi-temps était très pauvre en occasions et le match se réduisait à une démonstration de forces des défenses face à des attaques constamment en infériorité numérique. Et c’est assez logiquement qu’on se dirigeait vers une nouvelle prolongation pour les Bleus.

Lors de ces 30 minutes additionnelles, la peur de prendre le fameux but en or et la fatigue engendrée par le match contre le Paraguay semblaient paralyser des Bleus très prudents. Les Italiens en profitaient pour prendre le commandement des opérations et la plus belle occasion fut à mettre au crédit de Roberto Baggio, qui d’une volée un peu trop croisée fit passer un frisson aux 80 000 spectateurs du Stade de France.

La séance de tirs aux buts devait décréter le nom du premier demi-finaliste de ce Mondial français. Le premier échec fut signé Lizarazu, auteur d’une frappe de poussin. Heureusement Barthez prit aussitôt le dessus sur Albertini, afin de ne pas laisser les tireurs français dans le doute. Alors que la France menait 4-3 avec des réussites de Zidane, Henry, Trezeguet et Blanc, c’était finalement Di Biagio qui se présentait face à Barthez et trouvait la barre. Comme en 1986, la France se qualifiait pour les ½ après avoir gagné aux pénos.

Le match aurait clairement pu tourner de n’importe quel côté, les deux équipes étant très proches et se connaissant parfaitement. Mais il fallait un vainqueur et ce fut les Bleus, portés par leur bonne étoile. Gageons que cela ne changera rien au respect et à l’amitié entre les joueurs des deux équipes mais il fallait bien que leurs trajectoires soient opposées à l’issue de ce match. Un des personnages du film de Scola disait : « Nous voulions changer le monde, mais le monde nous a changé ». Je ne sais pas si les Français évoluant en Série A ont eu l’ambition de changer le football italien mais pour sûr le football italien les a transformé, peut-être en champions.

LES FRANCAIS:

Barthez (3/5) : Sûr dans les airs, il n’a pas trop été mis à contribution. Heureusement il stoppe le péno d’Albertini après l’échec de Lizarazu.

Thuram (3/5) : Sans adversaire direct sur son côté, il a tenté d’amener un plus offensif sans commettre d’impair défensif.

Desailly (4/5) : Impressionnant physiquement, il a bougé Vieri tout le match. Excellent match défensif.

Blanc (4/5) : A l’image de son compère de défense centrale avec quelques sorties balle au pied en plus.

Lizarazu (1/5) : Match à oublier pour Lizarazu. Meilleur offensivement que défensivement, les Italiens n’attaquaient plus que de son côté en deuxième mi-temps. Et ce péno…

Karembeu (3/5) : Efficace à la récupération, on aurait aimé qu’il amène un plus offensif.

puis Henry (2/5) : Alors qu’il était entré pour faire exploser la défense italienne à coups d’accélération, il a multiplié les mauvais choix.

Deschamps (4/5) : C’était un match pour lui, tout en tactique et en science du placement. Il a gagné la bataille du milieu avec son fidèle bras droit Petit.

Petit (4/5) : On en parle pas beaucoup mais Petit fait une sacrée Coupe du Monde. Excellent au pressing, il est souvent le premier relanceur de l’équipe aussi.

Zidane (3/5) : Il a touché beaucoup de ballons mais le marquage individuel de Pessotto lui a posé pas mal de problèmes. Il monte en puissance cependant.

Djorkaeff (3/5) : Le Snake aurait dû être le héros de ce match. A deux reprises, il s’est retrouvé face à Pagliuca et a manqué la mire. Mais il a été très actif face au monstrueux Cannavaro.

Guivarc’h (2/5) : Pas beaucoup de ballons à grailler, il est vite devenu nerveux à cause des fautes des défenseurs italiens.

puis Trezeguet (3/5) : Guère plus de ballons que Guivarc’h. Il est rentré quand les Français reculaient.

LES ITALIENS:

Pagliuca (3/5) : Comme Barthez, il a fait le taf surtout en début de match sans trop souffrir.

Cannavaro (5/5) : Monstrueux à ce poste d’arrière droit. Impassable avec ce qu’il faut de vice. 24 ans putain.

Bergomi (3/5) : On avait l’impression qu’il jouait en marchant mais le vieux Bergomi a été rarement mis en danger.

Costacurta (4/5) : Un sacré défenseur. Du duel, du tacle, de la relance : tout ce qu’il aime.

Maldini (3/5) : Le beau Paulo a souffert un peu en première mi-temps surtout quand Thuram montait et puis après il s’est repris et a dominé.

Pessotto (4/5) : 90 minutes à courir après Zidane. Du marquage individuel à l’ancienne mais relativement propre, à signaler.

D. Baggio (1/5) : Dino n’a rien fait de bon.  

puis Albertini (3/5) : Entré au milieu, il a coïncidé avec la bonne période italienne.

Di Biagio (3/5) : Sacré guerrier au milieu. Il a comblé pas mal d’espaces.

Moriero (3/5) : Il a marché sur Lizarazu tout le match mais putain quelle salope.

Del Piero (2/5) :  Le Juventini était absent des débats.

puis R. Baggio (4/5) : Entré à l’heure de jeu, Baggio a été le poison de l’équipe italienne. Disponible et alerte, il nous a fait souffrir pendant 60 minutes.

Vieri (3/5) : Pas de bon ballon pour le meilleur buteur de Liga. Il a souffert contre Desailly.

Cdm98 Brésil 3-2 Danemark: Ronaldor et Rivaldor évitent la catastrophe

Brian-Laudrup

Deux équipes qui ont passé quatre buts en huitième, ça laissait envisager du spectacle à la Beaujoire. Et on peut le dire, il y en a eu, notamment avec une première heure de folie. Sans ses deux génies Ronaldo et Rivaldo, le Brésil aurait pu connaître une drôle de désillusion face à un Danemark rempli de sang froid et qui n’a jamais abdiqué.

Au vu des matches accomplis par chacun au tour précédent, difficile d’imaginer des changements dans les compositions d’équipe. On repart avec les mêmes et surtout sur les mêmes bases pour les danois. Deux minutes de jeu à peine et les voilà qui mènent déjà au score, comme face au Nigéria. Le Danemark aime beaucoup les similitudes puisque le but de Jorgensen vient d’un coup franc rapidement joué, chose déjà aperçue contre nos français sur le pénalty concédé par Candela.
La Seleçao ne s’attendait pas à être cueilli à froid et Zagallo est déjà debout. On ne retrouve pas le jeu chatoyant des brésiliens et la technique est même à mettre à l’actif des scandinaves sur ce début de rencontre avec un double une-deux entre Brian Laudrup et Moller qui émerveille le public.

Il faut attendre le premier ballon potable de Ronaldo pour retrouver de la lumière. Le phénomène a le droit à un marquage individuel serré, ce qui laisse des espaces à ses coéquipiers. Et R9 n’est pas qu’un buteur ou un dribbleur, il sent aussi parfaitement le foot, et sur son premier ballon donc, il trouve Bebeto en diagonale dans la profondeur qui n’a plus qu’à ajuster Schmeichel pour égaliser. Onze minutes et un but de chaque côté. C’est bien parti.
Le Brésil retrouve un peu d’allure et prend le match à son compte. On voit de plus en plus les fameuses montées de Cafu et de Roberto Carlos, particulièrement échaudé depuis le début de la rencontre entre un carton jaune, des errements défensifs et du joga bonita en attaque.
Le ballon est donc brésilien mais ça ne donne pas plus d’occasions pour autant. C’est une fois de plus des pieds de Ronaldo que la différence va se faire. Et de ce d’Helveg et Rivaldo également. Le premier va foirer sa relance, redonnant la balle face au jeu à Ronaldo qui peut délivrer un nouveau caviar pour le second qui va bonifier tout ça d’une magnifique frappe piquée par dessus Schmeichel dans un angle pas facile. Sans l’air d’y toucher, le Brésil est repassé devant sur deux actions fulgurantes. C’est aussi ça la force des champions.

Que faire pour le Danemark ? Ne pas baisser les bras et tenter d’aller de l’avant. Avec les frères Laudrup et le déménageur Moller, il y aura forcément des possibilités face à une défense brésilienne parfois distraite. Ca aurait pu être le cas pour Moller s’il n’avait pas raté son contrôle seul dans la surface sur un service du maitre Michael. Patience, patience..
Car d’entrée de seconde période, l’égalisation va être servie sur un plateau par un geste totalement incompréhensible de ce taré de Roberto Carlos. Au lieu d’assurer son dégagement, le latéral madrilène tente un retourné dans sa propre surface. Qu’il rate lamentablement, laissant à Brian Laudrup tout le loisir de fusiller le pauvre Taffarel. Tout est à refaire pour le Brésil, une nouvelle fois surpris en début de mi-temps.

Il faudra un quart d’heure aux sudaméricains pour se remettre dans le sens de la marche. Et encore grâce à un coup de génie. Rivaldo profite du marquage à la culotte sommaire sur son compère Ronaldo pour avancer de 20 mètres avec le ballon pour décrocher une frappe puissante à ras de terre à l’entrée de la surface. Schmeichel n’y peut toujours rien et ne peut que constater les dégâts. L’affaire se complique sérieusement pour les danois qui imaginaient avoir fait le plus dur en revenant au score. Helveg, Laudrup Brian auront bien quelques miettes d’opportunités mais pas assez pour inquiéter les solides Baiano et Aldair qui ont décidé de fermer boutique. La dernière frayeur viendra d’une tête de Rieper sur corner qui échoue sur la barre dans les derniers instants.

Ce vaillant Danemark n’a jamais abdiqué et a joué avec ses armes mais n’a pas pu empêché les brésiliens de se hisser dans le dernier carré du Mondial, une fois n’est pas coutume. Le champion en titre est bel et bien là, qu’on se le dise.

FEUILLE DE MATCH
3-2: Bebeto (11′) Rivaldo (25′; 60′) – Jorgensen (2′) B.Laudrup (47′)
Stade de la Beaujoire, Nantes
49.500 spectateurs
Arbitre: Monsieur Gamal Al Ghandour (Egypte)


BRESIL
.Taffarel (5):
Il est délaissé par sa défense sur les deux buts. Pour le reste, du classique pour lui.

.Cafu (5.5): Des montées de folie, comme d’habitude et pas trop d’emmerdes sur son côté. Reste ce carton jaune débile pour avoir gagner du temps qui le prive de demie-finale.

.Aldair-Junior Baiano (5): Ils ont du s’y mettre à deux pour stopper ce buffle de Moller. Avec plus ou moins de succès.

.Roberto Carlos (1): Dans un bon soir, il est le meilleur latéral gauche du monde. Dans un mauvais, il peut coûter un match. Il aurait pu se faire expulser à la dixième pour un tacle par derrière débile, a tenté deux coups de 40m impossible et puis, ce retourné, aussi incompréhensible que raté, dans sa propre surface qui vaut une égalisation du Danemark. Un bêtisier à lui tout seul ce soir.

.Dunga (5.5): Le précieux capitaine a ratissé du ballon mais a surtout remis les siens dans le sens de la marche avec quelques gueulantes bien senties.

.César Sampaio (6): Le sécateur du milieu a fait son taf avec réussite, n’hésitant jamais à mettre le pied là où il faut. Et si c’est sur un mollet adverse, c’est encore mieux.

.Leonardo (4): Invisible, il n’a rien apporter techniquement. Remplacé par Emerson pour renforcer le milieu de terrain.

.Rivaldo (7): Un premier but tout en finesse, un second un peu plus fort. Et surtout ce toucher de balle élégant qui fait la différence entre les lignes. Un bonheur.

.Bebeto (5.5): On le voit quasi jamais dans le jeu mais il termine encore avec un but, grâce à un super appel…

.Ronaldo (7): … et à un super service d’il phenomeno. R9 a montré aujourd’hui qu’il était un joueur offensif complet. Pas d’occasions à se mettre sous ses grandes dents, mais un rôle de 9 et demi qu’il a effectué à la perfection avec deux passes décisives vraiment décisives. On paie pour ce genre de joueur.

DANEMARK
.Schmeichel (4.5):
On peut difficilement chopper la moyenne quand on prend trois pions, même si sa responsabilité n’est pas directement engagé. Mais il ne fait aucune différence sur les deux faces à faces.

.Colding (5): Un match solide. Un Mondial solide. Le mec que tu emmènes à la guerre en toutes circonstances.

.Rieper – Hogh (3): On avait loué leur solidité au match précédent. Ce soir, ils ont montré leurs limites tactiques. Se focalisant uniquement sur Ronaldo, ils ont laissé des boulevards énormes dans l’axe, profitant ainsi à Bebeto et Rivaldo sur chaque but. Le manque d’expérience du haut niveau.

.Heintze (5): Il a passé un bon moment face au peureux Leonardo. Moins facile face aux déboulés de Cafu.

.Helveg (4.5): Une relance dans l’axe toute moisie qui donne le deuxième but aux brésiliens. Dommage parce que pour le reste, il a plutôt été bon dans son rôle de libéro du milieu.

.Nielsen (5.5): La touche technique du milieu danois. Sorti on ne sait trop pourquoi à la mi-temps, remplacé par Tofting (5.5) qui a fait ce qu’on attendait de lui: du ménage.

.Jorgensen (6.5): Un excellent match pour le minot, dans un rôle de relayeur offensif. Petit gabarit, il compense par une belle technique et quatre poumons. Son but rapide l’a sûrement mis en confiance pour le reste de la rencontre.

.Michael Laudrup (5.5): Sans courir, il a distribué quelques galettes. Mais a bien été chahuté par ces cancres de Dunga et Sampaio.

.Brian Laudrup (6): Toujours pareil. De l’activité, des ailes de pigeon et ce qu’il faut d’opportunisme pour marquer sur une cagade adverse. On ne demande pas plus.

.Moller (5.5): C’est simple, il est là pour faire du mal physiquement à la défense. Ce qui ne lui laisse que peu de temps pour s’exprimer avec ses pieds, preuve en est avec ce contrôle manqué dans la surface, tout seul. Précieux tout de même. Remplacé par son sosie Ebbe Sand.